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La forêt régionale : en régression lente mais régulière

« Notre forêt est dégradée », s’exclamait Stéphane Gingras, devant une salle comble, en ouverture d’une conférence intitulée L’État de la forêt en Montérégie. « Elle a besoin d’amour » poursuivait le Responsable de la biodiversité au groupe écologiste Ambioterra, organisateur de la conférence qui avait lieu à la Salle culturelle de Saint-Chrysostome, le jeudi 8 février.

Ambioterra est bien placé pour connaître l’état de la forêt, car l’organisme œuvre à la protection de la biodiversité dans la région depuis 2002.

Devant une régression de la forêt, lente mais constante de 3% de 2010 à 2018, force est de constater que le déboisement s’accentue de toute part. Selon M. Gingras, le secteur résidentiel serait responsable de 5% du déboisement dans le Haut-Saint-Laurent, alors que 95% du déboisement a eu lieu dans la zone agricole.

Le conférencier David Lemieux-Bibeau a pour sa part expliqué que malgré les coupes en zone agricole, c’est l’agriculture qui fait que notre forêt subit moins de pression que nos voisins en Ontario ou en Estrie. « Notre forêt régionale est isolée dans la zone agricole intensive, donc elle est préservée indirectement grâce à la Loi sur la protection agricole qui limite le morcellement et les possibilités de développement industriel ou résidentiel, commentait l’ingénieur forestier. Notre forêt est également plus mature, à cause des érablières et parce qu’elle est sous exploitée ».

Cela malgré de nombreux exemples de déboisement présumément illégaux dans la région, visant une conversion en champs destinées aux grandes cultures. « Il y a une régression, même si la coupe de plus de 2ha est interdite. Dans la région on a la forêt la plus diversifiée au Québec, avec plusieurs essences rares – c’est important de la protéger », a déclaré M. Bibeau.

Pour donner suite à une question indignée de la part d’un membre du public, M. Gingras a fourni une mise en contexte de la situation : « Les agriculteurs subissent une pression financière énorme. Pour certains, déboiser pour grandir la ferme semble être la seule façon de faire vivre leurs familles », a poursuivi celui qui, a chaque année, implante des aménagements agroforestiers chez des producteurs qui souhaitent se doter de bandes riveraines et des haies brise-vent, pour freiner l’érosion et améliorer la biodiversité sur leurs terres.

Une présentation de Christian Auclair, Agent de mise en marché au Syndicat des producteurs forestiers du sud du Québec a parachevé la soirée. Celui qui représente 13 000 producteurs forestiers a proposés aux participants de soigner leurs boisés en les aménageant et même en y faisant des coupes sensées, permettant d’en tirer un revenu tout en améliorant la santé de la forêt la fixation du carbone par le fait même. De nombreuses ressources sont disponibles gratuitement sur le site foretprivée.ca, visant autant à outiller ceux qui souhaitent préserver un boisé que ceux qui souhaitent en exploiter un de façon durable.

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