Dans le contexte économique actuel de la province, la crise du logement ne cesse de s’aggraver. Récemment, le gouvernement du Québec a annoncé l’introduction du projet de loi 31. Selon un communiqué de l’Assemblée nationale, « le projet de loi modifie la loi afin de permettre à la Société d’habitation du Québec d’offrir des services à titre onéreux, et dans une perspective d’autofinancement, aux intervenants du secteur de l’habitation ».
Ce projet de loi rend plus difficile le transfert des baux à de nouveaux locataires, ce qui signifie que si un locataire résilie son bail, les propriétaires peuvent augmenter le loyer sans avoir à respecter les règles relatives à l’augmentation des loyers. Ce projet de loi permet également aux propriétaires d’immeubles construits il y a moins de cinq ans d’augmenter les loyers sans limite. Enfin, il ne prévoit rien qui interdise l’expulsion de locataires de leur logement en vue d’offrir des locations à court terme comme pour un Airbnb.
Cette loi a suscité des réactions négatives, notamment en ce qui concerne son impact sur les locataires et le coût du logement. La Fédération québécoise des organismes communautaires Famille (FQOCF) a récemment publié un communiqué de presse expliquant comment cette loi affecte les familles québécoises à la recherche d’un logement. Elle a également demandé au gouvernement d’envisager quatre modifications au projet de loi qui tiennent compte des locataires et des familles.
D’abord, la FQOCF demande d’encourager l’investissement privé dans le secteur du logement locatif en offrant des incitatifs financiers et fiscaux pour contribuer à créer un meilleur marché pour les locataires, tout en offrant des avantages, tels que des crédits d’impôt, aux propriétaires qui offrent des logements plus abordables. Ensuite, elle demande davantage de mesures transitoires pour les familles en situation de vulnérabilité afin de les aider à faire face à la montée en flèche des dépenses relatives au logement et au coût de la vie observée au cours des derniers mois. Elle demande également un réinvestissement massif dans les programmes de logement social et communautaire. Enfin, elle demande au gouvernement de mieux soutenir les organismes communautaires dont l’objectif est d’offrir un soutien au quotidien aux familles en difficulté financière.
Rémi Pelletier, directeur de la CDC du Haut-Saint-Laurent, affirme que la crise affecte directement la population du Haut-Saint-Laurent : « Des familles viennent régulièrement nous voir à la recherche d’un logement; il s’agit d’un problème majeur », dit-il. De nombreux facteurs contribuent à une telle augmentation des coûts, notamment les matériaux de construction qui sont beaucoup plus chers à l’heure actuelle, les coûts d’embauche des entrepreneurs, qui ont également été touchés par l’inflation, et la pénurie de logements disponibles.
« Nous comprenons le besoin du point de vue du propriétaire, mais il y a un déséquilibre qui penche trop fortement en faveur de l’augmentation des prix, explique M. Pelletier. Malheureusement, la réalité est que les citoyens veulent que les prix restent bas, mais leur réalité n’est pas toujours prise en compte ».
Il explique que « 40 % des familles de cette région consacrent plus de 30 % de leurs revenus à leur logement, [que] près de 10 % des familles y consacrent jusqu’à 50 % de leurs revenus, et que 2 % y consacrent jusqu’à 80 % de leurs revenus ». Ces données sont très préoccupantes.
De plus, selon une étude publiée par Statistique Canada en 2021, 9,2 % des logements du Haut-Saint-Laurent nécessitent des réparations majeures. L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) a récemment publié une étude qui démontre que le coût de la vie est plus élevé à Huntingdon qu’à Montréal. À Huntingdon, le revenu viable d’un ménage composé d’une seule personne est de 38 404 $ contre 32 252 $ à Montréal, pour un parent seul avec un enfant, il est de 50 102 $ à Huntingdon contre 44 187 $ à Montréal, et pour un foyer biparental avec deux enfants, il est de 77 017 $ à Huntingdon contre 71 161 $ à Montréal.
« Ce que nous recommandons, c’est de ne pas quitter l’endroit où vous vivez actuellement, indique M. Pelletier. Chaque fois que quelqu’un part, les prix augmentent. […] C’est le plus gros enjeu du projet de loi 31 ». Si vous êtes actuellement à la recherche d’un logement, il suggère de communiquer avec le Comité Logement Beauharnois, qui a un bureau à Huntingdon.

