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Le logement communautaire : une nécessité économique

Depuis maintenant plusieurs années les prix des maisons et des logements locatifs ont grimpé en flèche pour atteindre des montants astronomiques.  On peut observer ce phénomène autant dans les régions urbaines qu’en milieu rural.  Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) a fait un recensement du prix moyen des loyers annoncés sur le site d’annonce Kijiji et selon cette étude, il a augmenté de 26% entre 2021 et 2023 alors que pour la même période l’indice du prix à la consommation augmentait de 11,6%.  Le prix moyen d’un loyer pour un 4½ au Québec est maintenant de 1502$ par mois.  Les conséquences de toutes ces hausses touchent principalement les gens à faible revenu au niveau de leur santé et augmentent les risques d’itinérances.

Une étude réalisée par Deloitte Canada en 2023 examine le lien entre le logement communautaire et la productivité économique au Québec et au Canada. Elle montre que le logement communautaire n’est pas seulement un bien social, mais aussi une nécessité économique.

Le logement communautaire désigne le logement qui est géré par des organismes sans but lucratif, des coopératives ou des municipalités, et qui offre des loyers abordables. Au Québec, le logement communautaire représente environ 5,5% du parc immobilier total, ce qui est inférieur à la moyenne de l’OCDE de 7%.

En effet, le logement communautaire contribue à améliorer la productivité en réduisant cinq phénomènes :
– Des logements trop dispendieux peut amener des travailleurs à occuper des emplois qui ne correspondent pas à leur spécialisation ou leurs compétences ;
– Vivre dans un logement trop dispendieux ou surpeuplé amène de mauvaises conditions de vie ce qui a un effet sur le niveau de compétence des travailleurs ;
– Un voisinage soutenant et accessible influence le bien-être et les opportunités du marché de l’emploi ;
– Le détournement du revenu vers les coûts du logement, plutôt que vers des secteurs liés à l’emploi, comme la formation, a un impact sur la productivité dans certaines régions ;
– Plusieurs entreprises doivent fournir du logement pour attirer des travailleurs ce qui a comme conséquence un ralentissement de leur investissement et de leur développement.

L’étude estime que si le Québec augmentait la part du logement communautaire à 7% du parc immobilier d’ici 2030, soit 79 071 unités supplémentaires, la productivité augmenterait de 5,9% à 9,7% et le PIB de 20,6 milliards à 33,5 milliards de dollars, sans ajouter à l’inflation puisque les gains de productivité augmentent la capacité de croissance de l’économie.  Par extension, dans le Haut-Saint-Laurent, qui représente 0,26% de la population du Québec, pour suivre cette tendance, nous devrions construire 28 unités supplémentaires.

Plus que jamais, tous les paliers de gouvernement ainsi que les municipalités doivent mettre en place des solutions pour mettre de l’avant des projets de logements communautaires pour le bien-être de leur population.  Fort de ces nouveaux arguments, nous, collectivement, espérons que les autorités locales, régionales et nationales agiront et investiront conséquemment.

Au moins 36 personnes et organisations ont déjà signés la lettre. Si vous aussi désirez cosigner la lettre, vous pouvez le faire en suivant ce lien : Lettre ouverte de la CDC du Haut-Saint-Laurent
Yanick Huet
CDC Haut-Saint-Laurent

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