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Kaitlyn Courchesne et l’écologie faunique au Yukon

Au fil des années, le Haut-Saint-Laurent a produit un nombre important de personnes incroyables qui font des choses incroyables à travers le monde. Kaitlyn Courchesne est une jeune femme inspirante âgée de 22 ans qui représente actuellement le Haut-Saint-Laurent en plus de mener des recherches sur la faune au Yukon. Elle est une jeune diplômée du programme de Biologie de l’environnement avec spécialisation en Biologie de la faune de l’Université McGill. À l’occasion du Mois de l’histoire des femmes, il est important de reconnaître les contributions des femmes de notre communauté au niveau local ainsi qu’à l’échelle mondiale.

Courchesne vit présentement au Yukon dans la région du lac Kluane, qui est située à environ deux heures trente minutes de la capitale du territoire, Whitehorse. Courchesne et son équipe effectuent des « recherches pour des projets s’intéressant aux lynx du Canada, aux lièvres d’Amérique ainsi qu’aux écureuils roux d’Amérique du Nord. Il s’agit d’études à long terme dont les données sont principalement utilisées par des étudiants diplômés […] pour observer certains aspects tels que les tendances comportementales et les habitudes alimentaires de chaque espèce. »

Pour ce qui est de ce qu’elle fait concrètement, la recherche comporte de nombreuses tâches pratiques. En ce qui concerne les lynx et les lièvres, l’accent est mis sur le piégeage à capture vivante des animaux qui sont par la suite munis d’un collier spécial. Grâce à ces derniers, Courchesne et son équipe peuvent suivre les déplacements des animaux au moyen de coordonnées GPS et observer leur comportement avec des enregistreurs audio. Pour ce qui est des écureuils roux, l’objectif est aussi de procéder par piégeage à capture vivante, cependant l’équipe s’intéresse plutôt à l’acquisition de connaissances concernant « la qualité du territoire, la génétique, la variation des ressources alimentaires d’une année à l’autre, la territorialité, le comportement maternel, le taux de croissance de la progéniture ainsi que la personnalité, pour n’en nommer que quelques-uns ! »

 

Originaire du Haut-Saint-Laurent et biologiste de la faune, Kaitlyn Courchesne travaille présentement au Yukon. PHOTO par Kaitlyn Courchesne

 

 

Pour ajouter à cela, une autre partie intéressante du travail est ce que Courchesne appelle les « relations prédateur-proie ». C’est une façon de comprendre la proportion de proies et de prédateurs dans la région. Elle explique comment ils procèdent : « Nous parcourons une zone triangulaire dans la forêt et comptons les traces d’animaux tout au long du passage afin de déterminer combien de proies se trouvent dans la région par rapport au nombre de prédateurs. Cela implique de faire de la raquette dans de grandes quantités de neige et de voir de magnifiques paysages, comment pourrais-je m’en plaindre ! »

Courchesne a été informée de cette possibilité alors qu’elle terminait ses recherches à l’Université McGill. Elle précise qu’avoir un réseau de contacts est essentiel pour pouvoir faire de la recherche en laboratoire et que c’est grâce à ses contacts qu’elle a découvert ce projet : « De nombreux étudiants diplômés avec qui j’ai fait mes recherches en laboratoire avaient des projets basés sur ces lynx, lièvres et écureuils, et il en va de même pour d’autres membres du personnel ayant été impliqués dans le projet au fil des ans. » À l’époque, elle ne savait pas jusqu’où ses contacts la mèneraient : « Mes recherches se basaient sur des données du “ camp d’écureuils ”, comme il est communément appelé, et je me suis ainsi familiarisée avec le projet pendant deux trimestres sans savoir qu’à peine un an plus tard, je serais sur place. »

Heureusement, malgré la pandémie, Courchesne et son équipe ont pu obtenir la permission d’entrer sur le territoire et ils ont respecté une période de quarantaine de deux semaines dès leur arrivée. Elle explique que des directives strictes doivent être suivies en tout temps, mais aussi qu’il est probable que s’il n’y avait pas eu de pandémie, elle n’aurait peut-être pas eu l’occasion de prendre part au projet : « Nous devons toujours suivre toutes les directives liées à la COVID qui sont devenues courantes au Canada, mais je suis très choyée d’avoir pu voyager à travers le pays pour ce travail, […]. Si la pandémie n’avait pas entravé mes perspectives d’emploi en écologie plus près de chez moi, je n’aurais peut-être jamais pu venir ici. »

Jusqu’à présent, l’expérience a été remplie de moments qui ont changé la vie de Courchesne. Elle note que le simple fait de vivre dans les montagnes a été incroyable, tout comme le privilège d’avoir vu les aurores boréales en personne. Elle souligne également que la communauté a été formidable : « Ici, les gens sont très accueillants. Avoir la chance d’apprendre à connaître leur mode de vie, aussi différent soit-il du nôtre à l’occasion, a été très significatif. » Parmi toutes ces expériences, il existe tout de même un élément que Courchesne préfère : « Si je devais n’en choisir qu’un seul, ce serait le fait d’être en contact direct avec les lynx. Ils font partie d’une espèce magnifique et très impressionnante et avoir la possibilité de travailler avec eux est assez surréel. »

Il est important de reconnaître qu’historiquement, les domaines scientifiques étaient une industrie grandement dominée par les hommes. Courchesne souligne qu’elle est « extrêmement fière d’être une femme ayant une carrière scientifique et je suis excitée de voir que le domaine scientifique se transforme en un milieu plus inclusif, pas seulement pour les femmes, mais pour tout le monde. » Elle reconnaît également, en cette période de l’année où l’on célèbre les femmes, que plusieurs d’entre elles ont dû se battre afin de frayer le chemin à d’autres : « Je pense que je suis chanceuse de pouvoir me former et établir ma carrière à une époque où il est beaucoup plus courant et accepté que les femmes travaillent dans le domaine des sciences et dans le monde universitaire. […] Je n’ai pas vécu les pressions que les femmes qui m’ont précédée ont sans doute dû endurer. »

À tous ceux qui sont intéressés à poursuivre dans une voie similaire, Courchesne dit ce qui suit : « Le chemin des sciences est indéniablement difficile, mais si vous arrivez à persévérer dans vos cours et à surmonter votre horaire chargé, vous vous surprendrez à faire quelque chose que vous aimez et cela en vaudra la peine ! » Elle souligne à quel point il est important de « ne jamais penser que vous ne pouvez pas poursuivre un certain type de carrière parce que vous êtes une femme. Si vous avez un objectif en tête, ne laissez rien vous empêcher de l’atteindre ».

 

 

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