Les années 1980 ont été pour moi une période folle et effrénée. Je n’ai jamais caché au public que j’ai expérimenté la drogue et l’alcool pendant toutes ces années. Le fait que je sois encore en vie, en bonne santé et que je respire encore m’étonne toujours.
Quand j’ai découvert que j’étais enceinte, j’ai tout arrêté, y compris la cigarette, ce qui, soit dit en passant, a été le plus difficile pour moi. Depuis lors, c’est-à-dire depuis trente-huit ans, je bois un verre de vin avec mes repas et je fume un petit joint de temps en temps, et c’est là toute l’étendue de ma folie… à ce jour.
Lorsque j’ai rencontré Serge Fiori, nous avons écrit ensemble une chanson intitulée Shotgun, une analogie de ce que nous avions tous deux vécus pendant ces années incroyables. Les paroles que Serge a écrites pour Shotgun m’ont bouleversé. Il a écrit de la poésie, évoquant tant d’émotions que j’avais ressenties à l’époque, mais que je ne parvenais pas à décrire avec des mots. Je souhaite partager ces paroles avec vous. Peut-être que certains d’entre vous, qui avez vécu votre jeunesse dans les années 1970 et 1980, s’y reconnaîtront.
Shotgun
Auteur : S. Fiori; Compositeurs : S. Locat, N. Workman, S. Fiori
Y’a des jeux qui se jouent au fond de nous, des histoires de guerre à dormir debout,
Des parades militaires qui se dressent dans mon cou, qui se moquent de mes nerfs, se moquent de tout.
Mon cœur bat si vite, trop de sueurs sur mon front; c’est la résistance qui me quitte.
Je prends un somnifère comme on prend un avion, et voilà que tous mes sens prennent la fuite.
Allez vous battre vous-mêmes, allez faire ça tout seul, vous n’avez pas besoin de moi pour vous taper sur la gueule.
Allez faire ça entre vous, si le cœur vous en dit, si vous êtes assez fous pour vous arracher la vie.
Il y a toujours une guerre qui se joue en dedans ou en dehors de nous.
On cherche encore et pour toujours à qui donner la faute, même si l’on sait au fond de soi, que c’est ni un, ni l’autre…
Et ça recommence
Shotgun,
Défonce, empoisonne, enfonce, enfonce
Trahis, ta vie, choisis…
Y’a des champs de bataille dans nos esprits – des longues murailles sur nos lignes de vie;
Des fuites nucléaires dans nos pensées pour tout foutre en l’air, tout faire sauter.
Mes jambes marchent vite comme de mauvais espions, ça y’est, c’est la rage qui s’infiltre.
Je tire une autre ligne et je respire à fond, j’ai un arrière-goût de dynamite.
Allez vous battre vous-mêmes, allez faire ça tout seul, vous n’avez pas besoin de moi pour vous taper sur la gueule.
Allez faire ça entre vous, si le cœur vous en dit, si vous êtes assez fous pour vous arracher la vie.
Il y a toujours une guerre qui se joue en dedans ou en dehors de nous.
On cherche encore et pour toujours à qui donner la faute, même si l’on sait au fond de soi, que c’est ni un, ni l’autre…
Et ça recommence
Shotgun
Défonce, empoisonne, enfonce, enfonce.
Trahis, ta vie, choisis…

