The Gleaner
Nouvelles

La société de gestion du bassin versant réclame un BAPE sur les eaux souterraines

La Société de conservation et d’aménagement du bassin de la rivière Châteauguay (OBV SCABRIC) a demandé au gouvernement du Québec de lancer une évaluation par le Bureau d’audience publics sur l’environnement (BAPE), sur les pénuries d’eau souterraine et la gestion régionale de l’eau.

Avec le soutien d’une quarantaine d’organismes municipaux et de gestion de l’eau, les membres de la table de concertation régionale de l’OBV SCABRIC pour la gestion du bassin versant ont adressé, le 5 juin, une lettre à la première ministre du Québec, Christine Frechette, ainsi qu’à la ministre de l’Environnement de la province, Pascale Déry, soulignant l’urgence d’une discussion collective sur les pénuries d’eau auxquelles font face la Montérégie et d’autres régions.

La lettre est signée par Daniel Pilon, président de l’OBV SCABRIC, ainsi que par Lise Michaud, mairesse de Mercier et préfète de la MRC de Roussillon, et Catherine Fournier, mairesse de Longueuil et présidente de la Table de concertation régionale de la Montérégie (TCRM). Parmi les cosignataires figurent plusieurs organismes régionaux de gestion des bassins versants, des conseils environnementaux et des groupes de conservation de l’eau.

« Nous demandons au gouvernement d’agir puisque le manque d’eau touche directement plus de 40 % de la population de la zone de gestion intégrée de l’eau de Châteauguay, qui dépend

de l’eau souterraine comme source d’eau potable, mais également l’ensemble des producteurs

agricoles du territoire », a déclaré M. Pilon.

« C’est une question extrêmement importante, a-t-il ajouté, soulignant au passage que l’organisme de gestion du bassin versant travaille sur ce dossier depuis novembre dernier. Évidemment, nous verrons où cela nous mènera, mais il est important de comprendre qu’un BAPE n’est pas une fin en soi. C’est un début, et nous devons voir où cela nous mènera », a-t-il expliqué.

M. Pilon espère que cela permettra de rassembler différents organismes voués à l’eau afin qu’ils puissent mettre en commun leurs idées et chercher des solutions. « Les conclusions sont claires et sans ambiguïté : nous sommes confrontés à un problème de pénurie d’eau. La situation ne s’améliore pas ; elle s’empire, a-t-il déclaré. On a l’impression de balayer le problème sous le tapis, mais il faut en parler maintenant, tant qu’il est encore gérable », s’est-il exclamé.

La lettre met en avant les conclusions des plans directeurs de gestion de l’eau du SCABRIC, qui avaient déjà identifié la disponibilité des eaux souterraines en tant que problème majeur dès 2015. Au moment de la publication de la version 2024, il était tout à fait clair que les eaux souterraines étaient consommées à un rythme insoutenable.

Cette tendance est exacerbée par le drainage agricole, qui accélère le ruissellement des eaux, ainsi que par l’imperméabilisation des sols urbains par des matériaux tels que le béton ou l’asphalte, qui empêchent l’infiltration de l’eau. Les aquifères se rechargent donc plus lentement. Les changements climatiques amplifient également la pénurie d’eau souterraine, les rivières connaissant des crues plus fréquentes ainsi que des périodes prolongées d’étiage, ou de débit minimal de cours d’eau, provoquées par les sécheresses.

M. Pilon, se joint aux Mmes Michaud et Fournier pour souligner que, bien que la province ait mis en place des mesures structurées pour régir l’eau, créé des organismes de bassin versant, adopté une politique nationale de l’eau et mis en œuvre des outils de planification, ces réglementations souffrent toutes d’un manque d’indicateurs fiables permettant de mieux comprendre les effets cumulatifs de l’utilisation de l’eau.

Ils soutiennent qu’un BAPE permettrait une évaluation indépendante et crédible de la situation actuelle. Celle-ci s’appuierait sur l’avis d’experts et de membres du public qui dépendent des eaux souterraines, ce qui, selon eux, pourrait jeter les bases d’une gestion de l’eau plus équitable et durable.

Bethany Lee, fondatrice et porte-parole du groupe d’action « Protégeons nos sources d’eau » à Hinchinbrooke, salue l’initiative de l’OBV SCABRIC. Bien que le groupe local, formé récemment en réaction à un nouveau projet d’extraction industrielle de l’eau à Powerscourt, ne soit pas signataire officiel de la lettre, elle affirme que ses membres « se mobiliseront pour exprimer leurs préoccupations dans un effort commun visant à protéger l’aquifère situé sous Powerscourt contre une exploitation continue ». Elle a souligné que les citoyens peuvent soutenir cette initiative en appelant ou en écrivant aux élus locaux pour qu’ils se prononcent en faveur d’une audience publique.

M. Pilon a déclaré qu’il espérait que le gouvernement agirait rapidement. « La rivière nous demande de le faire, et je pense que c’est important, a-t-il fait remarquer. L’eau n’est pas une ressource inépuisable ».

Latest stories

Des vergers et érablières « dévastés » à Rockburn et à Franklin

Sarah Rennie, Traduit par - Ian Ward

PSPP au mini-putt de Valleyfield

Dominique Seguin

Mission accomplie pour le triathlon de Valleyfield

Dominique Seguin

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et la gestion de vos données par ce site.