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Communauté

La bisexualité, c’est une communauté

De toutes les lettres du sigle 2SLGBTQIA, l’une des plus mal comprises est la lettre B, qui fait référence à la bisexualité. En effet, les personnes bisexuelles font souvent l’objet d’un grand scepticisme et d’un certain manque de compréhension.

Rachel Patenaude est une personne bisexuelle qui a grandi à Hemmingford. Elle explique la bisexualité par le fait « d’éprouver une attirance pour des personnes de même genre, de genre similaire et de genre différent du sien, et cela peut inclure divers genres. La bisexualité n’est pas un nombre de genres, c’est un nombre de types d’attirance qui se définit par une attirance à la fois pour le même genre et pour un genre différent. J’aime bien cette phrase qui dit que « l’amour comporte de nombreux genres « ».

Il existe une idée préconçue selon laquelle les personnes bisexuelles ne sont attirées que par les hommes et les femmes cisgenres, ce qui exclut les personnes transgenres et les personnes non binaires. Cependant, les personnes bisexuelles ont toujours défini de manière plus large les personnes vers lesquelles elles sont attirées. Mme Patenaude ajoute que, lorsqu’on prend en considération l’identité de chaque personne bisexuelle et l’identité des personnes qu’elle fréquente, « il n’y a pas deux expériences bisexuelles identiques. Il n’y a pas de guide clair sur la façon de fréquenter une personne dont les relations antérieures diffèrent des vôtres. On ne vient pas toujours des mêmes milieux sociaux ».

Le terme « bisexuel » a longtemps été utilisé différemment de la façon dont on l’utilise aujourd’hui. Mme Patenaude explique que ce terme était généralement utilisé pour désigner ce que l’on appelle aujourd’hui l’intersexualité. Les personnes bisexuelles étaient également souvent classées dans la catégorie des gays ou des lesbiennes. À certains moments de l’histoire, par exemple lors du mouvement féministe radical ou encore lors de la pandémie de sida, les personnes bisexuelles ont été stigmatisées parce qu’elles n’avaient pas « choisi leur camp » et ont souvent été ostracisées par leur propre communauté.

Il y a beaucoup d’autres idées préconçues qui entourent la bisexualité; selon ces idées, les personnes bisexuelles seraient cupides, infidèles ou traverseraient une phase passagère. Certains croient également que les personnes bisexuelles ne sont pas impliquées dans l’action politique de la communauté queer. Mme Patenaude réfute cette idée en partageant qu’elle a elle-même été organisatrice et participante à de nombreuses activités politiques pour la communauté queer et plus encore. Plus récemment, elle a été l’une des organisatrices de la Marche Dyke 2024 de Montréal, et précise que la moitié de l’équipe était composée de personnes bisexuelles. « Nous sommes tout autant une partie vitale du cœur battant de la communauté queer », dit-elle.

 

Rachel Patenaude et sa mère lors de la Marche Dyke 2024 quelle a contribué à organiser PHOTO Courtoisie de Rachel Patenaude

 

La bisexualité crée également une relation unique avec l’identité de genre. Bien que l’identité de genre et l’orientation sexuelle soient deux concepts différents, elles peuvent souvent être très liées : « Le fait d’être une personne queer, même étant cisgenre, est intrinsèquement non conforme au genre », affirme-t-elle, expliquant que la société s’attend à ce que les femmes soient cisgenres, hétérosexuelles et qu’elles fréquentent des hommes cisgenres et hétérosexuels, l’inverse étant tout aussi vrai. Le fait d’être queer remet ces attentes en question. Mme Patenaude définit sa propre relation avec le genre comme « genderqueer » ou « femme et autre ».

L’une des parties les plus enrichissantes du parcours queer de Mme Patenaude a été la découverte de l’histoire queer, et plus particulièrement de l’histoire de la bisexualité. Elle souligne que « la Mère de la Fierté, Brenda Howard, est une femme bisexuelle. C’est elle qui a organisé la première marche pour commémorer les émeutes de Christopher Street, ou émeutes de Stonewall. C’est grâce à elle que nous avons des défilés de la fierté ». Mme Patenaude encourage les personnes qui en sont à leurs premiers questionnements sur leur sexualité ou qui découvrent leur bisexualité à se familiariser avec l’histoire de la communauté queer. Pour sa part, cela l’a aidée à se sentir liée à une communauté qui a traversé les générations, un sentiment qui peut vous manquer si vous venez d’une famille ou d’un groupe d’amis où vous êtes la seule personne queer. « Je suis fière de m’inscrire dans l’héritage que nous ont légué tant de personnes incroyables », déclare-t-elle. Les écrits des activistes bisexuelles Brenda Howard, Lani Ka’ahumanu, Robyn Ochs et Loraine Hutchins sont pour elle un excellent point de départ.

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