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À l’aube de la Journée internationale du droit des femmes, peut-on affirmer que les femmes peuvent faire les mêmes choix que les hommes ?

Le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) La Vigie vient en aide, par divers services, aux femmes ayant subi de la violence sexuelle.

La rencontre avec ces femmes et la connaissance de leur situation nous amènent à comprendre que le phénomène de l’inflation et de l’instabilité économique les rend davantage vulnérables et ce, dans plusieurs aspects de leur vie.

Lorsqu’une femme vit de la violence sexuelle (une femme sur trois selon l’Institut nationale de santé publique), et que pour quitter un conjoint violent elle doit débourser plus de 1 200 $ par mois pour un 4½, si elle en trouve un, il se peut qu’elle « choisisse » de demeurer dans cette relation toxique. Sans oublier qu’il est aussi démontré que de nombreuses femmes doivent combattre la discrimination devant certains propriétaires parce qu’elles reçoivent de l’aide sociale, sont immigrantes ou parce qu’elles sont monoparentales.

Autre point, selon l’Institut de la statistique du Québec, les femmes sont à près de 60 % payées au salaire minimum comparativement à 40 % chez les hommes. Aussi, elles travaillent généralement moins d’heures par semaine à cause des responsabilités familiales. Donc le revenu des femmes est encore bien en deçà de celui des hommes. Cela démontre une fois de plus la difficulté qu’ont les femmes à faire des choix qui assureraient leur sécurité et leur bien-être.

Le CALACS constate également qu’un bon nombre de femmes qui viennent nous rencontrer sont touchées de très près par l’insécurité alimentaire. Elles nomment fréquemment que des choix doivent être faits entre mettre de l’essence dans la voiture, acheter des vêtements aux enfants ou se nourrir.

En ce qui concerne les soins de santé, la situation économique actuelle touche également les femmes qui ont besoin de soin de santé mentale. Selon une enquête de GreenShield et de Recherche en santé mentale Canada, 42 % des femmes qui avaient besoin de soins entre 2022 et 2023 mais qui n’y ont pas recouru, ont prétendu l’incapacité financière comme raison, comparativement à 21 % chez les hommes.

Le 8 mars approche. Ce sera le moment de réfléchir, encore en 2024, à l’écart important qui existe entre la réalité des femmes et celle des hommes à travers plusieurs aspect de la vie. Pouvons-nous souhaiter qu’elles puissent dans un avenir certain faire librement de vrais « choix »?
Isabelle Corbeil,
Directrice générale CALACS La Vigie

 

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