The Gleaner
Nouvelles

Pression budgétaire dans le transport adapté : les athlètes de la région affectés

Les familles des personnes ayant une déficience intellectuelle ou physique dans le Haut-Saint-Laurent sont beaucoup plus souvent sur la route depuis les coupures dans le service de transport adapté offert par la MRC du Haut-Saint-Laurent, le 6 novembre dernier.

Les heures du service, qui propose le transport porte-à-porte en semaine aux résidents admissibles de la MRC et de Salaberry-de-Valleyfield, ont été réduites de deux heures et s’arrêtent maintenant à 17 h. Le transport vers Montréal, Châteauguay et Longueuil à des fins médicales a également été touché par ce changement.

« Je n’ai même pas été informée », déclare Marlene Harvey, directrice du Camp Soleil de Mélissa, un organisme sans but lucratif qui favorise la vie sociale et l’intégration des personnes ayant une déficience intellectuelle ou physique dans le Haut-Saint-Laurent, ainsi que de leurs familles. Selon elle, la réduction des heures de service n’aura pas d’impact significatif sur les services de jour du camp, mais les programmes de soirée pourraient être menacés. « Nous essayons de donner plus de répit aux parents, explique celle qui est également mère d’une athlète qui bénéficie actuellement du service. C’est très contraignant. Nous allons devoir modifier nos activités », déplore-t-elle.

Les changements augmenteront également la pression sur les familles des athlètes des Jeux olympiques spéciaux qui comptent sur le système de transport adapté pour se rendre aux sessions d’entraînement à Valleyfield. Mme Harvey explique qu’elle a pris connaissance des nouvelles heures après qu’un parent en a avisé un entraîneur des Jeux olympiques spéciaux. « Cela a un impact sur leur autonomie, explique-t-elle. Cela pourrait également limiter leur participation au programme des Jeux olympiques spéciaux ».

Mme Harvey indique que certains entraîneurs se sont inquiétés du fait que certains athlètes pourraient ne pas être en mesure de poursuivre le programme, car les frais de transport supplémentaires et le temps de déplacement seront très difficiles à assumer pour certains parents. Pour les athlètes qui vivent dans une résidence, le changement sera également très contraignant.

Mme Harvey devra maintenant reconduire sa fille Meghan Condie à Valleyfield plusieurs soirs par semaine. Mme Condie est une nageuse de compétition décorée qui participe également aux épreuves d’athlétisme aux Jeux olympiques spéciaux du Québec. Cet hiver, elle se rendra à Calgary pour participer à des épreuves de raquette aux Jeux olympiques spéciaux d’hiver du Canada. Selon Mme Harvey, il n’est tout simplement pas envisageable pour elle de manquer des séances d’entraînement.

Des coûts élevés et peu de soutien

La MRC du Haut-Saint-Laurent, qui coordonne les services de transport adapté de la région, explique que la décision a été motivée par des considérations budgétaires et un manque de soutien de la part du gouvernement.

Entre 2019 et 2022, les coûts d’exploitation du transport adapté ont doublé selon la MRC, passant de 338 893 $ à 675 922 $, entraînant un déficit cumulé de 161 193 $ en 2022. Sur ces coûts, le ministère des Transports du Québec a pris en charge 302 806 $, soit 44 % de la facture, tandis que la contribution du milieu s’élève à 56 %, soit 373 116 $. Le déficit prévu pour 2023 s’élève à 203 000 $.

La MRC a procédé à une analyse et a adopté plusieurs recommandations pour équilibrer le budget. Celles-ci comprennent une réduction des heures de service entre 7 heures et 17 heures, ainsi que des heures de desserte fixes vers Valleyfield, une limite de cinq voyages hors du territoire par an, et une limite au nombre de destinations hors-territoire desservies pour les personnes voyageant à des fins médicales.

Dans une déclaration transmise au Gleaner, la MRC indique qu’elle n’est pas seule à devoir intervenir du côté de l’offre pour équilibrer les budgets. Les subventions gouvernementales n’ont pas été indexées depuis 2019 dans le transport adapté, et le sous-financement est l’une des principales raisons pour lesquelles plusieurs organisations de transport sont confrontées à des situations déficitaires.

Latest stories

Des cyclistes s’aventurent sur les routes de la région

Départ de deux légendes

The Gleaner

Havelock s’apprête pour un scrutin cet automne

The Gleaner

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et la gestion de vos données par ce site.

RSS
Follow by Email
Facebook
Twitter
YouTube
LinkedIn
Instagram
WhatsApp