The Gleaner
Agriculture

Comment adapter votre étable aux changements climatiques?

Le réchauffement climatique fait partie de notre quotidien et anime bien des discussions. Les périodes de canicule sont de plus en plus fréquentes et longues pendant l’été. Les nuits ne cessent de se réchauffer, ce qui ne donne aucun répit aux personnes ni aux vaches laitières.

 D’après l’Atlas climatique du Canada, élaboré par le Centre climatique des Prairies, la région de Montréal passera d’environ 8 nuits tropicales (une nuit tropicale est une nuit où la température minimale dépasse 20 °C) à un peu plus de 22 nuits tropicales par été d’ici 2050. De plus, ce ne sont pas que les régions du sud de la province qui connaîtront une telle augmentation.

En septembre 2021, l’équipe de la coopérative Uniag a dévoilé un projet consistant à installer 250 sondes d’humidité et de température (dans les zones de stabulation des bovins) ainsi que des sondes de température ruminale (des bolus avec capteurs de température, placés dans le rumen des vaches, capables d’émettre des alertes en cas de fièvre) dans 25 exploitations. Les résultats montrent que les périodes de chaleur prolongées, sans répit nocturne, sont les conditions les plus stressantes pour les vaches laitières.

Le premier palier de stress thermique est atteint dès que le taux d’humidité dépasse 68% (selon plusieurs sources). Nos données démontrent que, pour 58 % des jours de l’été 2021, la moyenne quotidienne était supérieure à ce premier palier. Par ailleurs, pour 98 % de ces jours, il y a eu au moins une lecture à plus de 68.

Lors des journées très chaudes, un lien est clairement démontré entre une augmentation de l’humidex intérieur et une augmentation du nombre d’alertes. On peut extrapoler que près d’une vache sur quatre est en alerte de stress thermique lors de ces journées.

Nous voulions également comparer la capacité à gérer le stress thermique dans un bâtiment bien ventilé par rapport à un autre ayant un grand potentiel d’amélioration.

La grande différence entre les deux entreprises est la température ruminale : Bien que le maximum d’ITH atteint par les deux installations ne soit pas très différent, la vitesse à laquelle le bâtiment bien ventilé permet de faire descendre l’ITH ainsi que le minimum atteint jouent un rôle déterminant. En effet, le système de ventilation plus performant permet d’aller chercher un minimum sous la barre du stress faible pendant près de huit heures, contrairement à l’autre entreprise, qui ne réussit pas à descendre sous cette barre. Cette période se traduisant comme critique permet donc de refroidir les animaux lorsqu’ils produisent le plus de chaleur, en théorie. 

Pendant la journée, les courbes d’humidité augmentent jusqu’à atteindre leur maximum autour de 15 h, tandis que les courbes des températures ruminales diminuent pendant cette même période. Cela est principalement dû au fait que, pendant la journée, les vaches passent beaucoup plus de temps debout, que ce soit pour se faire traire ou pour aller s’alimenter et s’abreuver. Elles réussissent donc à se débarrasser de plus de chaleur que lorsqu’elles sont couchées (pendant la nuit). 

De plus, la digestion et la production laitière qui s’effectuent pendant la nuit génèrent une quantité de chaleur considérable. On estime qu’en fonction de leur production, les vaches peuvent générer entre 4500 et 6000 BTU par heure, ce qui équivaut à un appareil de chauffage capable de chauffer une pièce à lui seul.

D’après nos observations, les systèmes permettant d’atteindre la plus haute vitesse de vent moyenne se révèlent être les meilleurs, notamment les types de ventilation comportant plusieurs ventilateurs paniers ou sur cadre en série qui ventilent tous dans la même direction qui se révèlent être les plus efficaces. L’augmentation de vitesse de vent ne s’est pas traduite directement par une baisse drastique du taux d’humidité intérieur des entreprises possédant un tel système. Toutefois, il était intéressant d’observer l’amélioration de la capacité des vaches à gérer les pics de stress thermique en ayant peu ou pas de hausse de température ruminale.

Pour conclure, mentionnons que le but premier de l’équipe, en pilotant ce projet, était de permettre aux producteurs de récolter des données tangibles et fiables pour l’évaluation de leur système de ventilation, afin de décider si des modifications étaient nécessaires ou non.

Ce projet n’aurait pas été possible sans la participation de plusieurs producteurs, qui ont sauté à pieds joints sur l’occasion de collaborer avec notre équipe. Ni sans l’apport de chacun des représentants d’Uniag, qui ont tous prêté mainforte pour la collecte des données. Un merci tout particulier à l’équipe de recherche et développement de Sollio Agriculture, et notamment à Annie Pomerleau, qui nous a donné un énorme coup de main pour l’analyse des données. 

*Adapté avec permission d’un texte publié sur le site web de la coopérative Uniag.

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