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Une deuxième journée de grève pour les travailleurs syndiqués des CPE

Des travailleurs syndiqués de plusieurs garderies ont bravé le froid et débrayé pour la deuxième fois, le 6 février dernier, les négociations contractuelles avec le gouvernement provincial étant restées dans l’impasse à la suite du déclenchement de la grève, une semaine plus tôt.

Les éducatrices du centre de la petite enfance (CPE) Kaléidoscope, à Hinchinbrooke, ont manifesté, de concert avec environ 12 000 autres membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), affiliée à la CSN, pour réclamer des salaires respectables, des charges de travail raisonnables et davantage de soutien pour les enfants ayant des besoins particuliers.

Les travailleurs de 51 CPE à travers la Montérégie ont pris part aux manifestations à l’un des six lieux de grève. L’équipe du CPE de Hinchinbrooke s’est jointe aux travailleurs de Salaberry-de-Valleyfield, de Vaudreuil-Soulanges et du Haut-Saint-Laurent lors d’un rassemblement à Châteauguay.

Le gouvernement provincial propose actuellement une augmentation salariale de 12,5 % sur cinq ans, bien qu’il ait conclu des accords à un taux plus élevé avec trois autres syndicats représentant les travailleurs. Les négociations durent depuis huit mois. Selon le syndicat, si rien ne bouge à la table des négociations, la troisième des cinq journées de grève possibles aura lieu le 17 février.

Mélanie Bouchard, vice-présidente régionale de la FSSS en Montérégie, affirme qu’il est de plus en plus difficile de recruter du personnel dans les conditions actuelles. Sylvie Brunet, représentante syndicale chez Kaléidoscope, ajoute que les problèmes de recrutement et de personnel sont encore plus pressants dans les garderies en milieu rural.

 

Les éducateurs et éducatrices de la petite enfance du CPE Kaléidoscope à Hinchinbrooke ont débrayé pour une deuxième fois le 6 février dernier afin de protester contre lenlisement des négociations contractuelles avec le gouvernement provincial PHOTO Gracieuseté de Wanda Helm

 

Selon Mme Brunet, il est particulièrement difficile de trouver du personnel qualifié, car de nombreuses personnes se tournent vers des postes mieux rémunérés et trouvent un emploi dans les écoles. « Nous sommes le diplôme d’études collégiales le moins bien rémunéré au Québec », déplore-t-elle, tout en laissant entendre que le salaire de départ d’un CPE n’est pas concurrentiel.

« Les candidats ne sont pas nombreux à se présenter », explique Mme Brunet, qui souligne que les CV se font rares et que, souvent, les candidats n’ont pas le niveau de formation adéquat. Cela ajoute à la charge de travail, car les nouveaux employés peuvent avoir besoin d’être suivis ou encadrés par du personnel plus qualifié.

« C’est un travail formidable, mais actuellement, ce n’est pas le fait de travailler avec les enfants qui est le plus difficile, mais plutôt tout ce qui entoure le travail, tout ce qui est exigé et toute la paperasse », explique Mme Brunet.

Les deux parties devraient se rencontrer dans le cadre d’au moins deux journées de négociation avant la grève du 17 février. Mme Brunet espère qu’un accord sera bientôt conclu avec le gouvernement. « D’après ce que j’ai compris, ils ne font que traîner un peu les pieds », a déclaré Mme Brunet.

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