Histoire racontée par June Mayo.
Édition : Emma McLaughlin, journaliste dans le cadre de l’initiative de journalisme local.
Traduction : Sahawisó:ko’ Arquette.
La fabrication de bâtons de crosse
J’aime la crosse. Encore aujourd’hui.
Mon mari Jimmy fabriquait des bâtons de crosse. C’était beaucoup de travail.
Il y a quelque temps, une exposition a eu lieu au Stade olympique de Montréal. Il s’agissait d’une exposition consacrée aux objets fabriqués par les Mohawks, comme les bâtons de crosse ou les paniers tressés.

Les hommes qui sont venus voir l’exposition voulaient savoir comment Jimmy avait fabriqué ces crosses.
Il leur a raconté qu’il était allé dans les bois pour couper le bon arbre, c’est-à-dire le noyer blanc; il s’agit de l’un des bois les plus durs.
Il mettait ensuite le bâton dans l’eau pour le rendre souple, puis utilisait son genou pour lui donner la forme d’une canne.
Il laissait ensuite sécher le bâton avant d’enlever l’écorce et de le laisser sécher à nouveau.
Je ne me rappelle plus le temps qu’il mettait à fabriquer un bâton, mais c’était beaucoup de travail.

J’avais l’habitude de lui dire de ne pas tout révéler aux gens, parce que l’instant d’après, ils vous enlèvent votre idée et utilisent des machines qui accélèrent encore plus le processus.
Il avait l’habitude d’emporter les crosses jusqu’en Colombie-Britannique; il s’y rendait chaque année et y restait trois mois. Il y vendait aussi du poisson, ce qui lui rapportait 3 000 dollars.
Certaines personnes ont découvert combien il gagnait et qu’il ne payait pas d’impôts, parce qu’il n’y a pas d’impôts dans la réserve.
« Vous ne pouvez plus vendre vos crosses ici », lui a-t-on dit.
« Ah oui? Qui va m’arrêter ? Va-t’en, ces crosses font mal quand on frappe avec », a-t-il répliqué.

