Le Gleaner a posé aux candidats représentant les six principaux partis politiques en lice dans la circonscription de Beauharnois-Salaberry-Soulanges-Huntingdon une série de questions portant sur la sécurité frontalière, l’agriculture, l’économie locale et les enjeux qu’ils jugent les plus pressants à l’heure actuelle.
Claude DeBellefeuille – Le Bloc Québécois
Claude DeBellefeuille, candidate sortante dans la circonscription de Beauharnois-Salaberry-Soulanges-Huntingdon et actuelle porte-parole du Bloc Québécois en matière de Sécurité publique, est préoccupée par la sécurité frontalière. Elle dénonce vivement la réduction des heures d’ouverture des postes frontaliers de Trout River et de Herdman, ayant interpellé deux fois le ministre de la Sécurité publique, David McGuinty, à ce sujet, tout en travaillant avec les élus américains pour améliorer l’accessibilité de ces points d’entrée.
Mme DeBellefeuille a également joué un rôle important dans la création d’un numéro de téléphone unique, en collaboration avec les municipalités locales et la GRC, qui permet aux habitants d’alerter la police fédérale de toute situation préoccupante. Elle se dit fière de ces initiatives et elle a hâte de proposer d’autres idées.
Outre la migration, Mme DeBellefeuille affirme que les politiques de l’actuelle administration américaine ont déjà des répercussions économiques dans la circonscription : « Il est essentiel d’être à l’écoute, d’être proactif et de soutenir nos entrepreneurs en identifiant clairement leurs besoins et en mettant en place des solutions adaptées », dit-elle.
Mme DeBellefeuille siège aux comités de suivi des MRC de Vaudreuil-Soulanges et de Beauharnois-Salaberry. Elle propose de rendre accessibles les programmes de soutien financier aux petites et moyennes entreprises et de mettre en place un programme de subventions salariales pour éviter les pertes d’emplois. Mme DeBellefeuille souligne que le Bloc Québécois prévoit le dépôt prioritaire d’un projet de loi exigeant que le gouvernement fédéral achète localement : « En temps de crise, les gouvernements et les députés doivent donner l’exemple en s’approvisionnant localement », déclare-t-elle.
Mme DeBellefeuille affirme que le Bloc Québécois agira sans tarder pour redéposer un projet de loi visant à protéger l’agriculture soumise à la gestion de l’offre. « Ma circonscription compte plus de 1 000 fermes et plus de 2 000 producteurs agricoles, dont plusieurs producteurs laitiers qui sont régis par la gestion de l’offre, indique-t-elle. Il n’est pas question de céder davantage de parts de marché aux Américains », insiste-t-elle.
Mme DeBellefeuille ajoute que les programmes d’aide financière doivent être adaptés à la réalité des agriculteurs. « Il est important que les fermes familiales demeurent dans nos villages, car elles contribuent grandement à la vitalisation de ces derniers et à l’économie régionale », dit-elle.
Mme DeBellefeuille affirme que la situation économique actuelle est préoccupante dans l’ensemble de la circonscription : « Je sens l’inquiétude des travailleurs qui ont peur de perdre leur emploi, des aînés n’arrivent pas à joindre les deux bouts, des entreprises qui sont inquiètes face à l’incertitude économique et des citoyens qui sont incapables de se loger à un prix décent », dit-elle.
« Je crois que l’expérience est essentielle pour traverser les périodes difficiles et j’ai encore beaucoup à donner aux gens de ma circonscription », ajoute-t-elle, en précisant que le Bloc Québécois veillera à ce que le Québec ne serve pas de monnaie d’échange dans la guerre tarifaire avec les États-Unis. (SR traduit par SV)
Tyler Jones – Le Nouveau Parti démocratique
Tyler Jones, candidat du NPD dans la circonscription de Beauharnois-Salaberry-Soulanges-Huntingdon, affirme que la sécurité frontalière est un « enjeu important » de cette élection. Bien qu’il reconnaisse qu’il croit que les gens doivent venir au Canada « de la bonne manière, en utilisant les voies légales et les systèmes de soutien appropriés », il reconnaît également la nécessité de réorganiser le système d’immigration actuel. Son parti embaucherait davantage d’agents frontaliers et leur donnerait les outils nécessaires pour lutter contre le franchissement non autorisé de la frontière. « Pour atteindre cet objectif, nous allons accélérer la formation de nouveaux agents et construire un nouveau centre de l’ASFC, à Windsor. Cet investissement permettra non seulement d’améliorer la sécurité nationale, mais aussi de créer des emplois dans tout le pays », indique-t-il.
