The Gleaner
Art de vivreArt de vivre

Une vétérinaire de la région rend plus digne l’euthanasie d’animaux de compagnie

La Dre Céline Leheurteux pratique la médecine vétérinaire en Montérégie depuis un peu plus de deux décennies. Elle a toujours rêvé d’être vétérinaire et cite cette profession comme étant sa vocation. Bien qu’elle exerce toujours ses fonctions, elle est également une entrepreneure ; en 2016, elle a lancé Euthabag, un moyen respectueux et écologique de remplacer les sacs poubelles en plastique qui sont utilisés pour le transport, l’incinération ou l’enterrement d’animaux de compagnie bien-aimés suite à leur euthanasie.

L’idée d’Euthabag est apparue à Mme Leheurteux après avoir passé plusieurs années à se heurter à de nombreux aspects du processus d’euthanasie. Elle souligne qu’il s’agit d’une difficulté que rencontrent beaucoup de vétérinaires praticiens ; elle précise en effet qu’ils ne reçoivent pas de formation approfondie en matière d’euthanasie, et qu’il en est ainsi dans la plupart des cursus universitaires. En fait, lorsque Mme Leheurteux était aux études, on ne lui a pas enseigné comment euthanasier un animal ; elle a dû l’apprendre lors de l’exercice de ses fonctions. « À l’école de médecine vétérinaire, nous ne recevons aucune formation sur l’euthanasie, ni sur la façon d’euthanasier un animal, ni sur les mots à utiliser, ni sur la façon de faire preuve d’empathie, ni sur la façon de parler aux propriétaires d’animaux. J’ai donc dû me débrouiller seule. J’ai beaucoup souffert, car je n’avais pas de “boîte à outils” dans laquelle puiser », dit-elle.

Cependant, même après des années de pratique, elle se sentait toujours aussi mal à l’aise par rapport à certains éléments du processus : « Je ne me sentais toujours pas bien avec le fait que la seule option que j’avais après l’euthanasie [d’un animal] soit un sac poubelle. C’était si honteux et en plus d’aller à l’encontre de mes valeurs ». Mme Leheurteux a donc décidé de vérifier s’il existait une sorte de « sac mortuaire » pour animaux de compagnie qu’elle pourrait utiliser et a découvert qu’un tel produit n’existait pas.

Surprise par cette constatation, elle a passé quelques jours à se questionner sur la nécessité de fabriquer elle-même un produit approprié. « Au début, je n’étais pas certaine de vouloir lancer ce projet, puis j’ai eu l’idée de créer un centre de ressources concernant l’euthanasie, ainsi que des cours, pour les autres vétérinaires », explique-t-elle.

 

Le Dr C line Leheurteux, cr atrice de l’Euthabag, et son chien Pepper. PHOTO Joelle Couture

 

Le processus de conception de l’Euthabag a nécessité beaucoup de travail ainsi que la collaboration de personnes issues d’autres domaines. Mme Leheurteux a demandé l’avis de costumiers, d’accessoiristes, de pompiers et d’un concepteur industriel pour concevoir un sac permettant une utilisation facile, et qui est doté de poignées, d’un tissu imperméable et de coutures étanches.

« C’est vraiment simple, mais il a fallu beaucoup de travail pour le rendre efficace et simple », dit-elle. Il était également important de créer un produit aussi écologique que possible. Les sacs pour les dépouilles humaines sont généralement fabriqués en PVC, ce matériau étant facile à sceller. Or, le PVC contient du chlore qui, lorsqu’il est brûlé lors de la crémation, crée du benzène, ce dernier étant nocif pour l’environnement et notre santé. « J’ai finalement choisi le polypropylène, auquel on a pu incorporer des matériaux recyclés ; lorsque ce matériau est brûlé à la température nécessaire à la crémation [de nos jours, les animaux de compagnie sont souvent incinérés], il n’émet aucune substance toxique ». L’Euthabag peut aussi être enterré sans danger, bien qu’il ne soit pas biodégradable.

L’autre aspect de ce projet qui passionnait Mme Leheurteux était la création d’un centre d’informations et de ressources, pour les autres praticiens, à propos de l’euthanasie. Le site Web d’Euthabag offre des conseils sur la façon de gérer le deuil en tant que praticien, sur la façon d’aider les propriétaires d’animaux à vivre leur deuil, explique comment parler de l’euthanasie, et il propose même des cours et des formations.

L’objectif de Mme Leheurteux n’était pas simplement de créer un produit ; elle veut rendre l’ensemble du processus d’euthanasie plus digne et plus respectueux pour tous ceux qui sont impliqués. « Il s’agit de protéger la dignité des animaux et de leurs propriétaires, mais aussi celle des personnes qui travaillent en médecine vétérinaire, car c’est difficile », indique-t-elle.

À l’heure actuelle, Euthabag est utilisé par des milliers d’hôpitaux vétérinaires à travers le monde, notamment les plus importants dans la région de Montréal. L’entreprise développe actuellement un nouveau modèle qui sera fabriqué à 100 % à partir de matériaux recyclés post-consommation, comparativement aux 40 % actuellement utilisés. Mme Leheurteux est satisfaite des ressources et des produits qu’offre Euthabag en ce moment et est fière de voir son impact sur le domaine qu’elle aime tant.

« Le métier de vétérinaire est impressionnant, amusant et intéressant, mais il peut être épuisant, affirme-t-elle. Je voulais vraiment améliorer ce processus pour tout le monde ».

Pour plus d’informations sur Euthabag, consultez la page Facebook (Euthabag Vet), ou visitez le euthabag.com.

 

Latest stories

C’est l’heure de cueillir des bleuets !

Callan Forrester

D’un foyer à l’autre 13 juillet, 2022

The Gleaner

La caricature d’Eric Serre 13 juillet, 2022

Eric Serre

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et la gestion de vos données par ce site.

RSS
Follow by Email
Facebook
Twitter
YouTube
LinkedIn
Instagram
WhatsApp

Profiter de 4 articles par mois gratuitement !

Notre communauté, notre journal !

Édition imprimée et accès numérique

L'accès numérique seul

pour seulement 60 $ par an. 

ne coûte que 40 $ par an.

Les dernières nouvelles et les nouvelles communautaires sont toujours gratuites !