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Guerre en Ukraine : les résidents de la région sont prêts à aider

Comme tant d’autres dans le monde, les habitants de la région ont été saisis par l’invasion Russe de l’Ukraine et la crise humanitaire qui a suivi, alors que des millions de personnes ont été forcées de fuir leur patrie pour se mettre en sécurité dans les pays voisins et ailleurs en Europe. Beaucoup cherchent un moyen d’aider allant au-delà des simples dons financiers à différentes organisations sur le terrain en Ukraine. Dans la région, des résidents inquiets ont commencé à s’organiser pour l’arrivée de familles déplacées qui cherchent à commencer une nouvelle vie au Canada ou à trouver un refuge temporaire avant de rentrer chez eux pour reconstruire leur pays dévasté.

Les résidents de Godmanchester Stephanie Maynard et Phil Quinn, qui accueilleront bientôt une famille ukrainienne chez eux, ont commencé à chercher des moyens d’aider immédiatement. Mais comme tant d’autres, ils ne savaient pas où aller ni quoi faire. Une collecte de fonds à la ferme Quinn à Île-Perrot a permis d’amasser plus de 6 560 $ en une semaine, alors que les gens affluaient pour faire un don « parce qu’ils ne savaient pas où envoyer de l’argent et préféraient simplement nous confier leurs dons et nous laisser décider », explique madame Maynard, qui a partagé les fonds entre la Croix-Rouge, Médecins sans frontières et le Fonds des forces armées spéciales de la Banque nationale d’Ukraine.

Alors qu’elle commençait à dire aux gens qu’ils allaient accueillir une famille, elle s’était vite rendu compte qu’il y en avait d’autres qui étaient également intéressés à ouvrir leurs portes. Elle a lancé le groupe Facebook Chateauguay Valley pour/for Ukraine, qui s’est rapidement développé pour inclure plus de 130 membres, afin de coordonner les efforts de la communauté pour venir en aide de façon efficace. « Ce n’est qu’en partageant l’information que nous pouvons le faire », dit-elle.

La décision d’accueillir une famille est venue naturellement à Stéphanie Maynard, dont la famille avait l’habitude d’accuillir des étudiants et des travailleurs dans la maison ou elle a grandit. Elle dit qu’au départ, leur décision a été motivée par des sentiments de sympathie pour le peuple ukrainien. « Nous avons entendu quelqu’un à la radio de CBC expliquer ce qui se passait et il y avait une phrase simple qui a vraiment résonné : nous voulons tous faire plus, mais si notre pays s’engage et entre en guerre en tant qu’allié de l’Ukraine, nous risquons des attaques nucléaires contre notre pays et nous restons donc tous sur la touche, impuissants, afin de protéger nos propres familles ».

Madame Maynard fait remarquer que la décision d’accueillir une famille découlait également d’un sentiment de gratitude envers la famille qui a accueilli sa grand-mère quand elle était enfant pendant la Seconde Guerre mondiale. « Quand elle est rentrée chez elle, sa maison avait été bombardée. Je ne serais pas ici aujourd’hui sans cette famille – j’ai l’impression que c’est notre devoir de poser ce geste », dit-elle.

Établir des liens avec les familles de réfugiés

Stéphanie Maynard a d’abord contacté un certain nombre de familles ukrainiennes vivant à Montréal qui avaient remercié les Quinn à la suite de leur collecte de fonds. « Ils ont été formidables en me dirigeant vers des ressources à Montréal et à l’étranger où j’ai pu énumérer ce que nous avions à offrir », explique-t-elle. À partir de là, elle s’est inscrite en tant que famille d’accueil potentielle sur le site Web international ukrainetakeshelter.com et, en quelques jours, elle a commencé à recevoir des messages de familles qui cherchaient à venir au Canada.

