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Manifestation des travailleurs postaux en grève à Valleyfield

Les 85 membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), plus précisément de la section locale 460 de Valleyfield, ont brandi des drapeaux et des affiches faites à la main lors de manifestations quotidiennes devant le dépôt de Postes Canada, situé sur la rue Victoria, à Salaberry-de-Valleyfield.

La section locale représente les travailleurs postaux de la région, c’est-à-dire de Hemmingford à Dundee, en passant par la ville de Valleyfield. Ses membres, ainsi que les 55 000 autres travailleurs postaux du Canada, ont débrayé, le 15 novembre dernier, dans le cadre d’une grève générale nationale.

Des négociations, menées en présence d’un médiateur imposé par le gouvernement, ont lieu depuis le 19 novembre, d’une part avec les unités de négociation des facteurs urbains et, d’autre part, avec celles des factrices et facteurs ruraux et suburbains (FFRS). Le STTP a rejeté une proposition d’augmentation salariale de 11,5 % sur quatre ans, demandant plutôt une augmentation de 22 % pour la même période.

Les discussions entre le représentant syndical des FFRS et la direction ont porté sur des enjeux tels que la stabilité des salaires, la validation, les taux horaires et le maintien des heures de travail. Les unités urbaines se sont quant à elles concentrées sur des enjeux tels que les salaires, le nombre d’heures minimum pour les travailleurs à temps partiel et les demandes de livraison la fin de semaine dans le but de concurrencer les plateformes « [d’]économie à la demande » qui livrent des colis à un prix aussi bas que possible. Le syndicat craint que cela ait une incidence sur les itinéraires des transporteurs à temps plein les jours de semaine.

Selon les mises à jour quotidiennes des négociations publiées par le STTP, on constate des progrès, les parties ayant échangé des propositions; il reste toutefois encore beaucoup de travail à accomplir.

En 2011 et en 2018, le gouvernement fédéral avait mis fin aux arrêts de travail en légiférant pour forcer les facteurs à reprendre leurs itinéraires. Jonathan Théorêt, président de la section locale 460, a dit espérer que le gouvernement laissera les employés se battre : « Nous avons obtenu un vote de grève de 98,5 %. C’est très élevé », a-t-il indiqué, en soulignant qu’il s’agit de la première grève générale depuis 2011.

« Depuis 20 ans, nous adoptons une loi spéciale tous les quatre ans », a-t-il expliqué, précisant que les travailleurs ont signé une prolongation de contrat sans négociation, il y a deux ans, pendant la pandémie. « Le moment est venu de demander ce que nous voulons », a-t-il poursuivi, tout en mentionnant qu’en termes de salaires, les employés souhaitent retrouver le même pouvoir d’achat qu’en 2020.

M. Théorêt a déclaré que, jusqu’à présent, le soutien du public semble solide. « Je comprends que le marché a changé au cours des six dernières années. Je pense que le public aime Postes Canada et que la société est là pour rester. C’est un service que nous offrons à tout le monde, même dans le Nord, a-t-il commenté. Je comprends qu’il y a des défis financiers à relever, mais nous devons tous y faire face ensemble », a-t-il ajouté, suggérant que Postes Canada devrait également changer.

Pas de ramassage ni de livraison

L’arrêt de travail a entraîné la suspension totale des activités de Postes Canada. La société d’État a déclaré que le courrier et les colis ne seront ni traités, ni livrés pendant la grève, et que certains bureaux de poste seront fermés. Aucun courrier ne sera accepté et les garanties de service pour les articles déjà dans le réseau seront affectées.

 

Les travailleurs de la section locale 460 de Valleyfield manifestent devant le dépôt de Postes Canada situé sur la rue Victoria à Salaberry de Valleyfield depuis le déclenchement de la grève générale le 15 novembre dernier PHOTO Sarah Rennie

 

Selon Postes Canada, les lettres et les colis seront livrés le plus rapidement possible dès que les opérations reprendront, selon le principe du premier arrivé, premier servi, mais il faut noter que le traitement et la livraison peuvent prendre un certain temps avant de revenir à la normale.

L’incertitude quant à la capacité de Postes Canada de rattraper l’important retard accumulé dans la distribution du courrier, une fois la grève terminée, fait que certains consommateurs hésitent à faire des achats. Christina Fasoula, propriétaire de la boutique Tricot Laines Studio, une boutique de laines et de cadeaux située à Huntingdon, dépend de Postes Canada pour la réception et l’expédition de ses produits et a déjà perdu des ventes en raison de la grève.

« Ce n’est pas comme si nous étions à Montréal où il y a d’autres options. Il existe de nombreuses entreprises qui peuvent expédier des marchandises sans passer par Postes Canada, mais elles se trouvent dans de plus grandes villes. Pour nous, ce n’est pas une option », a-t-elle expliqué, précisant que ces options peuvent également être coûteuses.

Selon Mme Fasoula, bien que la grève entraîne des complications pour les petits commerces, elle espère que les gens de la région envisageront de faire leurs achats de Noël à proximité de chez eux, afin d’éviter le stress lié à l’attente de la livraison.

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