The Gleaner
Opinion

Là où l’humain passe en premier

De Jonathan Drouin à P-A Méthot, en passant par Mélissa Bédard, le grand public a pu réaliser ces derniers mois que ces héros étaient des personnes comme les autres, en proie eux aussi à des passages à vide.
Ces derniers sont loin d’être les seuls à entreprendre bien malgré eux une longue traversée du désert. En effet, un Québécois sur cinq souffrira d’une forme de maladie mentale au cours de sa vie.

« Il n’a qu’à se reprendre en main », « elle est folle », « elle a peur de tout et de rien ». Combien de fois a-t-on entendu ces jugements rapides portés à l’encontre d’un ami, d’une voisine ou d’un collègue, momentanément incapables de fonctionner.

Avec de pareils préjugés, pas étonnant que près des 2/3 des personnes atteintes d’une forme de détresse psychologique rechignent à demander de l’aide.

Dans le Haut-Saint-Laurent, Ancre et Ailes œuvre depuis 30 ans à briser le cercle vicieux de l’isolement, de la stigmatisation et du rejet.

L’organisme, qui accueille chaleureusement chaque semaine quelques dizaines de personnes, peut s’enorgueillir d’avoir aidé quantité de personnes à retomber sur leurs pieds. « On soutient les personnes dans leur cheminement personnel et leur rétablissement, explique Geneviève Couture, la directrice. On compte pour ce faire, sur l’écoute active et l’entraide, en acceptant la personne dans sa globalité, sans juger ni discriminer.

En plus du dîner communautaire et d’une multitude d’activités éducatives ou culturelles, Ancre et Ailes organise régulièrement des groupes de discussion et de partage où chacun est invité à parler librement. Lors d’un atelier, l’animatrice Cynthia Chapdelaine a justement demandé à chacun de raconter un épisode de leur vie où leur confiance en soi avait été mise à rude épreuve.

« Souvent, je préférais quitter un emploi plutôt que d’expliquer à mon patron que les autres se moquaient de moi, racontais J. J’avais peur d’affronter mes problèmes et j’ai fait une grosse dépression. Aujourd’hui, je me sens bien dans ma peau et c’est grâce à Ancre et Ailes » !

Tout à côté, C., se félicitais d’avoir enfin trouvé les bons mots pour faire la paix intérieure avec sa famille qui l’a rejetée depuis longtemps, « J’ai appris à dire ma vérité sans blesser personne ».

Après un long moment passé à écouter, l’intervenant Benjamin Reynolds prenais la balle au bond. « Les autres nous amènent parfois à douter de nous-mêmes », expliquait-il, ajoutant que s’il fallait certes exercer un esprit critique en tout, le fait de trop douter de soi-même pouvait devenir paralysant. Chose certaine, tout refouler à l’intérieur, ça ne marche pas.

Alors que tout le monde semblait méditer ces propos, une participante, jusque là demeurée silencieuse mais très attentive, s’exclamait soudain : « Moi, ça m’arrive tout le temps de me demander ça : Pourquoi ça m’arrive à moi »?

Une question qui interpelle tout le monde…

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