Depuis qu’elle a annoncé la décision de sa famille, d’autres résidents ont proposé d’accueillir des familles en fuite, et madame Maynard explique qu’elle s’engage à aider à connecter les familles ukrainiennes avec les hôtes potentiels de la région. Elle dit que certaines des personnes avec lesquelles elle a été en contact tentent toujours d’obtenir un passage sécuritaire de leur ville pour demander des visas tandis que d’autres attendent des visas en Pologne et en Roumanie voisines. Beaucoup ont de jeunes enfants.

Le gouvernement Canadien a établi une « voie de résidence temporaire » pour les Ukrainiens à la recherche d’un refuge sûr au Canada qui leur permettra de rester jusqu’à trois ans en tant que résidents temporaires. Les enfants peuvent s’inscrire et commencer l’école dès leur arrivée et un site « Emplois pour l’Ukraine » pour les employeurs qui cherchent à soutenir les Ukrainiens avec des offres d’emploi a également été lancé. Les familles d’accueil potentielles peuvent diriger les personnes avec lesquelles elles peuvent être en contact vers le portail du gouvernement (canada.ca/fr/services/immigration-citoyennete.html) pour s’assurer que celles qui arrivent sont contrôlées et disposent des documents appropriés.

Madame Maynard dit que les familles ukrainiennes leur ont posé plusieurs questions sur la scolarité et la garde des enfants, l’emploi, les coûts possibles associés aux arrangements avec la famille d’accueil et de la possibilité d’une aide pour couvrir les frais de transport. Beaucoup laissent derrière eux des entreprises et des maisons et auront grandement besoin de soutien. En parlant avec la famille qui arrivera éventuellement à Godmanchester, Stéphanie Maynard dit que la conversation qui l’a le plus frappée a été lorsqu’elle a demandé comment aménager au mieux des chambres pour les parents et leurs enfants. « Leur réponse a été: ce n’est vraiment pas grave, car chez vous personne ne nous tirera dessus ».

Les groupes et organisations se mobilisent pour aider

Les familles locales ne sont pas les seules à vouloir aider à accueillir des familles ukrainiennes dans la région. Plusieurs groupes communautaires s’efforcent également de s’organiser autant que possible en prévision de l’arrivée des réfugiés.

Un comité d’accueil dirigé par la députée fédérale de Châteauguay-Lacolle, Brenda Shanahan et Annik Hall, directrice du Centre d’Action Bénévole, a été formé pour réunir plus de 25 organisations partenaires différentes afin de coordonner les efforts régionaux. Plus généralement, le Congrès ukrainien canadien (CUC) à Montréal accepte des dons et recrute des bénévoles pour aider à tout ce qu’il faut faire : de la prise en charge des familles à l’aéroport à l’aide à la traduction en français et au tutorat en anglais. Les familles d’accueil potentielles peuvent également s’inscrire via le site Web de uccmontreal.ca afin d’offrir un abri ainsi qu’un soutien émotionnel et à l’intégration. À l’échelle locale, la municipalité d’Ormstown coordonne des initiatives de bénévolat en soutien aux familles qui arrivent dans la région.

Stéphanie Maynard suggère également qu’il faudra un certain temps à ceux qui veulent rester en permanence pour s’adapter. Il y a un besoin immédiat de familles d’accueil et de fonds pour aider les nouveaux arrivants à venir, et pour ceux qui voudront restent, il y aura un besoin éventuel d’articles ménagers, d’appareils électroménagers et de meubles.

« Nous devons être prêts à ajuster notre vie pendant un certain temps, même si c’est un inconvénient », dit madame Maynard. Nous avons toujours notre maison, nos enfants vont toujours à l’école avec leurs amis, nous sommes en sécurité. Ce sera notre mantra quotidien pour nous rappeler pourquoi nous faisons cela pour eux », ajoute-t-elle, suggérant qu’elle ne voit que des possibilités favorables pour les familles qui viendront ici.

Pour plus d’informations sur les efforts locaux pour accueillir les familles Ukrainiennes dans la région, rejoignez le groupe ouvert « Chateauguay Valley pour/for Ukraine » sur Facebook.

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