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Huntingdon en tête de liste pour les déversements d’eaux usées

La Fondation Rivières a décerné à la Ville de Huntingdon, pour la deuxième année consécutive, une note d’échec pour son nombre de déversements d’eaux usées non traitées.

À la fin du mois de novembre, l’organisme a publié son palmarès annuel des eaux usées, qui place Huntingdon au premier rang des municipalités du Québec en termes de rejets d’eaux usées non traitées dans les rivières et les cours d’eau. L’an dernier, la Ville occupait le deuxième rang. Saint-Chrysostome, Hemmingford et Ormstown figurent également parmi les 100 premières municipalités du palmarès, de même que la ville de Salaberry-de-Valleyfield.

La Fondation Rivières compare les municipalités en termes de leur gestion des eaux usées, de leur nombre total de déversements et de la durée de ceux-ci, et ce, en utilisant les données du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP). La Fondation calcule ensuite l’intensité par habitant, qui tient compte de la durée des déversements, telle que comptabilisée par les enregistreurs électroniques de débordement (EED), et de la taille des structures de débordement municipales.

En 2023, il y a eu 44 765 débordements dans les lacs et rivières de la province, ce qui représente une diminution de près de 8 400 déversements par rapport à l’année précédente. La Fondation précise que, bien qu’il s’agisse d’une bonne nouvelle, l’intensité de ces déversements a augmenté de 25 % depuis 2022. Parmi les régions du Québec, la Montérégie se classe encore une fois au premier rang pour les déversements.

En 2023, un total de 81 déversements d’eaux usées a été enregistré à Huntingdon, à partir de neuf structures de débordement, contre 48 déversements en 2022. La Fondation indique que l’intensité de ces déversements par habitant a également augmenté en 2023 pour atteindre 190,6. Toutefois, la Ville précise que cette donnée est basée sur une surestimation importante de la durée des déversements.

Martin Forget, superviseur du traitement des eaux pour la Ville de Huntingdon, indique que la Ville n’a pas été en mesure d’enregistrer avec précision la durée des déversements d’eaux usées en 2023.

La municipalité possède neuf EED, dont deux qui mesurent la hauteur de la rivière Châteauguay, mais ceux-ci devaient être calibrés en 2023 et, par conséquent, le MELCCFP n’avait aucune donnée.

En l’absence d’informations précises, la Fondation Rivières attribue une durée de 24 heures à chaque déversement enregistré pour calculer l’intensité. L’organisation reconnaît que cela peut conduire à une surestimation, mais précise que cette pratique « vise à éviter que certaines municipalités aux pratiques non conformes soient favorisées à tort; s’il en était autrement ces municipalités fautives auraient enregistré des intensités de déversement égales à zéro ».

M. Forget indique que les EED de Huntingdon ont fonctionné pendant une bonne partie de l’année 2024. Cependant, la Ville a dû faire face à de longs délais pour s’inscrire à l’application interactive en ligne (SOMAEU) qui est utilisée pour transmettre les données relatives à la gestion des eaux usées municipales au MELCCFP. Par conséquent, ce n’est qu’en juillet que la Ville a commencé à transmettre des informations sur la durée des déversements au ministère de l’environnement.

« L’année prochaine, nous allons certainement mieux nous en sortir », dit M. Forget, en faisant référence au classement de Huntingdon par la Fondation Rivières pour 2024. « De janvier à juin, soit pendant la moitié de l’année, tous les rejets seront comptabilisés pour une durée de 24 heures. Mais à partir de juillet, les débordements que nous avons eus seront comptabilisés en temps réel ».

Plusieurs autres municipalités de la région figurent parmi les 100 premières pour les déversements d’eaux usées. Saint-Chrysostome est passée de la 60e à la 27e place, ayant enregistré 105 déversements d’eaux usées et une intensité de 23,1 par habitant. Hemmingford a également grimpé de plusieurs positions sur la liste, passant de la 101e à la 73e position en enregistrant 72 déversements d’eaux usées et une intensité de 10,2 par habitant.

Ormstown a amélioré son classement, passant de la 49e à la 80e position, son nombre de déversements s’élevant à 180 et son intensité à 10,2 par habitant. La municipalité avait enregistré 203 déversements l’année précédente.

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