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Un hélicoptère Black Hawk patrouille désormais à la frontière

Les résidents frontaliers de notre région paisible ont désormais pris l’habitude d’entendre le bruit percussif du nouvel hélicoptère Black Hawk de la Gendarmerie royale du Canada, qui survole régulièrement leurs maisons.

La GRC a déployé l’hélicoptère militaire le 17 janvier pour renforcer ses capacités de surveillance et d’intervention le long de la frontière, tout en luttant contre l’immigration clandestine et le trafic de stupéfiants.

« Nous voulons faire savoir aux Américains que nous prenons la situation très au sérieux », a déclaré le sergent Charles Poirier lors d’une conférence de presse tenue le 30 janvier à Saint-Antoine-Abbé, à quelques kilomètres seulement de ce qu’il a décrit comme un point névralgique de l’immigration clandestine.

« Nous sommes très sérieux quant à nos mesures, à notre présence et à nos interventions quotidiennes », a-t-il ajouté, soulignant que l’hélicoptère permet aux agents de réagir plus rapidement et avec plus de souplesse à toute situation le long de la frontière.

Le Black Hawk est l’un des deux hélicoptères loués jusqu’à la fin du mois de mars, au prix de 5,3 millions de dollars, auprès de la société Helicopter Transport Services, basée en Ontario. Un deuxième hélicoptère est actuellement en service au Manitoba.

M. Poirier a déclaré que, si les efforts canadiens en matière de sécurité font la différence ou pas face aux mesures tarifaires des États-Unis, les agents sur le terrain ont déjà remarqué une différence. Il explique que le Black Hawk permet à la GRC d’intervenir plus rapidement et de transporter des équipes d’un endroit à l’autre, une nouvelle capacité d’une grande utilité compte tenu de l’étendue du territoire. « Disons que si une intervention prend 30 minutes dans un véhicule ; nous pourrions être sur place en cinq minutes dans un Black Hawk.

 

 

L’hélicoptère, qui permet aux agents de descendre en rappel ou d’hélitreuiller des personnes selon les besoins, sera également utilisé pour aider les patrouilles au sol en identifiant les activités suspectes depuis le ciel.

Selon M. Poirier, cette nouvelle acquisition vient compléter la flotte existante de la GRC, qui comprend un hélicoptère plus petit, plusieurs drones, des véhicules de patrouille, des véhicules tout-terrain, des motoneiges et des véhicules amphibies. « Nous disposons également d’un appareil technologique complet à la frontière, comprenant des caméras, des capteurs et d’autres mécanismes de détection.

« Nous voulons rassurer les gens »

En plus de communiquer un message aux États-Unis sur la sécurité de la frontière canado-américaine, M. Poirier a laissé entendre que la GRC souhaitait également informer la population locale de la présence des hélicoptères. « Ils sont imposants. Ils ont des allures militaires et les gens qui vivent le long de la frontière les verront régulièrement. Ils volent parfois très bas et font beaucoup de bruit, reconnaît-il. Nous voulons rassurer les gens qui vivent le long de la frontière en leur disant que c’est nous et qu’il n’y a rien d’inhabituel.

M. Poirier a également souligné que, dans le contexte de la collision aérienne mortelle entre un hélicoptère Black Hawk et un avion d’American Airlines à Washington DC le 29 janvier, la GRC n’aurait pas acquis les hélicoptères s’ils représentaient un danger pour la sécurité publique.

Les survols des Black Hawks ont fait l’objet de vives discussions parmi les habitants de la région, qui ont été nombreux à se dire alarmés, ou aux mieux déconcertés, par leur présence.

« Ils sont passés trois fois au-dessus de ma maison, directement par-dessus du toit, a déclaré une résidente de Hinchinbrooke. C’est bruyant, c’est envahissant et on a l’impression que notre petite frontière paisible est devenue autre chose du jour au lendemain », a-t-elle ajouté, notant que la GRC avait déjà installé des caméras au bout de son chemin. « J’ai l’impression d’être surveillée en permanence », a-t-elle déclaré.

