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Une interview exclusive avec Nanette Workman : La célèbre chanteuse deviendra chroniqueuse au Gleaner dès janvier 2024

Marie Rachel Charlebois
Collaboration spéciale

Après près de quatre ans de silence suite à son retrait soudain de la scène publique, Nanette Workman, la chanteuse emblématique, a accepté d’accorder au Gleaner une interview intime et exclusive dans le cadre d’une collaboration spéciale.

Pour la plupart d’entre vous, Nanette Workman n’a plus besoin d’être présentée ; mais pour ceux qui ne la connaissent pas, on peut dire qu’elle a été l’une des premières artistes musicales québécoises à percer sur la scène internationale. Elle est reconnue comme auteure-compositrice, auteure et actrice, mais elle est avant tout une chanteuse d’exception qui a marqué la scène musicale québécoise de sa voix unique.

Née aux États-Unis de grands-parents autochtones, elle a grandi àJackson, dans le Mississippi, auprès de parents musiciens. Elle possède la double nationalité canado-américaine et a vécu au Québec pendant la majeure partie de sa carrière.

L’histoire d’amour entre les Québécois et Mme Workman commence véritablement en 1966 lorsqu’elle enregistre son premier album en français, Et Maintenant. Non seulement l’album arrive au numéro un au Québec, mais il reste au palmarès pendant quinze semaines. Au moment où elle quitte la province en 1969 pour poursuivre sa carrière en Angleterre, elle est déjà une artiste canadienne de premier plan ainsi qu’une vedette de la télévision, grâce notamment à ses trois albums.

Mme Workman a un palmarès extrêmement impressionnant en tant que collaboratrice d’un grand nombre d’artistes musicaux de premier plan. Par exemple, elle a collaboré avec les Rolling Stones, participant aux chœurs sur des chansons légendaires telles que You Can’t Always Get What You Want et Honky Tonk Woman. Elle a également travaillé avec Elton John, a participé à divers projets avec les Beatles et a travaillé individuellement avec John Lennon, Ringo Starr et George Harrison. Elle a enregistré un album comprenant des collaborations avec Peter Frampton et Johnny Hallyday ; elle a ensuite interprété le rôle principal de Sadia dans l’opéra rock Starmania et celui de La Diva dans La Légende de Jimmy, l’histoire de la vie de l’acteur James Dean.

 

PHOTO gracieuseté de Nanette Workman

 

De 1979 à 2006, elle a obtenu 20 nominations et reçu trois Félix au gala de l’ADISQ. En 2000, elle a été intronisée au Mississippi Musicians Hall of Fame, un honneur qui lui tenait particulièrement à cœur puisque ses parents, très fiers, étaient sur place pour le partager avec elle.

C’est avec un réel amour pour la communauté de la vallée de Châteauguay que cette artiste à la carrière et à la personnalité exceptionnelles a accepté d’accorder au Gleaner cette interview exclusive.

Marie Rachel Charlebois : Cela fait un moment que l’on n’a pas entendu parler de vous, et je pense que tout le monde veut savoir – comment allez-vous, et que faites-vous ?

Nanette Workman : J’ai travaillé dans le monde de la musique depuis l’âge de 18 ans, et je pense que j’ai fait tout ce que j’ai pu, que j’ai donné autant que j’ai pu, et que je suis allée aussi loin que j’ai pu dans ma carrière. Ma vie est calme et simple maintenant que j’ai arrêté de travailler, et je m’en réjouis. Je m’occupe de ma maison et de mes animaux et je passe du temps avec des amis proches. Je n’avais pas beaucoup d’occasions de faire cela lorsque je travaillais tout le temps, d’apprécier vraiment une vie simple avec très peu de stress.

MRC : Racontez-nous un peu ce qui vous a poussé à vous retirer du monde du spectacle en tant qu’artiste et interprète.

NW : En novembre 2019, je donnais un concert avec mon bon ami Carl Tremblay dans un club local. Le club était petit et plein à craquer. Le groupe et moi étions serrés dans un petit coin avec tout l’équipement. On peut dire que c’était un spectacle « serré » ! Quelques jours plus tard, j’ai attrapé un virus et j’ai été très malade pendant quelques semaines. Quelques mois plus tard, à l’annonce de la pandémie COVID-19, je me suis rendu compte que j’avais bien contracté la COVID car tous les symptômes étaient identiques.