En ce qui concerne l’agriculture, M. Jones s’est engagé à adopter une approche « sans coûts initiaux », déclarant que l’accessibilité financière est une priorité et qu’aucun agriculteur ne devrait avoir à payer des frais de sa poche; les agriculteurs devraient avoir accès à davantage de soutien de la part du gouvernement. « Notre plan prévoit de restructurer les programmes d’assurance et d’introduire des mesures incitatives plus généreuses qui reflètent réellement les risques auxquels les agriculteurs sont confrontés. L’assurance récolte doit être plus robuste et plus fiable qu’elle ne l’est aujourd’hui », précise-t-il.
M. Jones estime que les bas salaires et le coût élevé des logements sont deux des principaux facteurs contribuant à la crise du coût de la vie. Il soutient que le plafonnement des prix des loyers et l’augmentation des salaires sont des moyens d’investir : « L’augmentation des salaires a un effet d’entraînement qui renforce l’économie, profitant à la fois aux travailleurs et aux entreprises », dit-il. En ce qui concerne l’accessibilité aux logements, il ajoute qu’il ne s’agit « pas seulement d’une crise pour les locataires, mais aussi d’une crise pour les entreprises, qui payent des loyers dépassant les salaires et dont les clients sont limités dans leurs dépenses, les salaires n’atteignant pas le niveau du coût de la vie ».
M. Jones veut que tout le monde ait une chance de pouvoir mener une vie meilleure. « Nous travaillerons plus étroitement avec les municipalités, les provinces et les territoires pour construire des logements abordables, non pas pour agir en tant que propriétaires, mais pour garantir l’accès à un logement sûr », déclare-t-il. Une partie de ce plan consiste à établir des partenariats avec les autorités locales et à s’attaquer directement à la crise du logement. M. Jones espère également réduire les prix des produits d’épicerie et remettre plus d’argent dans les poches des gens. (CF traduit par SV)
Priska St-Pierre – Le Parti conservateur du Canada
Priska St-Pierre est la candidate du Parti conservateur pour l’élection fédérale dans la circonscription de Beauharnois-Salaberry-Soulanges-Huntingdon. L’un des enjeux auxquels sont confrontés les Canadiens est celui d’assurer la pérennité des petites entreprises, en particulier dans les régions rurales comme la vallée de la Châteauguay : « Le Parti conservateur, dirigé par Pierre Poilievre, veut réduire les impôts pour les petites entreprises, faciliter l’approbation de permis en réduisant la paperasse administrative, augmenter la productivité et accroître le commerce interprovincial », déclare Mme St-Pierre.
Un autre point important est la sécurité des frontières; des inquiétudes ont été soulevées en ce qui a trait aux passages irréguliers à la frontière, et Mme St-Pierre note que leur nombre s’est accru au cours des dix dernières années. Elle reconnaît que depuis deux siècles, le Canada et les États-Unis travaillent en collaboration le long de la frontière, mais elle estime qu’il faut renforcer la sécurité frontalière « pour empêcher l’immigration illégale et le passage de marchandises illégales à la frontière ».
Les tarifs douaniers internationaux ont été un sujet brûlant au cours de cette élection, et dans la région, leurs effets sur l’agriculture et les agriculteurs sont particulièrement préoccupants. « [Nous] soutenons fermement notre système de gestion de l’offre; nous voulons accroître le commerce international des produits agricoles et augmenter la visibilité de nos produits locaux », affirme Mme St-Pierre.
Mme St-Pierre souligne également que le coût de la vie et le coût des logements sont des questions importantes qui sont évoquées chaque jour, et qui, selon elle, devraient être abordées dans le cadre de cette élection. (CF traduit par SV)
Miguel Perras – Le Parti libéral du Canada
Miguel Perras, candidat du Parti libéral dans la circonscription de Beauharnois-Salaberry-Soulanges-Huntingdon, affirme que l’agriculture est bien plus qu’un secteur économique : « C’est une façon de vivre, un pilier culturel et une force stratégique pour notre pays ». Il considère le spectre des tarifs douaniers et les attaques contre la gestion de l’offre menées par les États-Unis comme des menaces directes à la stabilité des régions rurales et à la sécurité alimentaire du Canada, et se dit fermement opposé à toute tentative de démantèlement de ce système.
