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Le plan gouvernemental inquiète les ambulanciers

Le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, a tenu sa promesse de fournir un plan d’action visant l’amélioration des services ambulanciers après avoir déclaré, au début du mois dernier, que les temps d’attente actuels étaient tout simplement « inacceptables ».

Le 29 février, le ministre Dubé a annoncé des investissements totalisant près de 630 millions de $sur cinq ans pour améliorer le système préhospitalier d’urgence de la province; s’ajoute à cela la mise en place de plusieurs mesures concrètes visant à remédier à la situation, telles que l’augmentation du nombre de défibrillateurs externes automatisés accessibles au public et l’extension des services de premiers répondants à un plus grand nombre de régions. Le plan prévoit également jusqu’à 5,9 millions de $ pour l’amélioration des services ambulanciers dans les régions des Laurentides, de la Mauricie-Centre-du-Québec, de la Montérégie-Centre et de Chaudière-Appalaches.

Dans un communiqué, le ministre Dubé a indiqué que, dans un contexte de vieillissement de la population et de besoins croissants en matière de santé, le gouvernement repense ses services de première ligne. Le plan vise à moderniser les services préhospitaliers d’urgence tout en opérant un changement de culture afin d’optimiser le rôle des ambulanciers et d’améliorer ces services dans les régions.

Par exemple, un total de 7,65 millions de dollars sur cinq ans seront dédiés à la réduction du temps passé par le personnel paramédical dans les hôpitaux. En effet, selon le ministère de la Santé, les ambulanciers consacrent en moyenne 100 minutes à une intervention préhospitalière, dont 50 minutes sont passées à l’hôpital. Le ministère a fixé un objectif de 45 minutes d’ici 2026 et affirme que cela pourrait permettre de récupérer l’équivalent de 50 000 heures lors desquelles des ambulances seraient disponibles.

Le gouvernement a également annoncé la création de quatre héliports, qui seront situés au Centre hospitalier régional de Lanaudière, à Joliette, à l’Hôpital de Roberval, au Centre universitaire de santé McGill et à l’Hôpital du Sacré-Coeur-de-Montréal.

Pas de nouvelles ambulances

Les ambulanciers paramédicaux de la Montérégie, tout en accueillant favorablement le financement et les ressources supplémentaires, sonnent l’alarme quant à l’absence, dans le plan d’action, de financement pour toute nouvelle ambulance.

Le territoire desservi par la Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie (CETAM), qui couvre Salaberry-de-Valleyfield, Vaudreuil-Dorion, Châteauguay et des municipalités de la Rive-Sud, est parmi les plus surchargés de la province selon le classement provincial des charges de travail par zone ambulancière. Entre avril 2022 et avril 2023, plus de 93 000 appels ont été assignés et les ambulanciers ont dû faire plus de 4 221 heures supplémentaires, le plus souvent à la fin de leur quart de travail. Le Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie (SPPM-CSN) affirme qu’il réclame depuis des années l’ajout de sept véhicules pour répondre adéquatement au nombre croissant d’appels.

Or, plutôt que de voir sa flotte s’agrandir, le SPPM attend présentement de savoir si des coupures du nombre d’ambulances auront lieu ce printemps sur le territoire desservi par la CETAM.

Depuis 2021, le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Centre (CISSSMC), qui coordonne les services ambulanciers pour l’ensemble de la Montérégie, a autorisé l’ajout temporaire de quatre ambulances pour faciliter la couverture du territoire. L’organisme réévalue chaque année, à la fin du mois de mars, la nécessité de conserver les véhicules supplémentaires. L’an dernier, le CISSSMC avait annoncé qu’il n’avait pas les moyens financiers de conserver les ambulances, mais il était revenu sur sa décision peu de temps après.

« L’échéance approche à grands pas et, malgré cela, le CISSS et le ministère ne sont toujours pas en mesure de confirmer le maintien des ajouts temporaires à la flotte, dit Gaétan Dutil, président du SPPM-CSN. Année après année, on nous demande d’ajouter des véhicules et année après année, on nous offre des demi-mesures temporaires et inadéquates », précise-t-il.

« Cette situation exerce une pression énorme sur nos ambulanciers et n’augure rien de bon pour les services à la population dans les zones où l’accès à une ambulance dans un délai raisonnable est déjà difficile », ajoute-t-il.

« Ce serait catastrophique que nous perdions une ambulance », a déclaré Mathieu Lacombe, porte-parole du SPPM-CSN. Il affirme que le fait qu’il n’y ait eu aucune indication quant à l’endroit où les fonds gouvernementaux seront investis en Montérégie est une source d’inquiétude.

« Nous n’en avons aucune idée, dit-il. La situation est vraiment incertaine en ce moment, et ce, tant pour les ambulanciers que pour la population ».

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