The Gleaner
Art de vivreArt de vivre

« Jouer avec l’expression » et s’épanouir sur la scène de la téléréalité

« Raconter une histoire grâce à l’art du drag et raconter une histoire sans avoir recours à cet art sont deux choses très différentes », affirme Callan Forrester, qui fait partie des artistes présentés lors de la quatrième saison de Drag Heals, une série hybride primée alliant ateliers de théâtre et documentaires.

Oeuvrant à Toronto dans le milieu de la comédie musicale, et ce, autant sur la scène qu’à la production, Callan, qui porte le pronom iel, était déjà très à l’aise sous le feu des projecteurs, mais l’art du drag était relativement nouveau dans son répertoire. Après avoir passé un peu plus d’un an à interpréter Ana Spiral, une reine de l’anxiété avouée, elle était enthousiaste à l’idée de rejoindre la distribution de cette série acclamée.

« Au fil des quatre saisons de la série télévisée, ils ont invité des gens qui font du drag depuis des décennies, et d’autres qui n’en ont jamais fait de leur vie, raconte Callan, qui a participé aux auditions de l’émission pour la première fois en mai 2023. J’ai soumis une audition auto filmée alors que la veille, on avait rompu avec moi, on avait cambriolé ma voiture et on m’avait volé mon identité. C’était l’une des pires semaines de ma vie ». L’artiste admet que lorsque le responsable de la distribution artistique a appelé, quelques mois plus tard, cela a été une énorme surprise.

L’émission suit chaque artiste dans une série d’ateliers intensifs visant à leur faire créer un spectacle solo à partir d’histoires très personnelles et de moments de transformation.

Ce faisant, les artistes de drag travaillent et interagissent avec l’animatrice, Tracey Erin Smith, ainsi qu’avec plusieurs mentors invités, notamment des danseurs-chorégraphes, d’autres artistes de drag, des costumiers et des écrivains. Il n’y a pas d’éliminations : « L’objectif est de célébrer l’art queer et d’offrir une plateforme aux artistes queers », explique Callan.

La quatrième saison se termine par une performance au Paradise Theatre, à Toronto, lors de laquelle les artistes ont présenté leurs spectacles individuels à un public.

Pour sa performance, Callan se sert du personnage de Jo March, la rêveuse au franc-parler audacieux du roman classique Les quatre filles du docteur March (Little Women), de Louisa May Alcott, comme une lentille à travers laquelle elle raconte sa propre histoire. « Je me concentre sur beaucoup de choses différentes, mais je parle aussi beaucoup du deuil et de comment ce dernier peut changer notre perspective ».

Dans un communiqué de presse publié par le producteur de la série, Border2Border Entertainment, le réalisateur, Charlie David, fait référence aux artistes de drag en disant qu’ils sont « courageux dans leur honnêteté et dans leur vulnérabilité », ce qui rend chaque épisode captivant. Il suggère que les téléspectateurs peuvent s’attendre à « une résilience inspirante et une célébration de la découverte de soi complètement différentes de ce qui a été diffusé auparavant ».

 

Callan Forrester artiste drag et journaliste pour le Gleaner interprète Ana Spiral lors de lenregistrement dun épisode de la série documentaire Drag Heals PHOTO Gracieuseté de Lauren Beatty

 

Callan mentionne que plusieurs aspects de la série la rendent unique. « C’est devenu un milieu vraiment agréable où l’on retrouve des drag queens, des drag kings, des “drag things”, des monarques, des clowns, et toutes sortes de créatures drag, s’exclame Callan. Je crois que, souvent, lorsque les gens pensent à l’art du drag, ils ne pensent qu’aux drag queens ou encore aux hommes qui s’habillent comme des femmes; j’ai été élevée comme une fille, mais je fais tout de même du drag hyper-femme (hyper drag). Cela fait parfois sourciller les gens, admet l’artiste. Pour moi, c’est le milieu idéal pour jouer avec le genre et son expression ».

Cette téléréalité est également l’une des rares à offrir aux participants un droit d’approbation finale dans la salle de montage. Callan explique que certaines émissions de ce genre opèrent dans une zone grise aux niveaux moral ou éthique; les artistes n’ont pas leur mot à dire sur la façon dont ils sont représentés : « C’était un environnement où nous pouvions prendre des risques et être honnêtes, ouverts et vulnérables de bien des façons; nous savions qu’au bout du compte, nous avions la liberté de dire ce qui allait et ce qui n’allait pas ».

La série a été nominée pour deux Prix Écrans canadiens, notamment dans la catégorie Meilleure émission ou série de style de vie. Callan souligne que sa participation a été encouragée par sa famille et ses amis, mais aussi par de parfaits inconnus qui lui ont offert leur soutien.

En tant qu’artiste de drag en plein essor, Callan espère se faire connaître sur la scène de l’art du drag de cabaret et prévoit transformer sa performance solo de quinze minutes, créée dans le cadre de la série Drag Heals, en une routine d’une heure.

En ce qui concerne le potentiel d’un documentaire comme Drag Heals, qui pourrait aider à dissiper certains des préjugés souvent exprimés à l’encontre des artistes drag, Callan affirme que l’émission s’adresse à tous. Que vous fassiez partie de la communauté queer, que vous soyez un allié investi ou que vous soyez simplement curieux, « l’art de le drag peut être pour vous ».

La série est actuellement diffusée partout dans le monde et peut être visionnée sur les plateformes Apple TV et Amazon Prime.

Latest stories

La folie musicale s’empare de Havelock

D’un foyer à l’autre le 24 juillet 2024

The Gleaner

La caricature d’Eric Serre 24 juillet 2024

The Gleaner

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et la gestion de vos données par ce site.

RSS
Follow by Email
Facebook
Twitter
YouTube
LinkedIn
Instagram
WhatsApp