Les violences sexuelles continuent de marquer notre société en 2024, et trop de femmes en souffrent. Malgré les avancées en matière de droits humains et de justice sociale, la route semble encore bien longue avant que les femmes se sentent pleinement en sécurité dans les rues, dans les espaces publics, ou même dans leur propre domicile.
Les statistiques, nous les connaissons toutes : selon les données du gouvernement du Québec (Orientations gouvernementales en matière d’agression sexuelle), une femme sur trois a subi des violences sexuelles au cours de sa vie, souvent commises par des personnes qu’elle connaît. Ce que je trouve encore plus alarmant, c’est l’impression que même celles qui affirment ne jamais avoir été victimes et se considèrent comme « chanceuses » finissent par réaliser qu’elles font aussi partie de cette statistique après avoir compris toutes les formes de violence sexuelle existantes.
Cette problématique systémique, enracinée dans des structures sociales et culturelles qui perpétuent les inégalités de pouvoir entre les sexes, continue de faire des ravages dans notre société et surtout dans la vie des femmes et des filles. Les stéréotypes, les mythes et les préjugés entourant les violences sexuelles sont tellement enracinés qu’ils deviennent normaux, banalisés, tolérés. Non seulement on banalise cette violence, mais on tient les femmes responsables lorsqu’elles se font agresser : « Tu aurais dû surveiller ton verre, ne pas t’habiller comme cela, ne pas marcher seule… ». Ainsi, cette double victimisation devient un frein pour de nombreuses victimes à chercher de l’aide ou à dénoncer.
Selon moi, une partie de la solution se trouve dans les actions collectives et dans la lutte. Nous devons continuer de pousser pour obtenir des politiques et des lois spécifiques aux violences sexuelles, et nous battre pour maintenir celles qui sont déjà existantes. Nous devons continuer de financer la prévention et la sensibilisation chez les jeunes, mais aussi éduquer la population générale au sujet des violences sexuelles. Nous devons continuer de soutenir et accompagner les victimes et revendiquer des services plus soutenus. Nous devons surtout continuer de croire les victimes et de croire au changement, car nous méritons toustes de vivre sans peur. Coude à coude, sans relâche, le slogan 2024 de la journée d’action contre la violence sexuelle faite aux femmes fait tout son sens!
Anne-marie Thibault,
CALACS la Vigie

