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Pas besoins d’étiquettes : les personnes non-binaires ont toujours existé

Le Mois de la fierté est une occasion pour les membres de la communauté LGBTQ2SIA+ (les lesbiennes, les gays, et les personnes bisexuelles, transgenres, queers, bispirituelles, intersexes, asexuelles, et plus) de célébrer leur vie, mais c’est aussi un moment qui leur permet de se souvenir du passé et de discuter des problèmes et des défis qu’ils rencontrent. Même au sein de la communauté queer, il existe des malentendus lorsqu’il est question de certaines identités, les personnes non-binaires et les personnes de genre fluide étant souvent parmi les plus incomprises.

« Non-binaire » est un terme générique qui englobe les personnes ne faisant pas partie du genre binaire (strictement masculin ou féminin). L’identité de genre de certaines personnes se situe entre l’homme et la femme, et d’autres individus ne s’identifient ni à l’un ni à l’autre ; certains peuvent s’identifier comme étant simplement non-binaires, alors que d’autres se retrouvent dans des sous-catégories, telles que genre fluide, demi-garçon ou demi-fille, agenre, etc. Certaines personnes non-binaires utilisent des néo-pronoms tel que ael, ille, iel, ielle, im, em.

Valerie Hunt (iel) est une personne de genre fluide originaire de Howick. Pour cette personne, l’un des moments les plus marquants de sa découverte de soi a eu lieu pendant un cours d’anglais au secondaire, plus précisément lorsqu’on a demandé à la classe : « Quelles sont les parties de votre identité qui sont importantes pour vous, et celles dont vous pourriez vous défaire ? » Valerie se souvient avoir dit : « Oh, je peux me passer de mon genre », ce qui n’a pas manqué de surprendre ses amis. Tout au long de ses études collégiales, Valerie a essayé le cosplay et a ressenti une euphorie liée aux genres en explorant différents personnages. En vieillissant, il lui a été plus facile de s’identifier comme étant non-binaire, et ce, sans s’inquiéter de ne pas être « assez non-binaire ».

Jay Lloyd (iel) est une personne non-binaire originaire de Hemmingford. En grandissant, Jay a eu le sentiment de ne pas avoir accès à des discussions concernant l’homosexualité, ni à un modèle queer à admirer. La première fois que cette personne a été exposée au concept de genre et de sexualité a été par le biais d’un clip de Lady Gaga. Une fois à l’université, Jay a côtoyé des personnes ayant diverses identités queers et s’est senti capable d’explorer ; cela lui a permis, il y a quatre ans, d’affirmer officiellement son identité de genre.

Jay affirme que plusieurs personnages dans les médias et à la télévision l’ont aidé à mieux comprendre ce que sont les identités queers et à se sentir représenté. Parmi ces émissions, on retrouve notamment Steven Universe, Sabrina et Atypique (dans laquelle figure un acteur non-binaire). Avoir accès à une certaine représentation est extrêmement important pour les jeunes queers : « Les quelques célébrités qui font leur coming out, ou même simplement le fait d’en parler dans les médias, cela m’a permis de me sentir plus représenté et ainsi plus heureux ».

Valerie et Jay ont tous deux fait l’expérience de malentendus fréquents sur ce qu’est le fait d’être non-binaire ; le manque d’informations sur les identités non-binaires a donné lieu à de nombreuses fausses idées, l’une des plus répandues étant que toutes les personnes non-binaires doivent être androgynes.

 

Val Hunt et Jay Lloyd disent tous deux que l’identité non-binaire n’est pas une phase et que le genre peut exister sur un spectre, non seulement en tant que homme ou femme. PHOTOS incluses.

Valerie explique que cela est incorrect pour de multiples raisons. D’abord, les tenues vestimentaires, la coiffure et le maquillage sont des préférences personnelles qui ne doivent pas nécessairement correspondre à des rôles de genre traditionnels. De plus, il existe des obstacles qui peuvent empêcher certaines personnes d’accéder à des vêtements androgynes. Une de ces raisons peut être leur situation financière, qui ne leur permet pas de s’offrir une nouvelle garde-robe ; une autre raison est le fait que de nombreux vêtements androgynes ne sont pas conçus pour les personnes de taille forte. Valerie ajoute qu’« il y a encore beaucoup d’idées binaires véhiculées au sujet des personnes d’identité queer. Je ne me suis pas défait d’une étiquette pour que vous m’en apposiez une autre ».

Jay explique qu’une autre idée préconçue est que le fait d’être non-binaire est considéré comme un mythe : « J’ai entendu des gens dire que les personnes non-binaires n’existent pas vraiment. Il n’y a que des “il” et des “elle” ». Cela est souvent associé à l’idée que les personnes non-binaires ne sont que des « prédateurs » qui essaient de se faufiler dans les salles de bain. Valerie mentionne que l’idée selon laquelle le genre est complètement binaire est un mode de pensée « colonial », affirmant que les cultures du monde entier célèbrent, et ce, depuis des générations, des genres autres que le genre strictement masculin ou féminin, et que ce n’est pas un concept nouveau.

Il est important de noter que l’anatomie et le sexe d’une personne n’ont pas d’incidence sur son identité non-binaire ; cette dernière peut s’identifier comme étant non-binaire, quel que soit le sexe qui lui a été assigné à la naissance.

Valerie travaille en éducation de la petite enfance, et pour tous les parents dont les enfants s’interrogent sur le genre ou la sexualité, elle a un conseil important à donner : « Ne soyez pas le premier bourreau de votre enfant ».

Le chemin vers la découverte de son identité sexuelle n’est pas toujours évident. Valerie insiste sur le fait qu’il n’y a jamais de honte à expérimenter. Si une identité ne vous convient pas, une autre pourrait vous convenir, et cela « ne veut pas dire que ce n’est qu’une phase ». Laisser les jeunes expérimenter sans jugement est crucial pour leur santé mentale. « L’affirmation du genre est une forme de prévention du suicide », souligne Valerie. C’est un moyen d’aider les jeunes à se sentir plus en sécurité dans leur environnement.

Bien qu’il y ait encore beaucoup de chemin à parcourir avant de bien comprendre ce que signifie être non-binaire, les choses ont définitivement progressé grâce à une jeune génération qui est plus encline à explorer ces identités ; plus les idées préconçues seront démenties, et plus nous verrons une amélioration de la représentation, plus la communauté sera sûre.

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