J’étais à Paris depuis trois semaines lorsque j’ai reçu un appel téléphonique de Lee Hallyday, le frère de Johnny Hallyday, la plus grande star du rock en France et dans les pays francophones. On m’a demandé de revenir à Londres pour participer aux chœurs sur le nouvel album de Johnny et aider les autres choristes à prononcer le français. C’était vraiment un avantage d’être bilingue.
J’étais très enthousiaste car je sentais que c’était ma chance de retourner travailler en Angleterre. Une fois de retour à Londres, j’ai été ravie de revoir Doris Troy et Madeline Bell. Nous avons immédiatement commencé à enregistrer l’album Flagrant Délit de Johnny.
L’album a été rapidement complété aux Olympic Studios de Londres et Johnny nous a demandé si nous voulions retourner en France pour chanter les chœurs sur sa tournée. Il m’a aussi demandé si j’accepterais de faire la première partie pour son spectacle. J’ai tout de suite accepté, et j’étais consciente que la chance de faire la première partie de Johnny Hallyday serait un formidable tremplin pour moi en France.
Je suis donc retournée à Paris.
Le Palais des Sports a été l’un des premiers concerts que nous avons donnés à notre retour. La dernière fois que Johnny s’y était produit, c’est Jimi Hendrix qui avait assuré la première partie.
Johnny nous avait surnommées, Doris, Madeline et moi, « les Delta Ladies à la française ». Le groupe était composé de quelques-uns des meilleurs musiciens de l’époque : Tommy Brown, leader et batteur ; Micky Jones à la guitare (qui formera plus tard le groupe Foreigner) ; Gary Wright (ex Spooky Tooth) ; Pat Donalson, Jerry Donahue et Rolling Azoulay. Lorsque mon frère Billy a obtenu son diplôme de fin d’études secondaires et est venu me rendre visite à Paris, Johnny lui a demandé de rejoindre le groupe en tant que guitariste rythmique. Nous sommes devenus une famille et nous avons tourné pendant de nombreux mois à travers l’Europe, l’Afrique et Tahiti.
Pendant mon séjour en France, j’ai eu la chance de travailler avec de nombreux artistes français de renom, dont Michel Colombier, Eddie Vartan, Francis Lai et le producteur/réalisateur Claude Lelouch. J’ai enregistré plusieurs chansons pour des musiques de films et j’ai chanté sur des albums de Colombier et Francis Lai.
Nous avons cessé de tourner pendant un certain temps et j’ai eu le temps d’enregistrer un album en anglais et deux titres en français produits par Johnny pour sa maison de disque « H ». Les titres sont sortis pendant mon séjour en France, mais l’album n’a vu le jour qu’après mon retour au Québec.
J’ai continué à me produire avec Johnny et à faire la promotion de mes deux titres, dont l’un était un duo avec lui : Apprendre à Vivre Ensemble, la version française de Learning to Live Together de Joe Cocker. Le duo et l’autre titre, Fleur Deracinée, peuvent être visionnés sur YouTube.
Je suis retournée à Londres pour enregistrer l’album en anglais Grits and Cornbread, où j’ai eu l’immense chance de travailler une fois de plus avec des personnes exceptionnelles. Johnny avait engagé la crème des musiciens londoniens pour jouer sur mon album, et j’étais de retour aux Olympic Studios pour travailler avec Chris Kimsey, l’ingénieur du son des Rolling Stones, et Peter Frampton, Gary Wright, Andy Bown (The Herd), Bobby Keyes et Jim Price. J’ai composé quatre chansons de l’album moi-même ; les autres ont été composées par Peter Frampton, Andy Bown, Gary Wright et Keith Richards.
Je suis restée en Angleterre pendant un certain temps, puis je suis rentrée en France pour continuer à tourner avec Johnny. Peu de temps après, pour des raisons personnelles, j’ai décidé de quitter la France. Je ne peux pas entrer dans les détails intimes de ma vie dans cette chronique, mais toute l’histoire est racontée dans ma biographie personnelle, Rock et Romance.
Au cours des derniers mois passés à Paris, j’ai rencontré Angelo Finaldi et Richard Tate du groupe La Révolution Française. Ils étaient venus à Londres où on leur avait proposé de travailler avec Peter Grant, le gérant de Led Zepplin. Mais cela n’a pas fonctionné finalement, alors ils sont venus à Paris. Nous avons essayé de monter un groupe, mais ça n’a pas marché non plus, alors nous sommes rentrés tous les trois au Québec.

