The Gleaner
Opinion

Et si nous arrêtions d’aider ?

Les maladies mentales sont reconnues pour affecter le fonctionnement d’une personne dans toutes les sphères de vie : réseau social, au travail, vie familiale, etc. Toutefois, nous oublions parfois que les proches, que ce soient les amis, la famille, les collègues, sont aussi grandement affectés et vivent en majorité de l’impuissance dans la situation.

Dans une approche bienveillante envers leur proche, plusieurs demandent : « Mais comment puis-je l’aider » ?

Pourquoi « aider » ?

Le premier réflexe est de se référer au dictionnaire soit « Appuyer [quelqu’un] en apportant son aide, assister, seconder, secourir, soulager, soutenir » (Petit Robert, 2022). Cependant, cette définition résonne en nous comme un rôle de sauveur, de devoir synonyme de prise en charge comme si la personne nous semble incapable de prendre soin d’elle-même.

 

 

Il faut comprendre que la personne atteinte d’une maladie mentale n’est habituellement pas inapte, n’a pas de déficience intellectuelle et ne souffre pas d’un handicap. Elle peut donc toujours prendre ses décisions, faire ses choix bien qu’il arrive parfois que ceux-ci nous semblent illogiques ou insensées. C’est souvent là que nous tentons « d’aider » et que nous tentons de prendre le contrôle de sa vie par bienveillance et par un besoin de calmer nos peurs. Et les conflits commencent !

Changer notre vocabulaire  

Redéfinir notre rôle d’aidant à un rôle d’accompagnateur est la clef. Ce n’est pas magique, mais ce changement a souvent un impact majeur sur la relation. Accompagner un être cher fait référence au soutien que nous pouvons lui offrir plutôt qu’une prise en charge. Il s’agit d’un rôle respectueux envers notre proche, et soi-même, ce qui n’enlève en rien les sentiments que nous éprouvons envers lui, et ce, tout en respectant son autonomie.

Cette posture vise à respecter son autonomie; de viser sa responsabilisation. Prendre le rôle d’accompagnateur enlève un poids sur nos épaules. Juste y penser est déjà plus léger!

Ce sont souvent les sentiments de culpabilité et d’impuissance qui nous poussent à vouloir aider à tout prix. Mieux comprendre la maladie et mieux se connaitre est assurément la clef. Allons donc consulter!
Marc André Bédard
Directeur général
Pont du Suroît

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