The Gleaner
Art de vivreLe partage d'histoires

Le partage d’histoires, le 6 mars 2024

Histoire racontée par Leonard Atonnion Bordeau
Édition : Kassidy Jacobs, journaliste dans le cadre de l’Initiative de journalisme local
Traduction : Sahawisó:koArquette


Un festin pour les morts

Je n’avais jamais pris part à un festin pour les morts, mais cela a changé avec le décès de mon frère cadet, Irvin, en décembre 2009; sa femme, Dale, m’a appelé pour me dire qu’elle organisait un festin de 10 jours et que j’y étais invité.

Lorsque je suis arrivé chez ma belle-sœur, je me suis stationné dans l’allée, mais je n’ai pas voulu entrer tout de suite dans la maison, alors j’ai attendu que Joe McGregor, mon bon ami, arrive lui aussi.

 

<span class=s2>Irvin en plein travail au Club de golf <span><span class=s2>Kanawaki PHOTO <span><span class=s2>Gracieuseté de Leonard <span><span class=s2>Atonnion <span><span class=s2>Bordeau<span>


Ma belle-sœur nous a accueillis à la porte. Comme c’était l’hiver, la première chose que Joe lui a demandée a été de nous indiquer où mon frère avait l’habitude de laisser ses bottes. Lorsqu’elle lui a montré un endroit précis sur le sol, il nous a dit de ne pas laisser de chaussures à cet endroit.

Dale a dû préparer le repas préféré de mon frère, à savoir un rôti de bœuf et de la purée de pommes de terre; c’était un bon repas. La place où mon frère s’asseyait habituellement a été laissée libre pour lui, parce que son esprit était là avec nous. Dale a préparé une assiette et l’a placée à sa place, puis nous avons mangé comme nous le faisions d’habitude, en riant et en discutant.

 

<span class=s2>Dautres Premières Nations de lîle de la Tortue de lAmérique du Nord ont des rituels relatifs à la mort notamment les Hurons avec la fête des morts Cette gravure réalisée par J F <span><span class=s2>Lafitau<span><span class=s2> en 1724 représente cette cérémonie traditionnelle au cours de laquelle les corps sont déterrés de leur tombe initiale et enterrés dans une fosse commune PHOTO Crédit J F <span><span class=s2>Lafitau<span>


J’ai l’habitude de vouloir rendre service, alors quand nous avons fini de manger, j’ai proposé à ma belle-sœur de l’aider à nettoyer et à ranger quelques affaires. Joe est intervenu en disant : « Non, tout doit rester tel quel. » Ce n’est que le lendemain matin que tout peut être ramassé et jeté.

 

<span class=s2>De gauche à droite on peut voir Irvin Leonard <span><span class=s2>Herby<span><span class=s2> et Nias Bordeau au Restaurant de la place à Châteauguay PHOTO Gracieuseté de Leonard <span><span class=s2>Atonnion<span><span class=s2> Bordeau<span>

 

Pour terminer la soirée, nous sommes allés prendre un café dans le salon et avons discuté. Après un certain temps, Joe s’est levé et a dit : « Niawenhkó:wa tsi wa’titewatskà:hon’, tánonostón:hawetewakaratónnion’. Ó:nen kiia’káhewe’, ó:nen’k tsi entsitewahtén:ti’ », ce qui, globalement, signifie : « Merci de nous avoir accueillis chez vous, de nous avoir nourris et de nous avoir tenu compagnie, mais l’heure est maintenant venue pour nous de partir. » Nous avons rassemblé nos affaires et nous sommes partis.

Ce fut une expérience d’apprentissage absolument extraordinaire, car j’avais déjà entendu parler de festins pour les morts, mais je n’avais jamais assisté à une telle fête. Un ancien m’a expliqué un jour que malgré la présence de larmes et de chagrin, il faut laisser partir la personne décédée. Bien sûr, ce n’est pas facile pour tout le monde, mais il faut finir par lâcher prise et aller de l’avant dans la vie.

 

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