The Gleaner
Agriculture

Une démarche québécoise aide les agriculteurs à s’adapter aux changements climatiques

Les changements climatiques vécus par les producteurs sont une source de stress partout dans la région.  Agriclimat est une démarche initiée par des producteurs québécois fondé en 2017 qui a pour mission, selon son site Web, de « donner aux producteurs agricoles les outils nécessaires pour lutter efficacement contre les changements climatiques à l’échelle individuelle et collective ».
Depuis 2021, l’organisme se concentre à la fois sur l’adaptation aux changements climatiques et sur la réduction des répercussions de l’agriculture sur le climat.

Ian Ward, des Jardins Glenelm, une ferme maraîchère biologique située à Elgin, siège depuis 2017 au comité consultatif d’Agriclimat en tant que représentant du Syndicat de l’UPA du Haut-Saint-Laurent. Fort de son expérience dans le domaine du développement durable et de l’écoconseil auprès d’entreprises, son expertise s’avère précieuse pour faire face aux réalités actuelles des agriculteurs et répondre à leurs besoins.

M. Ward explique qu’un des objectifs d’Agriclimat est de créer un plan d’adaptation pour aider les agriculteurs. Ces plans sont spécifiques à la région dans laquelle se trouve l’agriculteur et au type d’exploitation qu’il possède. « C’est vraiment inspirant de voir le point de rencontre entre l’agriculture, son incidence, les solutions possibles et les corrections potentielles, non seulement pour les pratiques agricoles, mais aussi pour l’agriculture en tant que partie intégrante de la solution aux changements climatiques », dit-il. Agriclimat tenait à ce que chaque secteur de production soit représenté parmi les membres de son comité consultatif afin d’avoir une description précise des conséquences des changements climatiques sur chacun.

L’organisation a présenté ses prévisions climatiques pour 2035 et 2050, et a demandé comment elles affecteraient les agriculteurs. « Si le climat se réchauffe et devient plus sec, les plantes seront soumises à un stress accru. Je vais avoir plus de mal à cultiver des laitues. Elles vont fleurir au lieu de simplement produire des feuilles, et la laitue deviendra amère et invendable à ce stade. Il en va de même pour le bok choy et pour une multitude de plantes que nous cultivons régulièrement, car nous sommes habitués à un climat tempéré », a expliqué M. Ward. Les conditions météorologiques de cet été étaient semblables aux prévisions pour 2035.

 

Ian Ward producteur maraîcher biologique a participé à un comité consultatif Agriclimat afin daider à prévoir limpact du changement climatique sur différents secteurs agricoles dans les années à venir PHOTO Courtoisie de Ian Ward

 

L’un des défis auxquels les maraîchers pourraient être confrontés dans un avenir proche est celui de l’eau. De nombreuses exploitations agricoles dépendent actuellement de l’irrigation pour arroser leurs cultures pendant les mois secs de l’été, en particulier après l’été qui vient de passer. Cela dit, M. Ward explique que l’irrigation, combinée à des saisons printanières et automnales humides, signifie que la saison de croissance des légumes sera prolongée. Bien que cela semble formidable en théorie, ce n’est pas efficace, en particulier pendant les saisons plus humides, où le fait d’essayer de planter dans des flaques d’eau peut endommager le sol.

M. Ward indique que lors des discussions au sein du comité, il a été question de ce qu’il faudrait faire si les saisons étaient plus longues et qu’il était possible de cultiver des variétés ayant une saison plus longue. « Tout le monde autour de la table disait : «Non, vous savez quoi ? Nous allons plutôt semer une culture de couverture «. Nous allons nous assurer que notre sol est protégé et renforcer sa résilience face aux répercussions que nous allons subir ». Il a été surpris de voir tout le monde s’entendre sur l’idée qu’à l’heure actuelle, il est plus important de protéger le sol de manière préventive que d’essayer de cultiver une autre culture.

« [Grâce au projet], nous avons pu refléter l’expérience des agriculteurs dans la politique en cours d’élaboration, notamment en ce qui concerne les plans d’adaptation. C’est pourquoi nous avons été sollicités, afin d’éclairer la politique sur l’élaboration de ces plans d’adaptation », explique M. Ward. Le site Web Agriclimat (agriclimat.ca) contient beaucoup d’informations sur les différents plans d’adaptation par section et par région. Il propose également des fiches d’information sur les changements climatiques et des renseignements supplémentaires sur les démarches entreprises pour aider les agriculteurs du Québec.

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