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Le Jour du Souvenir : Il y a 80 ans, le général de Gaulle appelait les Québécois à venir porter secours à la France

Iris Delagrange

C’était le 1er août 1940. La France libre, toujours en guerre contre l’Allemagne malgré la capitulation d’une partie du territoire, lançait un cri du coeur aux Québécois, depuis Londres, afin que ceux-ci viennent en aide à la France.

Au nom d’un passé commun et d’un avenir partagé menacé, le général Charles de Gaulle, exilé au Royaume-Uni, demandait aux frères outre-atlantiques de soutenir les forces de la France libre afin de libérer l’Hexagone du joug nazi. L’avenir semblait bien sombre à ce moment-là. Le jour suivant, certains journaux de la Belle Province relayaient donc le message. Cependant, à la une de son édition du 2 août 1940, Le Devoir choisit plutôt d’annoncer qu’en France, de Gaulle est «condamné à mort» pour trahison.

L’histoire parlera peu de cet appel et le Québec se souvient plutôt du discours du général de Gaulle, en 1967, sur le Québec libre. Pourtant, beaucoup de groupes, sympathiques à la cause de la France libre, se sont formés spontanément partout dans la province après cet appel plutôt discret.

Le texte inédit de cet appel a été publié dans son intégralité par Frédéric Smith sur le site Le Québec et les guerres mondiales en août 2010 et a été publié de nouveau en août dernier à l’occasion du 80e anniversaire de celui-ci. Voici les premiers mots de cet appel: « Si loin que vous soyez de moi, je n’éprouve aucun embarras à vous parler. Je veux vous parler de la France. Et personne au monde ne peut comprendre la chose française mieux que les Canadiens français.”

Le Québec et la Seconde Guerre Mondiale

Lorsque l’Allemagne envahit la Pologne au début du mois de septembre 1939, une opposition se forme. Les principales nations constituant cette opposition sont la France, le Royaume-Uni, et le Canada qui lui déclarent la guerre et forment le bloc des Alliés (les États-Unis et la Russie les rejoindra en 1941). De son côté, l’Allemagne se joint à l’Italie et au Japon pour former l’Axe.

Contrairement à la Première Guerre Mondiale, le Canada n’est pas obligé de participer à la guerre. En effet, depuis le Statut de Westminster de 1931, le territoire a délaissé son statut de dominion pour devenir un pays indépendant à part entière. Ce faisant, la déclaration de guerre du 3 septembre 1939 faite par la France et le Royaume-Uni face à l’Allemagne n’engage donc pas le Canada.

 

Appel aux Québécois de participer à leffort de guerre en 1939 alors que le Canada vient dentrer en Guerre PHOTO Source BANQ

 

Néanmoins, Mackenzie King, le premier ministre fédéral Canadien, propose au gouvernement d’appuyer le Royaume-Uni dans le conflit, ce qui sera aussitôt accepté. Le Canada entre alors en guerre le 10 septembre 1939 en son propre nom et non à titre de colonie du Royaume-Uni.

D’après l’historien Jean-Yves Gravel, ce sont plus de 19 pourcent de l’effectif militaire Canadien qui est d’origine Québécoise. D’après les statistiques recueillies sur le site fédéral des Anciens Combattants du Canada, il s’agit de 3,000 combattants Québécois, anglophones et francophones, qui ont participé à la Seconde Guerre Mondiale.

Conjugué avec l’appel célèbre du 18 juin 1940 (fait par de Gaulle sur la BBC de Londres à tous les militaires, ingénieurs ou ouvriers français spécialistes de l’armement qui se trouvent en territoire britannique à se mettre en rapport avec le général de Gaulle pour continuer le combat contre l’Allemagne), celui du 1er août a contribué à la mobilisation des combattants Québécois. Dans les médias de l’époque, par exemple au journal Le Canada, la rédaction donne plus d’importance à la nouvelle que certains médias Québécois, titrant même à la une: « Pressant appel du général Charles de Gaulle aux Canadiens français. » (Source : Frédéric Smith, www.lequebecetlesguerres.org.)

Il existe certainement des milliers d’histoires différentes, comme celle de Charles Roche, alors à peine majeur, qui s’engage dans l’Aviation Royale Canadienne pour faire comme son grand-frère Norbert et qui, en tant que mitrailleur de queue, a participé à plus de 30 missions en sol ennemi pendant la Seconde Guerre Mondiale. Lors de sa dernière mission, son avion est abattu. Miraculeusement, le jeune homme survit et devient un prisonnier de guerre. Norbert Roche, son frère, fait malheureusement partie des nombreux Québécois et Canadiens qui ne rentreront jamais au pays. Charles est aujourd’hui âgé de 97 ans. (Source: Fondation Québécoise des Vétérans.)

Les anciens combattants de la Seconde Guerre Mondiale se font maintenant rares car les plus jeunes, comme Charles, ont maintenant près de 100 ans.

Plus de 45 000 Canadiens ont donné leur vie pour la liberté et pour la destruction du nazisme entre 1939 et 1945.

 

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