« Nous comprenons que cela peut représenter des désagréments », a déclaré M. Poirier, qui a précisé que tout problème lié aux hélicoptères et aux patrouilles frontalières accrues peut être signalé à la GRC et que des efforts seront faits pour répondre aux préoccupations des résidents.

 

La GRC a présenté son nouvel hélicoptère Black Hawk pour la région du Québec lors dune conférence de presse tenue le 30 janvier à Saint Antoine Abbé Lhélicoptère sera utilisé dans le cadre des patrouilles frontalières régulières dans la région jusquau 31 mars au moins PHOTO Sarah Rennie

 

« Une chose doit être claire : nous ne patrouillons pas la frontière au hasard. Chaque patrouille que nous effectuons est basée sur le renseignement. Elle est ciblée », a déclaré M. Poirier, précisant que les agents concentrent généralement leurs efforts sur un point chaud ou une zone problématique où ils peuvent travailler au sein de la communauté.

« L’aide locale est essentielle à notre mandat, a-t-il ajouté. Nous ne pouvons pas être partout à la fois. Nous travaillons très bien avec le public, et nous sommes conscients des désagréments liés au fait que des gens traversent sur leur propriété », a-t-il poursuivi, notant que tout ce qui sort de l’ordinaire, « qu’il s’agisse d’un individu, de plusieurs individus, d’un véhicule, ou même d’un simple sac à dos sur leur propriété », peut être signalé à la GRC et un agent sera dépêché sur place pour enquêter.

La situation est sous contrôle

Selon M. Poirier, les hélicoptères seront principalement utilisés pour le suivi des renseignements reçus, où les agents peuvent signaler une position depuis les airs à ceux qui sont au sol, afin qu’ils puissent mieux concentrer leurs patrouilles. Si un individu a franchi la frontière et n’a pas été localisé dans un certain délai, l’hélicoptère peut également être déployé pour une opération de « recherche et collecte ».

Un producteur de sirop d’érable d’Hemmingford affirme qu’il trouve régulièrement des vêtements et des traces dans son érablière située le long de la frontière. Il a observé que depuis que les hélicoptères ont commencé à voler au-dessus de sa tête, il y a très peu de traces de personnes se déplaçant dans la forêt. Il se souvient s’être senti un peu nerveux il y a quelques jours, après que l’hélicoptère ait tracé des cercles au-dessus de sa tête à plusieurs reprises alors qu’il entaillé des érables pour la saison des sucres à venir.

 

PHOTO Sarah Rennie

 

M. Poirier a réaffirmé que la situation le long de la frontière était sous contrôle, notant que les mouvements de migrants vers le sud et vers le nord étaient relativement calmes pour le moment. « Les chiffres sont très bas », a-t-il confirmé, tout en soulignant que la GRC se concentre sur les réseaux de passeurs opérant dans la région.

« Au cours des douze derniers mois, la GRC a mené plusieurs enquêtes sur les réseaux de passeurs. Un certain nombre d’accusations ont été portées contre certains de ces passeurs et, à l’heure actuelle, les procureurs étudient un certain nombre de dossiers concernant les réseaux de passage de clandestins », a-t-il déclaré.

M. Poirier a également répondu aux inquiétudes des Américains concernant le trafic de fentanyl à travers la frontière. « Moins d’un pour cent du fentanyl que l’on trouve actuellement dans les rues des États-Unis provient du Canada. Au cours des 12 derniers mois, rien qu’au Québec, nous n’avons vu aucun fentanyl destiné au marché américain », a-t-il confirmé.

M. Poirier a réitéré l’importance d’envoyer un message fort aux Américains, à savoir que la sécurité frontalière est prise très au sérieux par la GRC, mais il a ajouté qu’il était également important de se rappeler les faits.

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