La plupart des gens souhaitent rester chez eux le plus longtemps possible, mais pour ceux qui reçoivent des soins palliatifs, ce n’est pas toujours possible. Un nouveau programme pourrait toutefois changer la donne dans le Haut-Saint-Laurent.
En décembre, le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSSMO) a lancé un nouveau service innovant. Une équipe d’infirmières praticiennes peut désormais prendre en charge les patients en soins palliatifs qui n’ont pas accès à un médecin et assurer un suivi à domicile.
Le service repose sur les infirmières praticiennes de la région qui travaillent en étroite collaboration avec les groupes de médecine de famille (GMF) d’Ormstown et de Huntingdon ainsi que l’équipe d’infirmières à domicile du CLSC de Huntingdon. Il a été initié par Mélanie Pinsonneault, infirmière praticienne pour le GMF d’Ormstown, qui estimait que certains patients bénéficieraient grandement de soins palliatifs et de services de fin de vie à domicile. Elle a proposé l’idée à l’équipe de direction du CISSSMO et à six autres infirmières praticiennes qui ont accepté d’emblée, et en l’espace de trois mois, le programme était opérationnel.
Le service s’adresse aux patients qui n’ont pas de médecin de famille, ou dont le médecin n’est pas familier avec les soins palliatifs ou est trop éloigné. Les patients peuvent être référés par un médecin, mais dans la plupart des cas, c’est l’équipe de soins infirmiers à domicile du CLSC qui signale les patients qui répondent aux critères du programme. Mme Pinsonneault confie alors le patient à l’une des sept infirmières praticiennes, en fonction de la situation géographique et de l’expertise de chacune.
Bien que des initiatives similaires existent pour les médecins, le programme du CISSSMO est unique au Québec, car il est géré uniquement par des infirmières praticiennes. D’ailleurs, le CISSSMO considère ce programme comme étant un bon exemple de ce qui peut être fait maintenant que le gouvernement provincial a élargi le champ d’exercices des infirmières praticiennes pour inclure les services de soins palliatifs et l’aide médicale à mourir.
« Nous fournissons des soins exhaustifs et un suivi médical complet à domicile », explique Mme Pinsonneault, qui travaille à titre d’infirmière praticienne depuis 2019. Selon elle, le rôle a beaucoup évolué; alors qu’elle n’était pas en mesure de diagnostiquer les patients à ses débuts, elle est aujourd’hui complètement autonome et responsable d’un grand nombre de patients. Les infirmières praticiennes qui composent l’équipe associée au projet sont toutes responsables de patients ayant des besoins médicaux variés au sein de leur GMF, mais elles participent également à divers projets. L’initiative en matière de soins palliatifs est bien adaptée à leur rôle et à la relation thérapeutique qu’elles établissent avec leurs patients.

Malgré la charge de travail, Mme Pinsonneault explique que les soins palliatifs l’ont toujours intéressée et qu’elle et les autres infirmières praticiennes sont heureuses de prendre en charge des patients supplémentaires si cela permet à ces derniers de rester chez eux. « Nous nous occupons de tout, autant de l’aspect médical que de la gestion des symptômes, de la prescription de médicaments et de la surveillance », explique-t-elle.
Les soins palliatifs apportent un soutien aux patients, aux familles et aux soignants. L’objectif est d’optimiser la qualité de vie tout en atténuant ou en réduisant la souffrance des personnes atteintes de maladies graves, souvent en phase terminale : « Cela peut durer un an, voire deux ans », indique Mme Pinsonneault, qui estime que c’est la raison pour laquelle le nouveau programme est si important.
« Il s’agit d’une équipe de santé complète », dit-elle, tout en expliquant comment les infirmières praticiennes travaillent en étroite collaboration avec les infirmières du CLSC, les infirmières auxiliaires et les professionnels de la santé afin de fournir des soins aux patients et d’assurer un suivi sur appel, le cas échéant.
« Cela permet de réduire le nombre de visites aux urgences », affirme Mme Pinsonneault, et, finalement, de rendre les patients plus heureux, car leurs besoins en matière de soins de fin de vie sont respectés.

