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Un projet immobilier au Canton de Hemmingford suscite un tollé général

Il n’y avait plus une seule place assise, tant plus de 200 personnes s’étaient pressées à la réunion mensuelle du conseil municipal du Canton de Hemmingford, le 6 juillet.

Le lieu de la réunion a dû être modifié pour accueillir cette foule après que des informations ont commencé à circuler concernant un éventuel projet de lotissement de 650 logements qui prendrait forme sur un terrain rattaché au parcours de golf.

Les habitants ont exprimé leur frustration et leur colère en apprenant que des modifications réglementaires majeures étaient déjà en cours afin d’ouvrir la voie à ce projet immobilier, sans consultation publique significative. De sérieuses inquiétudes ont été soulevées parmi les personnes présentes quant au manque de transparence perçu, ainsi qu’à l’ampleur et à la rapidité du projet, et à son impact potentiel sur la communauté.

Pour la résidente d’Hemmingford, Evelyne Bouchard, il sera difficile d’annuler le processus réglementaire que la municipalité a entamé depuis déjà un an.

Le conseil municipal avait adopté une résolution visant à demander à la MRC des Jardins-de-Napierville de modifier son plan d’aménagement du territoire, à la suite d’une demande des propriétaires du club de golf visant à autoriser la construction de 647 logements, d’un nouveau centre commercial ainsi que d’installations institutionnels et sportifs.

« Cette résolution n’a fait l’objet d’aucune consultation publique, alors qu’elle représente un changement majeur qui aura des répercussions sur l’eau, la circulation, les services, les infrastructures et le caractère rural de la commune », a déclaré Mme Bouchard.

Feu vert de la MRC

Le 13 mai, la MRC a adopté un règlement contenant la modification de zonage proposée portant sur 56,4 hectares à usage résidentiel, avec une densité cible de 17 logements par hectare d’ici 2041. Ces modifications ont été adoptées à l’issue d’une période de consultation publique de 15 minutes qui s’est déroulée le 14 janvier.

La directrice générale du Canton de Hemmingford, Mylène Vincent, a confirmé qu’au 8 juillet, la municipalité n’avait pas reçu notification de l’approbation du règlement de la MRC par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation.

Une fois le règlement certifié, la municipalité disposera de six mois pour harmoniser son schéma d’aménagement ; toutefois, Mme Vincent insiste sur le fait que la municipalité peut toujours adopter des règlements plus restrictifs que ceux prévus dans le nouveau cadre.

Lorsqu’on lui a demandé si les modifications réglementaires seraient présentées aux citoyens dans le cadre d’une consultation publique avant que des décisions irréversibles ne soient prises, le maire Lucien Bouchard a répondu que des consultations auraient lieu une fois que le règlement municipal aurait reçu l’approbation du ministère.

« Disposer de 650 logements et accueillir 1 300 habitants supplémentaires sur 20 ans – je ne pense pas que ce soit une mauvaise affaire, a déclaré M. Bouchard. Il s’agit simplement de redynamiser notre communauté. C’est pourquoi le conseil a demandé à la MRC de modifier le schéma d’aménagement du territoire ».

M. Bouchard a expliqué que la municipalité avait également adopté un règlement exigeant la conclusion d’un accord entre les promoteurs et le canton d’Hemmingford concernant la réalisation des infrastructures et des travaux publics « avant que de nouveaux permis de construire, plans d’implantation et certificats d’autorisation ou d’occupation ne soient délivrés », a-t-il précisé.

Ce règlement comprend une clause stipulant que le conseil municipal se réserve le pouvoir discrétionnaire de conclure ou non un accord, en fonction de l’intérêt public et de l’aménagement du territoire. « Je pense qu’en tant que conseil, nous devons œuvrer pour soutenir les entreprises ou en attirer de nouvelles. Je pense que c’est ce que nous avons fait », a-t-il ajouté, avant de promettre que le promoteur serait invité à présenter son projet et que des consultations auraient lieu.

Le soutien du conseil n’est pas unanime

Parmi les conseillers présents, notamment Justin Petch, Deborah Beattie, Réal Daigle, Julie Bergeron et Jennifer Levie, tous sauf un ont défendu le projet résidentiel, invoquant la nécessité d’un développement et d’un plus grand choix de logements au sein de la commune.

 

Un projet résidentiel de 650 logements suscite des inquiétudes dans la municipalité du Canton de Hemmingford Des pancartes dénonçant ce projet immobilier ont été installées sur les terrains situées le long de la route principale menant au village PHOTO Sarah Rennie

 

M. Petch s’est prononcé contre le projet, soulignant qu’il avait été élu en novembre, alors que les premières démarches visant à modifier le zonage étaient déjà en cours. « Je ne suis pas contre le développement. Pas du tout, a-t-il déclaré. Nous savons qu’il y a une pénurie de logements et que nous avons besoin de maisons, mais je m’oppose totalement à la densité proposée pour ce projet, ainsi qu’au fait qu’il créerait en substance un autre village de la même taille que celui qui existe déjà », a-t-il expliqué, sous les applaudissements nourris de l’assemblée.

À l’issue de la réunion, Mme Vincent a confirmé que, bien qu’un projet hypothétique ait été présenté au conseil municipal et à la MRC, le projet tel que proposé par le promoteur n’avait pas été adopté.

« Nous devons en discuter »

Pour Evelyne Bouchard, la prochaine étape pour le canton devrait consister à prendre du recul et à suspendre la procédure réglementaire avant qu’elle n’aille plus loin.

« Ce qui manque dans tout cela, c’est simplement un véritable plan d’aménagement stratégique élaboré en concertation, indépendamment de ce projet, a-t-elle déclaré. Il faudrait une feuille de route décrivant à quoi ressemblerait un avenir serein pour Hemmingford », a-t-elle ajouté, tout en insistant que cette discussion devrait s’étendre bien au-delà de la table du conseil.

« Ce n’est pas une décision qui revient à six personnes, s’est-elle exclamée. C’est une question vraiment complexe, qui mérite donc du temps et un processus. Car sinon, si cela se résume à un oui ou un non à la proposition d’un promoteur spécifique, c’est une occasion manquée d’avoir cette discussion plus large ».

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