The Gleaner
Agriculture

L’arrivée des travailleurs agricoles étrangers : rien de moins certain

Sarah Rennie
Traduit par Ian Ward

Le printemps relativement sec a permis aux agriculteurs de se rendre sur leurs champs dans certains coins du Haut-Saint-Laurent, toutefois, la pandémie du COVID-19 et l’effet d’entraînement qu’elle a eu sur l’ensemble de la population mondiale signifie que l’arrivée des travailleurs agricoles étrangers sera retardée, s’ils arrivent.

“Sur mes 12 travailleurs, il n’y en a actuellement qu’un seul sur la liste des Mexicains disponibles pour voyager”, dit Laurie-Ann Prevost, la propriétaire des Vergers Rockburn à Hinchinbrooke. Pour compliquer la situation, le seul employé autorisé à prendre l’avion ne peut arriver qu’en septembre, selon son visa de travail. Les deux employés qui arrivent normalement en mai pour aider à tailler les pommiers ne sont pas sur la liste actuelle, et une nouvelle liste ne devrait pas être publiée par FERME (l’organisation qui gère le recrutement des travailleurs étrangers agricoles au Québec) avant la première semaine de Mai.

 

Un panneau dans la Vallée rappelle à tous que les agriculteurs sont essentiels à la chaîne dapprovisionnement alimentaire PHOTO Lianne Finnie

 

Selon FERME, les agriculteurs vont devoir faire face à une bonne dose d’incertitude ce printemps, car il est très peu probable que tous les travailleurs étrangers puissent venir. “Tout est plus compliqué et plus complexe”, indique une mise à jour envoyée par l’organisation aux agriculteurs québécois le 15 avril. Par exemple, les travailleurs ne peuvent arriver au Canada qu’à bord un avion nolisé car les aéroports sont actuellement fermés aux vols commerciaux internationaux.

Les travailleurs doivent avoir l’autorisation de leur pays d’origine à voyager, et leur santé doit être surveillée tout au long du processus, du départ jusqu’à l’arrivée. Tous les travailleurs recevront des vêtements de protection et seront dans l’obligation de porter un masque à bord de l’avion. À leur l’arrivée, tous les travailleurs seront tenus de se mettre en quarantaine pendant deux semaines, tout en pratiquant la distanciation sociale.

Amy Tolhurst, de Tolhurst Farms à Howick, attend ses deux ouvriers du Guatemala cette semaine mais n’ont aucune garantie que leur vol ne sera pas retardé ou reprogrammé. Elle dit avoir contacté les travailleurs pour demander des listes d’épicerie pour approvisionner la maison où les deux feront leur quarantaine dès leur arrivée de l’aéroport en bus nolisé. “Il est très clair aussi que nous devrons surveiller leur santé”, déclare Mme. Tolhurst, ajoutant qu’elle doit tenir un registre que les travailleurs devront signer à tous les jours. La ferme et ses travailleurs seront également surveillés “par tous les niveaux d’autorité” du gouvernement, de la santé publique et de la Sûreté du Québec.

“L’avenir du programme est en jeu”, prévient FERME dans ses communications, indiquant que les producteurs qui ne respectent pas la période de quarantaine obligatoire ainsi que les protocoles de distanciation sociale seront puni et que le programme pourrait être annulé. “L’ensemble de la chaîne d’approvisionnement alimentaire serait affectée si cela devait arriver”, précise Tolhurst.

Le gouvernement provincial a récemment annoncé un financement de 1 500 dollars par travailleur agricole étranger pour couvrir les salaires pendant la période de quarantaine de deux semaines, ainsi que d’autres mesures pour inciter les Québécois à aller travailler dans les champs cet été.

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