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La sagesse des sous-bois naturels

Jean-Marie Latreille
Centre d’intendance écologique Latreille (CIEL)

Ce texte est tiré d’un article déjà paru dans L’Intendant, le bulletin d’information de CIEL.

Dans les forêts où règne une grande biodiversité, le bois mort, provenant pour la majeure partie de la génération précédente d’arbres, est indispensable. Pour assurer la biodiversité dans un milieu forestier naturel, le bois mort est aussi important que les arbres vivants. Il y a autant sinon plus de vie dans un arbre mort que dans un arbre vivant.

Dans l’apparent fouillis d’un sous-bois naturel, se cache un ordre rigoureux et systématique issu d’un lent processus évolutif dont l’origine remonte à l’apparition de la vie sur Terre il y a 3.8 milliards d’années. Les végétaux, apparus il y a 470 millions d’années, se sont transformés en de majestueuses et grandioses forêts bien avant l’apparition de l’être humain. À l’abri des aménagements humains, elles ont proliféré au point de nous donner les sources d’énergie fossile dans les quantités gigantesques que nous connaissons aujourd’hui.

Ce désordre des sous-bois naturels n’est donc qu’apparent et dans l’ordre des milliers d’espèces se répartissent et se succèdent chacune occupant sa niche privilégiée. Cette immense variété de plantes, d’animaux, de champignons, de mousses et d’insectes ne peut naître qu’en raison de la diversité des habitats surgis de cet apparent chaos d’un sous-bois naturel et d’une multitude de conditions de vie propres à chaque espèce.

 

Dans ces chicots morts il y a beaucoup de vie comme dans un arbre vivant PHOTOS Jean Marie Latreille

Les multiples champignons visibles sur les troncs d’arbres morts, sur les branches jonchant le sol ou sur le tapis d’humus et de feuilles mortes d’un sous-bois naturel, sont essentiels à l’existence de la biodiversité et doivent à tout prix être laissés sur place. Depuis des millions d’années, s’est établie une symbiose vitale entre les arbres et les champignons. De nombreux champignons assurent la santé, la croissance et la vie des arbres grâce à leurs prolongements souterrains.

Dans une forêt naturelle, les arbres à l’abri de la compaction, des pesticides et des aménagements possèdent un réseau de communication souterrain grâce à l’entrelacement racinaire et leur extension par un lacis d’hyphes de champignons. Cette vaste toile filamenteuse souterraine permet aux arbres d’échanger des informations sur la présence d’insectes et sur les diverses menaces à leur intégrité et autres dangers. Il y a là un véritable système d’alarme, un avertisseur qui permet à l’arbre de réagir pour se protéger. Ce système devient inopérant à la suite de coupes abusives, d’épandage de pesticides ou d’absence de champignons.

De plus, les champignons, en colonisant les troncs morts et les branches mortes, les transforment après quelques années en un humus bienfaisant qui maintient l’humidité dans le sol sous-jacent et favorise la croissance et la santé des arbres à proximité ainsi que la germination de graines produisant de nouvelles plantules.

En conséquence, les sous-bois, il faut les laisser tranquilles sur une proportion significative du territoire. La biodiversité qu’ils induisent est garante non seulement de la santé des forêts mais aussi de l’existence de l’être humain sur Terre. Pour maintenir cette garantie de vie il nous faut établir un réseau d’aires protégées où l’on s’abstient de toute intervention humaine. Il est faux de prétendre qu’on peut faire une coupe à blanc et compenser par une plantation.

 

 

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