The Gleaner
Art de vivreLe partage d'histoires

Le partage d’histoires – 10 janvier 2024

Histoire racontée par Mitch Deer.
Édition : Aaron McComber, journaliste dans le cadre de l’Initiative de journalisme local.
Traduction : Karonhí:io Delaronde

Le petit peuple

Au cours des derniers jours de l’affrontement, l’armée a fait son entrée dans la Pinède; un char d’assaut est arrivé et a commencé à repousser tout le monde. Tous se sont repliés dans le centre de traitement d’Onen’tó:kon. Je n’étais pas là quand cela s’est produit parce que j’étais de l’autre côté de la réserve.

Ils ont décidé de bloquer les routes et j’ai été pris au piège. J’avais l’eau derrière moi, les montagnes devant moi, la police à ma gauche et l’armée à ma droite. Je me suis donc rendu dans les cabanes de pêcheurs qui se trouvaient tout près; c’était le genre de cabanes que l’on traîne sur la glace en hiver.

 

Des guerriers et des militants quittent le centre de traitement dOnentókon le 26 septembre 1990 dernier jour de la crise Les deux fils de Mitch Deer Oniataríio Deer deuxième à partir de la gauche au premier plan et Rohrháre Deer cinquième à partir de la gauche au premier plan sont présents PHOTO Robert Galbraith Kanienkeháka Onkwawénna Raotitióhkwa Centre linguistique et culturel

 

J’avais peur, je ne voulais pas être capturé.

Je suis resté là pendant des heures et un char d’assaut est arrivé sur la route. Il y avait un arbre et des herbes hautes, et j’y suis resté allongé en tenant mon arme et en répétant : « Vous ne pouvez pas me voir, vous ne pouvez pas me voir, vous ne pouvez pas me voir ».

Le char est resté là pendant 20 ou 30 minutes. Je pense que les militaires étaient aussi effrayés que moi parce qu’ils ne voulaient pas en descendre.

Après que le char est parti, j’ai décidé de grimper dans la montagne. J’avais une fourgonnette dans laquelle j’avais du thon, des cacahuètes, une boisson gazeuse et une grande bouteille d’eau. J’ai rangé le tout dans les poches de mon uniforme militaire et j’ai traversé la route.

 

PHOTO Gracieuseté de Robert Galbraith Kanienkeháka Onkwawénna Raotitióhkwa Centre linguistique et culturel

 

Je ne faisais confiance à personne qui vivait dans les environs, car je savais que certains d’entre eux livraient des guerriers aux forces armées; on ne pouvait simplement pas leur faire confiance.

J’ai pris toutes mes affaires et j’ai commencé à gravir la montagne.

Je marchais dans la brousse et je n’avais pas de lampe de poche. J’ai commencé à m’inquiéter parce que je savais que je m’étais éloigné du chemin. Je ne pouvais pas le retrouver parce qu’il faisait trop sombre.

 

Illustration de Iakotinenióiaks libérant un poisson du panier dun enfant tirée du livre Stories the Iroquois Tell Their Children Des histoires que les Iroquois racontent à leurs enfants publié en 1917 par Mabel Powers PHOTO Gracieuseté du projet Gutenberg

 

Vous savez ce qui s’est passé ? Une lumière s’est allumée sur le chemin, une petite lumière de la taille d’une tête d’épingle. Puis, peut-être 70 pieds plus loin, une autre lumière est apparue. C’était le petit peuple, les Iakotinenioia’ks, et ils m’aidaient. Ils me guidaient vers le haut de la montagne, me ramenaient sur le chemin.

Le petit peuple est présent partout dans le monde, sous la forme de lutins ou d’elfes par exemple, mais beaucoup de gens ne croient pas que de tels êtres puissent exister. Pourtant, ils m’ont aidé. Je me suis même mis à quatre pattes pour regarder la petite lumière devant moi. Je savais qu’ils m’aidaient parce que je croyais en eux.

 

Des Iakotinenióiaks dansent parmi les champignons et les rochers dans le livre Stories the Iroquois Tell Their Children Des histoires que les Iroquois racontent à leurs enfants publié en 1917 par Mabel Powers PHOTO Gracieuseté du projet Gutenberg

 

Pendant la crise, nous avons demandé à tout le monde de nous aider. Nous avons demandé de l’aide aux morts du cimetière, aux Hatowis, au petit peuple, et ils nous ont aidés.

Ce que je sais, c’est qu’ils ne vous aideront que si vous vous investissez à 100 % dans ce que vous faites. Si vous faites les choses à moitié, ils ne vous aideront pas. Vous devez donc vous dévouer entièrement à la cause.

Nous entendons parler du petit peuple depuis toujours, il fait partie de nos légendes. Je n’avais jamais vu ces êtres, mais je connais ceux qui les ont vus. Il y a des gens qui ont un don et qui les ont vus et je n’en doute pas.

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