The Gleaner
Nanette

Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver

Question : Qu’est-ce qui vous a amenée à quitter les États-Unis pour vous établir au Québec?

~

Dans ma dernière chronique pour le Gleaner, j’ai parlé de mon expérience à New York et à Broadway au sein de la comédie musicale How to Succeed in Business Without Really Trying.

En janvier 1966, la production estivale de How to Succeed s’était achevée et je n’étais pas vraiment intéressée par l’idée de jouer dans une autre comédie musicale. Je voulais essayer quelque chose de différent, alors j’ai parcouru les bars de New York et j’ai chanté avec différents groupes.

Un soir, alors que je chantais au populaire bar de The Rolling Stones avec un groupe qui allait plus tard être connu sous le nom de The Young Rascals, j’ai été abordée par un beau jeune homme italien qui m’a invitée à danser. Il s’appelait Tony Roman.

J’ai appris plus tard qu’il était une grande célébrité au Québec, une province canadienne. Je n’avais aucune idée d’où c’était, et je ne savais pas non plus qu’on y parlait français. Tony était dans la salle avec le célèbre Shadow Morton, le producteur de deux groupes populaires de l’époque, The Shangri-Las et New York Dolls. Je crois me souvenir avoir été très impressionnée!

Tony et moi avons été inséparables pendant les trois semaines qui ont suivi, et lorsqu’il m’a demandé si je voulais retourner avec lui à Montréal, j’étais emballée. J’étais déjà amoureuse de Tony à ce moment-là, et je l’aurais suivi n’importe où.

Après m’avoir entendue chanter, Tony m’a dit qu’il avait tout de suite su que je pouvais faire une grande carrière dans la musique et qu’il s’occuperait de moi en tant qu’agent, mais pas seulement.

Nous avons quitté New York en train, au milieu de l’hiver, pour nous rendre à Montréal. Je n’avais jamais vu autant de neige de toute ma vie ! Peu de temps après notre arrivée à Montréal, Tony a produit ma première chanson, Et maintenant, écrite à l’origine par Gilbert Bécaud, mais avec l’arrangement du succès américain What Now My Love de Sonny and Cher.

Aucune maison de disques ne voulait sortir mon disque à cause de mon accent; Tony a donc fondé Canusa, sa propre maison de disques. Il avait suffisamment de matériel provenant de la musique qu’il avait enregistrée à New York pour ouvrir sa propre maison de disques.

Et maintenant a été un énorme succès, figurant au palmarès québécois pendant plus de trois mois, et a marqué le début d’une longue et fructueuse carrière pour moi au Québec.

Tony et moi faisions constamment la une de tous les magazines « Vedettes », et il ne se passait pas une semaine sans que l’on parle de Tony et Nanette.

J’ai enregistré trois albums en français pour Tony et deux albums avec lui, dont un tiré de notre propre émission de télévision à Radio Canada; l’émission, Fleurs d’amour, fleurs d’amitié, était enregistrée sur une scène située sur le site de l’Expo 67. Cette année-là, j’ai été très heureuse de remporter le prix « Révélation de l’année », qui était similaire au tant convoité « Trophée Félix » d’aujourd’hui.

Nous avons souvent voyagé en Europe pour promouvoir mes albums. Tony souhaitait également développer ma carrière aux États-Unis. Il pensait que ce serait un excellent coup de publicité que de convaincre un célèbre magazine américain de faire un article sur moi. C’est ainsi qu’ont été publiées six pages dans le magazine Vogue, photographiées par David Bailey, le photographe de mode le plus populaire au monde à l’époque. J’ai également posé pour le magazine Lui en France, et j’étais habillée, bien sûr!

À l’occasion de la sortie de mon premier album en anglais aux États-Unis, j’ai participé à l’émission The Pat Boone Show, à Los Angeles, dans le cadre de la tournée promotionnelle. J’ai également participé à deux reprises à The David Frost Show, à New York.

J’étais au Québec depuis deux ans et demi lorsque j’ai rencontré Richard Armitage, le propriétaire de la société britannique de gestion et de production musicale Noel Gay. Il m’a entendue chanter et a suggéré à Tony que je vienne en Angleterre pour enregistrer un album en anglais pour le marché européen.

J’ai donc pris un autre avion pour rendre visite à cette « bonne vieille Angleterre ».

Latest stories

« England swings like a pendulum » …

La Big Apple

Nanette Workman

Avez-vous déjà vécu une expérience de mort imminente ?

Nanette Workman

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et la gestion de vos données par ce site.

RSS
Follow by Email
Facebook
Twitter
YouTube
LinkedIn
Instagram
WhatsApp