Selon M. Perras, il ne suffit pas de défendre la gestion de l’offre pour aider les agriculteurs. « Je me battrai également pour de meilleurs programmes d’assurance récolte, adaptés aux nouvelles réalités climatiques et aux perturbations des marchés mondiaux », déclare-t-il, tout en suggérant qu’il plaidera également en faveur de protections commerciales plus équitables, d’investissements accrus dans l’agriculture durable, et de la valorisation des circuits courts et de l’achat local.
L’équité est une préoccupation pour M. Perras. Il estime que, si les Canadiens dans l’ensemble sont aux prises avec la crise actuelle de l’accessibilité financière, c’est la prochaine génération qui en porte le fardeau. M. Perras souligne qu’il est déterminé à lutter contre l’inégalité intergénérationnelle en construisant davantage de logements, en élargissant l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle ainsi qu’en rétablissant la discipline budgétaire.
M. Perras se préoccupe également de la viabilité des petites et moyennes entreprises, qu’il considère comme étant « le cœur de nos villes rurales ». Il soutient les incitatifs fiscaux ciblés pour les petites entreprises rurales, l’expansion de l’accès à l’internet haute vitesse, la simplification de l’accès aux subventions et aux programmes fédéraux, l’amélioration du développement régional des compétences et la réduction de la bureaucratie pour les propriétaires d’entreprises. « Notre plan vise à réduire les démarches administratives, à soutenir les petites entreprises aux niveaux financier et technologique, ainsi qu’à appliquer des mesures éprouvées par Mark Carney pour créer un environnement économique dynamique dans nos communautés rurales ».
En plus d’être préoccupé par l’incertitude à laquelle sont confrontés les chefs d’entreprise, M. Perras se dit conscient des réalités concrètes des communautés frontalières. Outre la lutte contre le trafic humain et la contrebande d’armes à feu et de drogues illégales à la frontière, il constate que les demandeurs d’asile qui traversent la frontière de manière irrégulière ont également des répercussions sur les résidents. « Trop souvent, ces informations ne se rendent jamais à Ottawa, et c’est désolant, déclare-t-il. Nous avons besoin d’un député libéral enraciné dans les réalités du terrain, quelqu’un qui puisse s’adresser directement au ministre et lui faire valoir nos préoccupations ».
Kristian Solarik – Le Parti vert du Canada
Kristian Solarik est le représentant du Parti vert pour la circonscription de Beauharnois-Salaberry-Soulanges-Huntingdon. Il affirme que son parti continuera à se battre pour les petites entreprises lors de cette élection : « Les grandes entreprises ne paient pas ce qu’elles doivent. Les familles et les petites entreprises canadiennes paient fidèlement leurs impôts, mais les grandes entreprises utilisent des stratagèmes complexes et des échappatoires fiscales pour éviter de payer », dit-il, en insistant sur le fait que cela est particulièrement vrai pour les grandes entreprises de technologie. Son plan consiste à supprimer ces échappatoires et à rendre des comptes.
En ce qui a trait à l’agriculture, M. Solarik déclare : « Nous devons réduire les taxes imposées à nos producteurs. Il est temps que le gouvernement canadien intervienne et soutienne les personnes qui contribuent à mettre des repas sur nos tables ». Il ajoute qu’il est aussi question de créer de nouveaux partenariats commerciaux et qu’il souhaite apporter des changements en ce qui concerne les travailleurs étrangers.
M. Solarik prévoit de renforcer la sécurité et la surveillance des frontières en augmentant le nombre de patrouilles de l’Agence des services frontaliers du Canada et des Forces armées canadiennes afin d’aider les gens à se sentir plus en sécurité. L’objectif est de « protéger les Canadiens, d’empêcher l’entrée d’armes à feu et de drogues illégales en provenance des États-Unis et de dissuader les trafiquants d’êtres humains », explique-t-il. Il ajoute que le parti propose également de suspendre l’Entente sur les tiers pays sûrs avec les États-Unis et de « collaborer d’urgence avec les provinces et les territoires pour mettre en place des infrastructures de contrôle et de traitement des nouveaux arrivants ».
M. Solarik est déterminé à s’attaquer au problème du coût de la vie : « Au cours de cette campagne électorale, on m’a fait remarquer à plusieurs reprises que les gens se retrouvent souvent dans la fâcheuse position de devoir choisir entre payer leur loyer, voire leur hypothèque, ou se nourrir », déclare-t-il. M. Solarik souligne que les services communautaires, tels que les banques alimentaires, sont sous-financés, que les logements abordables sont une ressource limitée et que les prix des loyers ont triplé au cours des dernières années. Il ajoute que les logements abordables sont une cause que le Parti vert défend depuis longtemps et qu’il continuera à défendre. (CF traduit par SV)

