Les agriculteurs québécois continueront de bénéficier du programme Agrisolutions climat jusqu’en 2028 grâce à un financement de 38 millions $ accordé par Agriculture et Agroalimentaire Canada et le Fonds d’action climatique agricole – Solutions agricoles pour le climat.
L’annonce, qui a eu lieu le 17 octobre à la ferme de Jean-François Riendeau et Sylvie Thériault à Sainte-Martine, a marqué le succès de ce programme, qui encourage les agriculteurs à adopter des pratiques de gestion bénéfiques qui stockent le carbone et réduisent les gaz à effet de serre.
Lancé en 2022 par l’Union des producteurs agricoles (UPA), le programme met l’accent sur la gestion de l’azote, les cultures de couverture et les pratiques de pâturage en rotation. Il est coordonné par le Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec (CDAQ), qui offre des services de sensibilisation, d’éducation et de formation aux producteurs qui souhaitent adopter des pratiques plus respectueuses de l’environnement, ainsi qu’un soutien financier pouvant atteindre 100 000 $.
« En première ligne face au changements climatiques, les producteurs agricoles en ressentent les effets au quotidien », a déclaré le président de l’UPA, Martin Caron, qui a salué la résilience des agriculteurs dans leur recherche de solutions.
Depuis 2022, Agrisolutions climat a permis à plus de 400 entreprises agricoles d’optimiser la fertilisation azotée et à plus de 2 400 fermes de mettre en place des cultures de couverture sur une superficie de près de 156 500 hectares. Des plans climatiques agricoles ont été établis pour 150 fermes, et au moins 2 480 producteurs et conseillers agricoles ont participé à des diffusions web, des caravanes sur les changements climatiques et des activités de démonstration à la ferme axées sur l’intersection des pratiques de gestion et les changements climatique.
« Les chiffres sont solides et très encourageants, mais nous pouvons aller encore plus loin pour toucher un plus grand nombre de producteurs », a déclaré M. Caron, notant au passage que les pratiques évoluent et que des programmes de soutien comme celui-ci contribueront à en favoriser l’adoption.
Sophie Chatel, secrétaire parlementaire de Heath MacDonald, ministre fédéral de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, a fait remarquer que les agriculteurs sont les mieux placés pour prendre des mesures visant à protéger l’environnement tout en renforçant leur productivité. « Nous avons ici une véritable collaboration entre les gouvernements, les chercheurs et les agriculteurs. Depuis la mise en œuvre du programme, nous avons constaté une utilisation beaucoup plus judicieuse de l’azote, basée sur les quatre B : la bonne source, la bonne dose, au bon moment et au bon endroit », a-t-elle expliqué.

Noel Erskine, producteur laitier à Hinchinbrooke, qui n’a pas assisté à la conférence de presse mais qui a bénéficié du programme, a déclaré qu’ils s’appuyaient désormais principalement sur les cultures de couverture pour réduire l’érosion, avant de noter que cette pratique réduisait également la compaction et augmentait la matière organique. « Ça aide à recycler les nutriments qui n’ont pas été utilisés lors de la récolte de l’année précédente et, selon le type de culture que vous utilisez, vous pouvez également récupérer des nutriments que certaines cultures ne peuvent pas atteindre. Il y a toutes sortes d’avantages, mais le plus important, c’est que c’est rentable », a-t-il expliqué.
M. Erskine a déclaré que les programmes qui aident les agriculteurs à rentabiliser les cultures de couverture inciteront les gens à en faire davantage. « Je pense qu’à terme, les gens verront les effets à long terme de l’utilisation des cultures de couverture, mais ça prend du temps et nécessite certains investissements initiaux », a-t-il déclaré, soulignant qu’il est important que les producteurs profitent des subventions et du soutien pendant qu’ils sont disponibles.

