The Gleaner
Agriculture

25 ans de réalisations pour le Club agroenvironnemental du bassin La Guerre

Cet automne, l’agronome Sylvie Thibaudeau est très fière de sillonner le bassin versant de Rivière la Guerre à Saint-Anicet, car le paysage a beaucoup changé depuis 25 ans.

Car les champs de 35 producteurs agricoles de la région, jadis bruns à chaque automne, sont désormais semés cultures de couverture : des plantes dont le principal objectif est de nourrir le sol et le protéger des ravages de la météo hivernale. Un sol non-couvert est vulnérable à l’érosion et le lessivage des nutriments, qui pourraient ensuite se retrouver dans la rivière la Guerre, qui se jette directement dans le Lac Saint-François. C’est un enjeu de taille qui a fait couler beaucoup d’encre dans la région.

À l’occasion du 25e anniversaire du club agroenvironnemental du bassin la Guerre, c’est le moment de souligner le travail accompli, selon Mme Thibaudeau, qui accompagne les trois dizaines de producteurs qui se sont regroupés pour améliorer leurs pratiques à leurs frais.

« C’est une belle façon de leur rendre hommage et de leur dire bravo pour le chemin parcouru! Le club est une référence au Québec en matière de pratiques agricoles durables », lance l’agronome qui a souvent été invitée à présenter les réalisations du club à travers la province.

Fondé en 1996 par un petit groupe de 5 producteurs qui faisaient déjà des essais au champ avec des pratiques nouvelles, le club visait aussi améliorer la cohabitation entre agriculteurs et riverains, et il a rapidement attiré des nouveaux membres.

L’une des réalisations les plus importantes du club fut son association avec l’Institut de Recherche et de Développement en Agroenvironnement (IRDA) ainsi que le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) à l’été 2001 pour caractériser le bassin versant.

 « L’objectif était de poser un diagnostic précis de l’état des terres et de la qualité de l’eau, et ensuite d’intervenir ’’ sur mesure ‘’ de façon concertée afin d’améliorer la qualité [de la rivière la Guerre]. Ces investissements concertés dans l’aménagement des terres du bassin et l’implantation de pratiques culturales de conservation des sols se sont traduits en résultats bien tangibles sur la qualité de l’eau, notamment en réduisant de près de moitié les exportations de sédiments et de phosphore à l’exutoire du bassin versant expérimental ».

C’est une amélioration sans précédent à l’échelle d’un bassin versant au Québec, qui a valu au club plusieurs reconnaissances, dont un Prix canadien en environnement en 2008, ainsi qu’un prix d’excellence Conscientia en environnement et en développement durable remis par le Conseil régional de l’environnement de la Montérégie.

 

Un bon exemple de cultures de couverture à Fermes Ajiro 1989 située à Godmanchester qui consacre la totalité de ses 390 ha en semi direct PHOTO Sylvie Thibaudeau

 

« C’était contagieux de voir ce qu’on faisait » dit le président fondateur, Sylvain Gascon, tout en soulignant l’effet d’entrainement des pratiques du club sur d’autres fermes du voisinage, « Les techniques de culture ont changé. Beaucoup de gens ont adopté le semi-direct ou il n’y a pas de travail de sol, donc ça réduit beaucoup l’érosion. Ensuite beaucoup ont adopté les cultures de couverture. Et maintenant on développe le semi sur couvert végétal, ou l’on sème, par exemple, le soya directement sur une culture de couverture. C’était de la folie quand on a commencé à en parler, mais c’est implanté depuis 3-4 ans comme façon de faire et ça commence à être répandu ».

Mais au-delà de la reconnaissance, Mme Thibaudeau souligne « La dynamique, le partage d’information, la participation aux activités de groupe et l’entraide des membres au sein du club constituent aussi des aspects qui en font un modèle à reproduire ».

Le club n’a aucune intention baisser les bras, car le travail aux champs n’est pas terminé, et le travail de sensibilisation ne fait que commencer. Le groupe a déjà organisé plusieurs activités, dont des visites aux champs, pour permettre aux résidents de Saint-Anicet de témoigner des progrès. Pour Mme Thibaudeau, « ce travail doit être poursuivi car certaines de ces réalisations et leur rôle bénéfique sur l’environnement (dont leurs bénéfices sur la qualité de l’eau) sont méconnues des riverains. Les efforts que leur mise en application implique sont également peu connus ».

« Les priorités ont été atteintes mais il va toujours y avoir des améliorations, on va évoluer et essayer de faire suivre les pratiques par les nouvelles générations, souligne M. Gascon. Je suis très fier de voir la 2e génération embarquer ».

Photo : Sylvie Thibaudeau

Un bon exemple de cultures de couverture à Fermes Ajiro 1989, située à Godmanchester, qui consacre la totalité de ses 390 ha en semi direct.

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