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Les agriculteurs manifestent pour demander un meilleur soutien

Plus de 105 tracteurs ont quitté Saint-Clet pour Vaudreuil le 10 avril, dans le cadre d’une manifestation organisée par plus de 250 producteurs frustrés par la crise agricole imminente et l’inaction du gouvernement.

Plusieurs producteurs du Haut-Saint-Laurent ont fait le voyage, la plupart en voiture ou en camionnette, pour ajouter leur voix à ce qui est devenu un cri retentissant pour que le gouvernement mette fin à la pression exercée sur les agriculteurs.

Les producteurs-manifestants ont demandé au gouvernement un soutien adapté aux besoins actuels des fermes, un allègement de la réglementation, une réduction de la paperasse administrative et de la bureaucratie, une révision du financement de l’agriculture et des gestes pour assurer la réciprocité des normes environnementales, sanitaires et économiques pour permettre aux agriculteurs de rester compétitifs au Québec et sur les marchés internationaux.

Jérémie Letellier, président de la Fédération de l’Union des Producteurs Agricoles (UPA) de la Montérégie, a admis à la foule qu’il avait été surpris par le nombre de tracteurs, déclarant qu’il avait sous-estimé le niveau de frustration des agriculteurs et leur soutien au mouvement de protestation croissant.

« Nos gouvernements actuels nous considèrent comme acquis, a déclaré M. Letellier. Si l’agriculture était importante pour nos gouvernements, il n’y aurait pas de produits étrangers sur nos tablettes à une fraction du coût de production de nos producteurs. Il y aurait une véritable réciprocité des normes. Si l’agriculture était importante pour nos gouvernements, il n’y aurait pas une montagne de paperasse et de bureaucratie, il y aurait un allègement de la réglementation », s’est-il exclamé, sous les applaudissements et les acclamations de la foule.

M. Letellier était accompagné des présidents des syndicats locaux de l’UPA, dont ceux de Beauharnois-Salaberry, du Haut-Saint-Laurent, des Jardins-de-Napierville, de Roussillon et de Vaudreuil-Soulanges. Il était également entouré de Martin Caron, président général de l’UPA, de représentants de l’Association de la relève agricole de la Montérégie et de plusieurs producteurs qui ont pris la parole au nom de leur secteur agricole respectif.

 

Plusieurs producteurs du Haut Saint Laurent se sont joints aux plus de 250 agriculteurs réunis à Vaudreuil le 10 avril pour exprimer leur mécontentement PHOTOS Sarah Rennie

 

La manifestation de Vaudreuil était la deuxième d’un trio de manifestations qui ont eu lieu la semaine dernière. Un convoi de plus de 220 tracteurs a parcouru les rues de Saint-Jean-sur-Richelieu le 5 avril, où plus de 400 producteurs se sont rassemblés devant le bureau du député de Saint-Jean, Louis Lemieux. Le 12 avril, 160 tracteurs ont traversé la ville de Saint-Hyacinthe, passant devant le bureau de la députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, avant de se joindre à un rassemblement de plus de 300 producteurs et jeunes agriculteurs.

« Ce sont les syndicats locaux qui construisent ce mouvement, a déclaré Éric Leboeuf, président du syndicat UPA du Haut-Saint-Laurent. L’important, c’est d’avoir plus de reconnaissance de la part du gouvernement. Ce n’est pas normal que les gens mangent trois fois par jour, mais moins d’un pour cent du budget est alloué à l’agriculture », souligne-t-il.

« On nous demande de plus en plus de comptes. Les tâches administratives sont lourdes, elles prennent beaucoup de notre temps et de nos ressources alors que nous savons déjà comment nourrir les gens, a-t-il ajouté. Nous le faisons bien. Nous prenons soin de l’environnement. Nous avons des façons de faire qui s’améliorent de plus en plus. Nous sommes la solution », s’est-il exclamé, insistant sur le fait que ce n’est pas le gouvernement qui concrétise les actions sur le terrain.

Les propos de M. Leboeuf ont été repris par Ange-Marie Delforge, présidente du syndicat UPA de Vaudreuil-Soulanges, qui s’est dite émue mais inquiète de voir autant de producteurs rassemblés pour protester. « Nous sommes des professionnels de l’agriculture, mais le gouvernement ne nous reconnaît pas comme tels, s’est-elle exclamée, déplorant que nous sommes loin d’être une priorité ».

Noel Erskine, producteur laitier à Hinchinbrooke, faisait partie de la foule qui brandissait une pancarte réclamant davantage de soutien pour les jeunes agriculteurs. Ayant repris l’exploitation familiale il y a deux ans, il a déclaré que les choses allaient bien, mais qu’il était difficile de trouver un équilibre entre l’augmentation des dépenses et la productivité.

« Nous sommes une exploitation laitière et, en tant que collectivité, nous avons décidé que les consommateurs voulaient que nous allions dans une certaine direction en termes de bien-être animal et de mode de production de leurs aliments. Cela a un coût. Cela nécessite des investissements, et qui dit investissement dit taux d’intérêt, dit-il avec le soupire. Nous attendons simplement du gouvernement qu’il nous soutienne, car nous avons l’impression qu’il ne nous aide pas autant qu’il le devrait », a ajouté M. Erskine.

Josée Lajeunesse, qui milite depuis plusieurs années en faveur de services de santé mentale pour les agriculteurs et qui est copropriétaire de la pépinière et jardinerie Domaine du Paysan à Saint-Stanislas-de-Kostka, brandissait, elle aussi, une pancarte. « Nous en sommes arrivés au point où nous passons plus de temps au bureau que dans les champs ou les serres. À un moment donné, c’est épuisant, s’exclame-t-elle. Et si l’agriculteur ne va pas bien, sa santé mentale en prend un sérieux coup. Et c’est cela qu’il faut sauver aussi. Nous devons sauver nos agriculteurs », a-t-elle ajouté.

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