L’édifice qui abritait autrefois les imprimeries et les bureaux du Gleaner pourrait bientôt être démoli.
Les membres de la commission de démolition de la ville de Huntingdon se sont réunis le 8 avril pour examiner une demande de permis de démolition concernant cet édifice historique en briques, laissé à l’abandon et en mauvais état depuis plus de cinq ans. C’était la deuxième fois que le comité se réunissait pour examiner une demande concernant ce site, après qu’une première demande eut été rejetée en janvier. Cette fois-ci, le comité a voté en faveur de l’octroi du permis.
Le bâtiment se trouve sur un vaste terrain qui accueillera bientôt un lotissement résidentiel. Un rapport d’inspection a révélé une détérioration et des dommages importants à l’extérieur du bâtiment, aux fondations et au toit, ainsi qu’aux murs intérieurs, aux sols et au sous-sol. Les coûts de restauration du bâtiment ont été estimés à 1,9 million $.
Les propriétaires fonciers, qui étaient présents à la réunion publique, ont fait valoir que les coûts de restauration et les dépenses courantes étaient prohibitifs et qu’après avoir tenté de vendre ou de louer le bâtiment au cours des cinq dernières années, il ne leur restait que peu d’options. Les promoteurs ont promis de rendre hommage au patrimoine du bâtiment en intégrant des éléments de l’édifice du Gleaner dans le nouveau complexe résidentiel.
Plusieurs résidents également présents ont exprimé leur désaccord, tout en proposant que la ville pourrait explorer les programmes gouvernementaux et les partenariats avec des organisations pour développer des logements sociaux abordables, tandis que d’autres ont proposé de réaménager le bâtiment en espace public destiné à des organisations communautaires ou à des services récréatifs. Le maire de Huntingdon, André Brunette, qui présidait la réunion, a répondu que la ville ne disposait pas des ressources nécessaires pour rénover ou gérer un tel bâtiment.
Outre les personnes présentes à la réunion, la ville a reçu au total 14 lettres s’opposant à la démolition du bâtiment, dont 10 provenant de personnes résidant dans une autre municipalité. La directrice générale, Johanne Hébert, a confirmé que la ville n’avait reçu aucune demande visant à acquérir et à préserver l’édifice. En conséquence, le comité a adopté une résolution visant à accepter la demande de permis, compte tenu du mauvais état du bâtiment et du plan de réutilisation du terrain présenté par les promoteurs pour le projet immobilier proposé.

« Il y avait certainement beaucoup d’émotion dans la salle, a déclaré M. Brunette. Je pense que nous avons pris la meilleure décision possible », a-t-il ajouté, soulignant que la résolution contient certains critères et exigences que les promoteurs devront respecter. Ceux-ci comprennent la préservation du plus grand nombre possible d’arbres existants, la construction d’un muret en briques à l’entrée du nouveau lotissement et la création d’un parc commémoratif intégrant des éléments de l’édifice Gleaner existant.
« Ce fut une décision difficile pour le conseil, et elle a donné lieu à de nombreuses analyses, recherches et discussions, a déclaré Mme Hébert. Nous avons contacté le ministère de la Culture, ainsi que la MRC du Haut-Saint-Laurent, et tout le monde est arrivé à la même conclusion : nous n’avions aucun moyen de l’empêcher », a-t-elle expliqué, soulignant que malgré son importance culturelle, l’édifice n’avait jamais été classé monument historique.
« Nous ne pouvions pas dire non. Mais je pense que ce sera vraiment bien si le projet se concrétise exactement comme prévu », a conclu M. Brunette, en avouant que le nouveau projet immobilier et le parc pourrait apporter une certaine « qualité de vie » au quartier.

