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L’intégration des nouveaux préposés s’avère difficile dans les CHSLD

Sarah Rennie
Traduit par Iris Delagrange

La crise du COVID-19 a mis en évidence un certain nombre de problèmes dans notre société, particulièrement au niveau de la façon dont nous traitons notre population la plus âgée. La première vague de la pandémie a mis à nu des situations horribles dans lesquelles des résidents d’établissements publics et privés de soins de longue durée ont été laissés à eux-mêmes. La situation n’a fait qu’empirer à cause d’une pénurie de travailleurs de la santé dans l’ensemble de la province. Au cours de l’été, le gouvernement du Québec a lancé un vaste programme de recrutement qui promettait une période de formation rémunérée, tout en garantissant un emploi et un salaire concurrentiel en bout de ligne. Les personnes acceptées dans le programme doivent travailler pendant une année complète. Des milliers de personnes se sont donc inscrites mais sur le terrain, l’intégration de ces nouveaux travailleurs dans un système de santé déjà stressé et débordé a connu quelques ratés.

Un certain nombre de préposés ont été embauchés par le Centre Intégré de Santé et de Services Sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSSMO) pour travailler dans des centres de soins de longue durée (CHSLD) de la région. Pour certains, la transition s’est déroulée sans heurts, mais dans certains cas, des rumeurs de mauvais traitements et d’abus présumés commencent malheureusement à émerger. Le Gleaner a discuté avec plusieurs préposés récemment embauchés par le CISSSMO au sujet de leur expérience (les noms ont été changés pour protéger la vie privée des individus).

Les appels dans les médias sur les conditions dans les résidences pour aînés ont amené John à sauter le pas et à s’inscrire au programme de formation subventionnée. « Je n’ai pas hésité à présenter une demande », dit-il, suggérant que pour lui, c’était un devoir. Le programme d’entraînement de quatre semaines a laissé juste assez de temps pour se familiariser avec les procédures et comprendre les attentes. Il a été suivi d’une période de six semaines dans un CHSLD. « La partie théorique de la formation ne nous a pas préparé au côté pratique du travail dans une résidence », dit John, tout en expliquant à quel point il a trouvé les images, les sons et les odeurs puissants. Les préposés ont également dû s’adapter vite et apprendre encore plus rapidement pour faire face à la démence ou encore à la mort. Mais cela, dit John, ce n’était pas la faute de l’école ; les enseignants, selon lui, ont fait de leur mieux dans des circonstances exceptionnelles pour former les nouvelles recrues.

« On peut dire sans le moindre doute que la première semaine a été très accablante », dit-il à propos du monde dans lequel les préposés ont été parachutés d’un coup. Il est également très conscient de la pression que représente la formation des nouveaux préposés pour ceux qui travaillent déjà dans les institutions. Il admet que certaines demandes et questions ont parfois été mal reçues, simplement parce que les nouveaux arrivants n’avaient pas d’expérience, « mais j’ai senti que les travailleurs étaient prêts à accepter cela et j’ai simplement apprécié leur effort. »

Bien que John insiste sur le fait qu’il n’a pas connu ou été témoin d’un traitement inapproprié à l’égard d’autres préposés, il a entendu des histoires d’étudiants ayant eu des difficultés avec le personnel de différents CHSLD. Il estime qu’il restera probablement après la fin de sa première année obligatoire maintenant qu’il s’est habitué aux exigences physiques et mentales du travail. « À la fin de la journée, vous rentrez chez vous en sachant que vous avez directement influencé la vie des autres d’une manière positive », dit-il, suggérant que si le travail avec les résidents est parfois frustrant, « il peut aussi être passionnant. »

Heather est d’accord avec John sur le fait que la formation a été plutôt précipitée. « On se sentait souvent stressé parce que le contenu des cours était super condensé. Cependant, nous étions régulièrement rassurés sur le fait que nous ne devions pas nous attendre à être rapides ou indépendants tout de suite parce que nous avions reçu une formation accélérée. » Dès le début de son intégration, Heather dit qu’elle a été régulièrement réprimandée parce qu’elle était trop lente.

« Toutes nos conversations ont été rapportées. Si vous aviez plaisanté au sujet d’être bien payé, il y avait une croix rouge sur votre dossier, comme si vous n’étiez pas dans le programme pour les bonnes raisons. Si vous aviez eu des difficultés avec un concept ou que vous n’étiez pas performant en comparaison avec les autres membres du personnel, vous étiez également signalé », dit-elle. Heather suggère également qu’il y a eu des complications sur l’établissement du calendrier de travail et qu’elle se sent maintenant obligée d’accepter des quarts de travail doubles ou des heures supplémentaires sur une base régulière. Elle pense qu’après sa première année obligatoire, elle sera forcée de réévaluer son choix de carrière.

Kate, qui travaille dans une résidence et a un proche parent qui a récemment été embauché par le CISSSMO, est préoccupée par l’embauche des nouveaux préposés. « C’est un environnement de travail toxique », avance-t-elle, suggérant qu’elle a subi des mauvais traitements dans le passé et qu’elle le revit maintenant avec son proche. Elle réitère que les nouvelles recrues ont été embauchées pour alléger la pression sur ceux qui travaillent déjà dans les CHSLD. Kate craint que beaucoup de ceux qui veulent quitter leur nouveau poste avant la fin de l’année obligatoire soient également forcés de rembourser l’argent qu’ils ont reçu pendant leur formation.

Jade St-Jean, conseillère principale aux communications externes, médias et relations ministérielles pour le CISSSMO, insiste sur le fait que l’organisme régional de la santé et des services sociaux s’engage à assurer un bon environnement de travail dans ses installations.

« Plusieurs mesures ont été mises en place pour favoriser l’intégration de nos agents subventionnés au sein du CISSS de la Montérégie-Ouest », dit-elle, notant que des préposés aux services de soutien ont été désignés et qu’ils sont responsables du soutien des préposés subventionnés afin de faciliter leur accueil et leur intégration au sein des équipes déjà existantes.

Mme St-Jean suggère que les victimes d’abus ou d’intimidation doivent communiquer avec leur gestionnaire afin que des mesures appropriées puissent être prises. Le CISSSMO déploie différentes stratégies pour gérer de telles situations, y compris des réunions d’équipe ou individuelles, des formations, etc. Elle affirme que des mesures disciplinaires peuvent également être prises au besoin. « L’arrivée des nouveaux préposés est très bénéfique pour soutenir les équipes en place et soyez assurés que nous voulons qu’ils remplissent leurs nouvelles fonctions pleinement afin qu’ils deviennent et restent des employés motivés en fournissant les soins et services de qualité à nos résidents. »

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