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Préserver les races patrimoniales pour maintenir la diversité génétique du bétail

Heritage Livestock Canada (HLC) est un organisme qui œuvre à la conservation des races patrimoniales à travers le pays. Les races animales présentes au Canada depuis plus de 50 ans sont considérées comme étant patrimoniales; elles comprennent les bovins de boucherie ou laitiers, les moutons, les cochons, les chèvres, les chevaux de trait et les chevaux légers, les poneys et les ânes.

Elwood Quinn, du HLC, affirme que la situation critique dans laquelle se trouvent de nombreuses races patrimoniales au Canada est largement sous-estimée. Il met les choses en perspective : « Si l’on pense aux pandas, il en existe entre 4 000 et 5 000. Or, certaines races animales ne comptent qu’un seul spécimen au Canada, voire un parmi les douze recensés dans le monde entier. » M. Quinn réitère qu’ils cherchent à conserver les animaux, et non à les préserver : « La conservation, c’est garder votre bien en vie. La préservation, c’est le mettre dans un bocal en verre, le placer au congélateur et ressortir les graines dans dix ans ».

Il affirme qu’il est important de perpétuer les races patrimoniales, car « la diversité génétique est essentielle pour que chaque génération puisse subvenir à ses besoins alimentaires ». Il ajoute que « dans toute l’agriculture nord-américaine, nous avons une seule race animale qui produit tout le lait que nous buvons. Nous avons une seule race de poulet qui produit tous les œufs que nous mangeons, etc. Et elles sont extrêmement efficaces ».

Cela peut sembler idéal, mais M. Quinn donne l’exemple suivant : « On pourrait comparer cela à l’achat d’une voiture. Une Ferrari ou une Lamborghini vous permettrait de vous rendre de New York à Los Angeles en voiture de la manière la plus rapide et la plus confortable, mais ce n’est pas vraiment la meilleure option pour emmener les enfants skier le samedi matin ». Chaque race peut répondre à des besoins différents.

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles les agriculteurs délaissent les races patrimoniales. M. Quinn explique que « les agriculteurs sont parmi les personnes les plus compétitives qui soient. Ils veulent être les premiers à sortir dans les champs avec leur tracteur, s’ils voient un voisin les devancer ». Cela les pousse à vouloir développer les animaux les plus efficaces possibles. Il souligne également que « moins de 1 % de la population produit 95 % de la nourriture que nous consommons, mais cette situation n’est pas saine ».

 

Heritage Livestock Canada sefforce de préserver les races patrimoniales canadiennes avant quelles ne disparaissent PHOTO Heritage Livestock Canada Facebook

 

L’objectif, dit-il, est de « voir les animaux revenir en nombre suffisant pour que nous puissions nous détendre, fumer le bout d’un cigare et ne plus avoir à faire ce travail pour les maintenir en vie ». Beaucoup de personnes qui travaillent avec HLC sont des personnes âgées, et M. Quinn explique que certaines d’entre elles « ne sont tout simplement plus en mesure de s’occuper des animaux ». Il est difficile de trouver des personnes plus jeunes qui aient le temps et l’intérêt nécessaires pour reprendre ce travail, mais M. Quinn rappelle que « l’extinction est définitive » et qu’elle est irréversible.

Il souligne également que de nombreuses races animales font partie intégrante de l’histoire du Canada. Les protéger permet de préserver cette histoire.

Pour en savoir plus ou pour devenir membre, rendez-vous au heritagelivestockcanada.com.

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