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Une architecte de Hemmingford joue un rôle actif dans la conception de maisons passives

Evelyne Bouchard, de Hemmingford, raconte que lorsqu’elle dit aux gens qu’elle se spécialise dans la conception de maisons passives, ils pensent souvent qu’elle « crée des maisons écologiques au style des années 1970 ». Cependant, la norme Maison Passive actuelle fait en réalité référence à une norme internationale de rendement énergétique. Établie en 1991, cette norme (également connue sous le nom de Passivhaus) peut être appliquée à tous types de bâtiments, qu’il s’agisse de maisons ou de bâtiments commerciaux et institutionnels, et demeure le modèle le plus écoénergétique au monde.

Mme Bouchard explique que la base de la conception d’une maison passive implique la maximisation de l’efficacité, et ce, en minimisant la perte de chaleur, transformant « l’enveloppe du bâtiment en un genre de thermos ». Ce résultat est obtenu grâce à une isolation continue, une meilleure étanchéité à l’air, des fenêtres à triple vitrage et un système de ventilation avec récupération de chaleur. Tous ces éléments peuvent réduire la consommation d’énergie liée au chauffage et à la climatisation de 75 à 90 %. Cette efficacité permet non seulement de préserver les ressources, mais aussi de créer un espace de vie « vraiment confortable », précise-t-elle.

 

Evelyne Bouchard et sa famille ont emménagé dans leur maison passive à la fin de l’année 2021, après que l’architecte ait combiné ses connaissances et sa vision avec le travail des entreprises de construction locales. PHOTO par Evelyne Bouchard

 

Mme Bouchard et sa famille ont emménagé dans leur propre maison passive au début de l’hiver dernier ; cette dernière a été conçue et coordonnée par Mme Bouchard elle-même, évidemment. Elle décrit un mois de janvier confortable passé en bras de chemise, leur trio de chats se prélassant au soleil, sans que le système de chauffage de la maison ne se mette en marche, et ce, malgré les températures extérieures glaciales.

Les principes de la maison passive peuvent également être appliqués à la rénovation de bâtiments existants. Mme Bouchard explique que le respect d’une « séquence logique » est particulièrement important si l’on prévoit étaler les rénovations sur une longue période. Par exemple, la première étape pourrait être l’installation d’un système de ventilation avec récupération de chaleur (si le bâtiment n’en est pas déjà équipé), puis l’amélioration de l’étanchéité de l’enveloppe du bâtiment, et enfin l’ajout d’une isolation. En effectuant les travaux dans cet ordre garantit une bonne qualité de l’air intérieur et réduit le risque de formation de moisissures et de condensation dans les murs et au grenier. Le remplacement des fenêtres peut également améliorer considérablement le rendement énergétique ainsi que le confort : « Les fenêtres sont le maillon le plus faible », dit Mme Bouchard.

Que le propriétaire adopte une approche intensive ou progressive, les avantages restent les mêmes. La conception d’une maison passive « est liée à l’action climatique de deux façons », souligne Mme Bouchard. La première est l’atténuation, c’est-à-dire la réduction de l’impact environnemental du bâtiment grâce à une baisse drastique de l’énergie utilisée pour le chauffage et la climatisation. La seconde est l’adaptation, puisqu’une maison qui nécessite moins d’intrants (de ressources) est plus résiliente. « C’est rassurant de penser que l’on peut traverser un événement comme la tempête de verglas [de 1998] » avec beaucoup moins de difficultés, affirme-t-elle, ayant enduré cet événement alors qu’elle était au secondaire.

Des études valorisantes

Après avoir fréquenté l’École secondaire Chateauguay Valley Regional (CVR) et le Collège Dawson, Mme Bouchard a obtenu une maîtrise en architecture de l’Université McGill, puis s’est installée en Colombie-Britannique avec son partenaire d’alors, Jeff Turner, qui, plus tard, est devenu son mari. Alors qu’elle travaillait pour une firme d’architecture à Vancouver, où elle dit avoir fait « des choses banales », elle s’est inscrite à un cours du soir sur la conception et la construction de maisons passives à l’Université de la Colombie-Britannique, où elle dit avoir « vraiment eu de la chance ». Selon elle, ces études avec le Dr Guido Wimmers, qui est une autorité internationale en matière de conception de maisons passives, et qui a travaillé sur le pavillon autrichien des Jeux olympiques de 2010 (le premier bâtiment certifié Passivhaus au Canada), « ont permis d’approfondir beaucoup de choses [qu’elle] n’avait pas apprises à l’université ».

 

Evelyne Bouchard d’Hemmingford a lancé son propre bureau d’architecture, en 2017. PHOTO courtoisie d’Evelyne Bouchard

 

Après être revenue dans la région en 2017, avec un nouveau-né dans les bras, Mme Bouchard a lancé son propre bureau d’architecture, Tandem Architecture Écologique. En plus de gérer les projets de son cabinet, Mme Bouchard est vice-présidente du conseil d’administration de Maison Passive Canada et chargée de cours à l’École d’architecture Peter Guo-hua Fu de l’Université McGill. Elle est également instructrice chez Maison Passive Canada.

Des projets réalisables

Au Québec, travailler dans ce domaine comporte son lot de défis. Le faible coût de l’électricité fait que les propriétaires ne ressentent pas forcément l’urgence de moderniser leurs bâtiments ou leurs systèmes, et le concept de maison passive est relativement nouveau ici. Le manque de connaissances du public à ce sujet fait que certaines personnes le rejettent d’emblée en le jugeant inadéquat. « J’aimerais [aider les gens à] démystifier le tout, affirme Mme Bouchard. Ce n’est pas aussi ésotérique que les gens le pensent ».

La construction de sa propre maison a été encourageante dans la mesure où elle a confirmé que les projets de maisons passives sont réalisables ici, dans la région, « si vous trouvez une [équipe de construction] qui a la bonne mentalité ». Selon elle, l’excellent travail réalisé par les entreprises Myden Inc. et JCD Construction, basées à Hemmingford, et l’isolation en cellulose installée par Isolation TK, basée à Howick, sont un « bon exemple d’entrepreneurs locaux ayant relevé le défi posé par un projet inhabituel ».

Au fil de l’évolution des connaissances sur la conception des maisons passives, les principes de « priorité à l’efficacité » de cette dernière deviendront sans doute beaucoup moins inusités dans la région et au-delà. Les personnes souhaitant en savoir plus sur cette approche peuvent consulter le www.passivehousecanada.com/fr/ ou le www.tandemarch.ca/.

 

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