Après mon dernier concert avec Martin Deschamps [le] 8 mars 2020, tout a commencé à fermer : les salles de concert, les clubs, les restos-bars, etc. Il n’y avait plus de concerts, plus de travail.

Il ne m’a pas fallu longtemps pour me rendre compte que j’appréciais de ne pas avoir à partir sur la route et à me produire. J’ai décidé de rester à la maison, de m’occuper de ma petite ferme, de mes animaux, et de profiter de ma vie de paix et de tranquillité. J’ai maintenant beaucoup de temps pour faire de nouvelles découvertes et vivre de nouvelles aventures.

De nouvelles aventures… avec Le Gleaner !

MRC : A partir de janvier prochain, vous nous ferez l’honneur de rejoindre l’équipe de rédaction du Gleaner ! Racontez-nous la genèse de cette collaboration.

NW : Roch Saumure, mon ami et gérant depuis de nombreuses années, m’a appelé pour me dire que vous m’aviez contacté pour savoir si j’aimerais rédiger une chronique pour les lecteurs du Gleaner. J’aime les défis ! J’ai pensé que cela pourrait être très amusant !

J’achète souvent le Gleaner et j’aime beaucoup lire les nouvelles et les événements locaux. Je vis à Ormstown depuis 1977 et je m’y suis toujours sentie chez moi. Cette opportunité me permettra également de communiquer directement avec mes fans francophones et anglophones dans la région.

Je viens d’avoir 78 ans et j’ai encore toutes mes facultés. Je crois qu’il n’est jamais trop tard pour avoir une aventure dans la vie. La décision a été facile à prendre… « Oui » !

MRC : Que pensez-vous de cette nouvelle collaboration passionnante, et sur quoi allez-vous écrire ?

NW : J’ai maintenant beaucoup de temps pour de nouvelles découvertes et de nouvelles expériences. Sur quoi vais-je écrire ? Eh bien… ne pensez-vous pas qu’il est toujours agréable d’être surpris ?

Pour me donner de l’inspiration pour ma chronique, qui sera publiée dès le premier numéro de janvier 2024 du Gleaner, je vais solliciter ceux qui le lisent ! Je sais qu’écrire pour le Gleaner sera amusant, et j’apprendrai à mieux connaître les gens qui habitent la région. Pour être vraiment proche de la communauté, j’invite les lecteurs à m’écrire à l’adresse Nanette@the-gleaner.com, afin que je puisse répondre à certaines de vos questions.

 

PHOTO Chantal Hortop

 

MRC : Puisque tu t’ouvriras bientôt dans ta chronique aux lecteurs du Gleaner, Allons-y avec quelques questions plus personnelles en rafale. Quel est l’album de musique qui est significatif pour vous, et pourquoi ?

NW : Changement d’Adresse, un album que nous avons commencé à enregistrer pendant l’hiver 1986 et qui a pris trois ans à terminer. J’ai eu la chance incroyable et l’extrême privilège de travailler avec le génie musical Serge Fiori pour créer cet album extraordinaire que j’écoute souvent. Chaque chanson de cet album a une importance personnelle très particulière pour moi ; j’étais enceinte de mon fils, Jesse, lorsque nous avons commencé l’enregistrement … Ce fut une montagne russe émotionnelle pour moi pendant ces années.

MRC : Quel est le souvenir le plus drôle ou le plus marquant de votre carrière ?

NW : Lorsque j’enregistrais les chœurs pour Honky Tonk Woman, je me souviens d’avoir regardé dans la salle de contrôle et d’avoir vu Keith Richards sur la chaise derrière la console ; il se reposait les yeux fermés. Je me souviens m’être dit : « Le pauvre, il ne dort jamais ».

MRC : Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fier ?

NW : La conception de Changement d’Adresse correspond aussi à celle de mon fils, Jesse Alexandre. Pendant ma grossesse, il a été une douce motivation et une inspiration inépuisable. J’ai réalisé durant cette période que de créer est le plus grand cadeau que nous possédons.

Un sage que j’admire beaucoup a déjà dit « La création est l’acte de transformer l’amour de notre être dans une forme de vie unique et totalement libre et qui vivra pour toujours ».

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