Histoire racontée par Edna Kwatien:se Norton.
Édition : Owen Mayo, journaliste dans le cadre de l’Initiative de journalisme local.
Traduction : Sahawisó:ko’ Arquette.
Heureuse et fière
Pendant longtemps, notre langue n’a pas été enseignée dans les écoles. Au début, le kanien’kéha était enseigné une heure par semaine. Ce sont les parents qui voulaient que la langue soit davantage enseignée à l’école, mais il y avait beaucoup d’opposition. Pendant cette période, les parents ont formé le comité de parents et ont repris l’éducation au gouvernement du Québec. Ce sont eux qui ont fait pression en faveur de notre langue et qui ont élaboré le programme d’études qui régit le fonctionnement des écoles aujourd’hui.

J’ai travaillé à Karonhianónhnha Tsi Ionterihwaienstáhkhwa pendant 20 ans, à partir de 1989. Lorsque j’ai commencé, ils avaient du mal à trouver des enseignants. Nous avions beaucoup de locuteurs à l’époque, mais peu d’entre eux étaient prêts à enseigner. J’ai commencé bénévolement à titre d’enseignant auxiliaire pour aider un de mes amis qui enseignait les sciences sociales et les sciences; il lui arrivait parfois de ne plus savoir comment exprimer ce qu’il voulait dire. Puisqu’il s’agissait de ma langue maternelle, les gens savaient que je pouvais enseigner et, après six mois, j’ai commencé à enseigner en première année. De nos jours, je constate un énorme changement dans notre langue. Lorsque d’anciens élèves me voient, ils me parlent en kanien’kéha. Cela me rend heureuse et fière de voir que tant de gens s’expriment aujourd’hui en kanien’kéha.

Je veillais à ce que nous fassions toujours quelque chose de différent à l’école. Il ne s’agissait pas seulement d’écrire; nous faisions en sorte d’intégrer la langue dans la vie de tous les jours, que ce soit dans la classe ou à l’extérieur lors d’une activité.
Lorsque j’ai commencé, il y avait beaucoup de locuteurs ayant notre langue comme première langue, et nous avions beaucoup de gens à qui demander des conseils. Aujourd’hui, de nombreuses personnes viennent me voir.

