Alain Caza, 62 ans, a comparu lundi 14 septembre au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield dans le dossier du décès de sa fille, Amanda Caza, 34 ans. L’homme, qui était initialement accusé de meurtre au deuxième degré, a plaidé coupable à une accusation réduite d’homicide involontaire relativement aux événements survenus le 15 mai 2024 à Ormstown.
Selon le journal La Presse, les faits présentés devant la cour indiquent qu’Alain Caza aurait d’abord étranglé sa fille jusqu’à ce qu’elle perde connaissance, avant de la poignarder à neuf reprises.
La réduction de l’accusation constitue une différence majeure sur le plan des conséquences judiciaires. Alors qu’une condamnation pour meurtre entraîne automatiquement une peine d’emprisonnement à perpétuité, l’entente présentée à la cour prévoit une peine de 14 ans de détention pour homicide involontaire.
Au lendemain des événements, Alain Caza avait lui-même communiqué avec le 911. « Ma fille m’a poignardé, je pense que je l’ai tuée, je ne me souviens de rien », avait-il déclaré aux policiers. Libéré sous conditions en 2024, il demeurera en liberté jusqu’au prononcé de sa peine.
Les éléments soumis au tribunal indiquent qu’Amanda Caza demandait régulièrement de l’argent à son père. Selon les déclarations faites par ce dernier aux ambulanciers, une dispute aurait éclaté entre eux le jour du drame.
Il aurait notamment expliqué avoir eu une « chicane avec sa fille à propos d’argent, que sa fille voulait des sous et que 2 000 $, c’était pas assez ».
Le 15 mai 2024, Alain Caza s’est donc rendu au domicile de sa fille à Ormstown. Les circonstances exactes ayant mené à l’agression demeurent toutefois difficiles à établir. Selon la version de l’accusé, Mme Caza l’aurait attaqué avec un couteau. L’homme présentait effectivement une blessure superficielle à l’abdomen, mesurant moins d’un centimètre.
Selon La Presse, l’autopsie a toutefois révélé que la victime avait d’abord été étranglée. La pathologiste a ensuite établi que Mme Caza avait été poignardée neuf fois alors qu’elle était toujours vivante. Elle était vraisemblablement inconsciente au moment des coups, puisqu’aucune plaie de défense n’a été constatée.
Toujours selon La Presse, deux psychiatres ont évalué Alain Caza et conclu qu’il souffrait, au moment des faits, d’anxiété ainsi que d’un trouble dépressif majeur accompagné d’anxiété. Il s’agit d’un trouble reconnu dans le DSM-5, ouvrage de référence en psychiatrie.
L’un des experts a également retenu l’hypothèse d’une « amnésie dissociative », ce qui pourrait expliquer les trous de mémoire rapportés par l’accusé concernant les événements.
Son état mental, combiné aux « abus » qu’il affirme avoir subis de la part de sa fille pendant plusieurs années et au fait qu’elle « manipulait » un couteau au moment de l’affrontement, ne permettrait pas d’établir l’intention nécessaire pour une accusation de meurtre.
La Couronne a ainsi reconnu que les conclusions des experts, jumelées à la version donnée par Alain Caza, auraient pu créer un doute raisonnable chez les jurés quant à son intention de commettre un meurtre. C’est dans ce contexte que l’accusation a été réduite à celle d’homicide involontaire.
Les proches d’Amanda Caza doivent maintenant être entendus le 24 septembre prochain, lors des représentations sur la peine. La victime était elle-même mère d’une jeune fille.

