Même si le réalisateur originaire de Saint-Anicet, Julien Hurteau, souhaitait créer une ville fictive située à la frontière américaine, plusieurs scènes de la série Prescott ont été tournées à Huntingdon. « Ceux qui viennent de Huntingdon vont évidemment reconnaître le centre-ville, le château d’eau sur lequel le nom Prescott a été ajouté ainsi que les environs », explique-t-il.
Afin de préserver l’anonymat de cette ville imaginaire, le réalisateur a également intégré des images tournées à Saint-Dominique, en Montérégie, près de Saint-Hyacinthe, à Sorel-Tracy ainsi qu’à Tétreaultville, un quartier de l’Est de Montréal.
Julien Hurteau tenait particulièrement à tourner dans sa région d’origine. « J’ai toujours associé ce coin de pays aux vacances et à l’été. Même si la région est moins connue ou moins populaire que Saint-Sauveur ou Mont-Tremblant, je voulais montrer la beauté de la MRC du Haut-Saint-Laurent. Prescott va probablement durer plusieurs saisons, alors je suis heureux de pouvoir continuer à faire découvrir cet endroit », souligne-t-il.
La série raconte l’histoire de Valérie Trudeau, propriétaire du motel de Prescott, qui découvre un cadavre sur ses terres. « C’est une saga familiale à saveur criminelle qui se déroule près des lignes américaines. Le motel est un point de ralliement pour la prison du village. Plusieurs personnes convoitent le territoire afin d’y faciliter le trafic d’armes », résume le réalisateur.
Pour l’instant, le tournage d’une deuxième saison n’a toujours pas été confirmé. « TVA l’annoncera éventuellement », précise Julien Hurteau.
La question du financement des productions télévisuelles a également été abordée. Le réalisateur se montre transparent sur les défis auxquels l’industrie est confrontée. « Souvent, nous obtenons le feu vert très près de la première journée de tournage, ce qui complique énormément les choses puisque tous les épisodes ne sont pas encore écrits. Ce serait bien que la situation s’améliore, mais nous faisons avec cette réalité. C’est difficile de travailler dans ce contexte, mais je ne cherche pas à faire un métier facile », affirme-t-il.
Selon lui, Prescott a représenté un défi de taille. « Il n’y avait pas beaucoup de jours de tournage; je ne dirai pas combien, mais c’est vraiment moins que la moyenne. Je pense que les producteurs et les diffuseurs s’attendaient à une série à grand déploiement et ils aimaient l’histoire. Nous ne voulions pas nous excuser en disant que nous manquions de moyens. J’ai donc adopté une approche documentaire qui nous permettait de tourner plus rapidement. On pouvait faire des erreurs et ça fonctionnait dans l’histoire », raconte-t-il.

Certains critiques ont reproché à Prescott son atmosphère particulièrement lourde, voire lugubre. Julien Hurteau accueille toutefois ces commentaires positivement. « Je prends ça comme un compliment, parce qu’il y a énormément de travail derrière cette ambiance et ce n’est pas facile à réaliser. Souvent, ces commentaires proviennent de gens qui n’ont regardé que les deux premiers épisodes. En arrivant au dixième épisode, on comprend davantage la direction que j’ai voulu prendre : montrer le côté humain des personnages, les moments lumineux et même l’humour de la série, tout en faisant ressentir le danger omniprésent », note-t-il.
Le réalisateur reconnaît volontiers que sa signature visuelle est nerveuse, brute et extrêmement réaliste. « Il faut y aller à fond. Ceux qui aiment, aiment vraiment, et ceux qui détestent, détestent », lance-t-il.
Bien qu’il ait étudié au Conservatoire d’art dramatique, Julien Hurteau se considère aujourd’hui davantage comme réalisateur que comme comédien. « Depuis environ cinq ans, je me sens plus réalisateur qu’acteur. J’ai l’impression de pouvoir apporter davantage au monde de cette façon », confie-t-il.
Les possibilités demeurent nombreuses pour le jeune créateur, qui compte déjà plusieurs réalisations à son actif. Il apprécie particulièrement sa collaboration avec TVA, qu’il estime très respectueuse de sa liberté artistique. D’ailleurs, le diffuseur lui a récemment confié la réalisation de Même pas morte, une adaptation du roman de Geneviève Rioux publié en 2024.
Toujours offerte sur la plateforme Illico+, la série Prescott pourrait également être diffusée sur les ondes de TVA dès janvier prochain, bien qu’aucune confirmation officielle n’ait encore été annoncée.

