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La mobilisation citoyenne pour la nature, plus importante que jamais

Ce texte, également paru dans le quotidien Le Devoir est signé par des citoyens impliqués du Haut-Saint-Laurent, entre autres.

Depuis des années, les dirigeant-e-s politiques du monde entier participent à de grandes rencontres internationales et prennent des engagements qui se veulent rassurants, mais les actions ne suivent pas toujours. L’exemple de la COP15 sur la biodiversité, tenue à Montréal en décembre 2022, l’illustre bien. Un peu plus d’un an plus tard, nous attendons toujours les résultats concrets de ces engagements, notamment en matière d’accès à la nature, de protection des espèces menacées et vulnérables et d’appui au leadership autochtone.

Force est de constater que le regretté Hubert Reeves avait vu juste lorsqu’il disait : « Seule la mobilisation citoyenne et associative incitera, pour ne pas dire contraindra, les élus à passer concrètement à l’action pour endiguer le saccage planétaire ».

La responsabilité de rappeler ces engagements et de veiller à leur réalisation semble reposer encore une fois sur la population et la société civile, du moins jusqu’à preuve du contraire.

Devant l’urgence d’agir, les citoyen-ne-s ne sont pas dupes

Aux premières loges pour constater la destruction des milieux naturels, nous sommes de plus en plus nombreux-ses à nous engager. Notre mobilisation s’incarne dans les actions de centaines de groupes, partout au Québec : comme Nature Hudson, qui a amenée le ministre de l’Environnement à annuler le certificat d’autorisation qu’il avait émis à un promoteur immobilier voulant construire dans l’habitat d’espèces en situation précaire; et la mobilisation contre Stablex, près de la tourbière de Blainville, où le BAPE a donné raison aux citoyen-ne-s et aux groupes environnementaux, en recommandant de ne pas aménager une nouvelle cellule d’enfouissement de déchets toxiques.

Face aux multiples défis à relever, nous nous unissons aux organisations environnementales, nous armons de caractérisations biologiques et d’études fiscales, multiplions les rencontres de concertation, entreprenons des poursuites juridiques et allons jusqu’au bout, le plus souvent bénévolement et avec la conviction que notre pouvoir d’influence est bien réel.

Devant l’urgence d’agir, les citoyen-ne-s demandent mieux

L’indispensable contribution des groupes citoyens à la transformation de notre société pour répondre à la crise environnementale doit être reconnue et encouragée à tous les paliers, notamment par un accès transparent à l’information et des mécanismes de participation publique revus et bonifiés. Pourtant, c’est l’inverse que nous constatons dans le cas de Northvolt; opacité, informations caviardées, refus de soumettre l’intégralité du projet à un BAPE. Un an après la COP15, cette façon de faire est préoccupante.

Devant l’urgence d’agir, les citoyen-ne-s lancent un appel à la mobilisation

Trop souvent, nos dirigeant-e-s ont livré de belles paroles qui, dans les faits, ne se sont pas traduites en actions, emprisonnées qu’elles sont dans le vocabulaire du développement économique et d’une vision à court terme. Ce faisant, ils jouent dangereusement avec la confiance de la population et l’avenir des prochaines générations. Devant cette situation, il est tentant de baisser les bras. Cependant, nous n’avons pas le luxe de nous enfermer dans le fatalisme.

La bataille continue et il faut célébrer nos victoires. Lorsque les citoyen-ne-s se mobilisent, les autorités politiques tendent l’oreille et peuvent changer de cap.

Citoyen-ne-s, rejoignez les rangs de la mobilisation, aidez-nous à nourrir l’espoir et à faire pression sur les élu-e-s de tous les niveaux pour concrétiser notre vision d’un monde en équilibre avec la nature. Restons vigilant-e-s, engagé-e-s et unissons nos voix pour faire contrepoids à celles des entreprises et de leurs lobbyistes; exigeons d’être écouté-e-s. Il en va de la survie de la démocratie, de celle de la nature et des générations futures.

Alain M. Gaulin, Mouvement d’action régional en environnement (MARE)
Daniel Desroches,
Les Amis du boisé Neilson
Myriam Thériault, coordonnatrice générale, Mères au front
Marie-Audrey Nadeau Fortin,
chargée de projet Biodiversité et Forêt, Nature Québec
Chloé Tremblay Cloutier, responsable du Réseau Demain le Québec, Fondation David Suzuki
et 323 autres signataires, incluant 135 organisations et groupes citoyens, à travers 15 régions du Quebec.

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