Les organismes communautaires des régions du Haut-Saint-Laurent et de Beauharnois-Salaberry se sont joints à plus de 1 800 autres groupes pour mener une grève de deux semaines, du 23 mars au 2 avril, dans le cadre du mouvement de protestation provincial Communautaire à boutte.
La CDC du Haut-Saint Laurent s’est associé la CDC de Beauharnois-Salaberry, qui compte plusieurs membres desservant les deux régions, pour une série d’actions, d’ateliers et d’activités qui se sont déroulés quotidiennement pendant la période de grève.
Les organisations locales se sont réunies au bureau de la CDC à Huntingdon le 24 mars pour travailler ensemble sur un projet symbolique. Les participants ont rédigé des témoignages expliquant leurs préoccupations et leurs frustrations face au financement insuffisant et aux conditions de travail de plus en plus difficiles. Ils ont cousu à tour de rôle des pièces de tissu rouge portant des mots clés tels que « épuisement », « reconnaissance » et « sécurité » sur un filet de pêche destiné à symboliser le filet de sécurité local.
De nombreux membres présents ont également déchiré à tour de rôle un morceau de tissu rouge pour créer des brassards et des bandeaux qui ont été portés pendant le reste de la grève lors de différentes manifestations et rassemblements publics.
Une « marche funèbre » pour le secteur communautaire a eu lieu à Salaberry-de-Valleyfield le 26 mars, suivie d’une manifestation régionale le 27 mars à Longueuil, où des membres de plusieurs organisations locales, dont le refuge pour femmes Résidence-Elle du Haut-Saint-Laurent et la troupe de théâtre adapté Les Pas pour rire, se sont joints à ceux de la CDC des Jardins-de-Napierville pour dénoncer les réalités et les défis auxquels font face les organisations rurales.
Des représentants locaux étaient également présents à Québec le 2 avril aux côtés de 10 000 autres travailleurs communautaires pour une manifestation nationale devant l’Assemblée nationale visant à mettre fin à la grève.
Rencontre avec Mme Mallette
Les actions locales ont culminé dans le Haut-Saint-Laurent le 30 mars, lorsque plus de 50 personnes ont organisé une manifestation devant les bureaux de la CDC, à laquelle a participé la députée de Huntingdon, Carole Mallette.

La directrice de la CDC, Marie Rachel Charlebois, s’est exprimée sans détours au nom des personnes présentes. « Notre réalité est unique dans le Haut-Saint-Laurent. Les statistiques ne disent pas tout, car ici, les chiffres ont des visages. Nous connaissons les familles, nous connaissons leurs histoires, nous voyons des gens tomber et essayer de se relever chaque jour. Mais comme nous sommes moins nombreux, nous recevons souvent moins de financement », a-t-elle expliqué.
« C’est un signal d’alarme, car tout simplement, les choses ne vont pas bien et ne sont plus tenables. Dans le Haut-Saint-Laurent, nous continuerons d’être présents, car nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas l’être. Mais nous vous le disons aujourd’hui, en toute sincérité et avec respect, que nous ne pouvons plus en faire toujours plus avec toujours moins. Nous avons besoin de conditions à la hauteur de notre engagement », a déclaré Mme Charlebois.
Mme Mallette s’est ensuite adressée à la foule. Elle a salué tout ce que fait le secteur communautaire et a encouragé les participants à travailler de concert avec le gouvernement pour trouver des solutions, soulignant qu’il n’est pas nécessairement vrai que le gouvernement sous-investisse dans le secteur, mais que les besoins sont plus grands.
Marie-Ève Gagné, directrice de l’Association pour la défense des droits sociaux (ADDS) de Huntingdon, a ensuite remis à Mme Mallette le filet de pêche symbolique, qui contenait désormais une lettre officielle des groupes communautaires de la région, ainsi que de nombreuses lettres, revendications et témoignages des différents membres.
« Mais comme vous pouvez le voir, ce filet est endommagé. Les bandes rouges que nous avons ajoutées représentent nos réalités. Les lacunes, les urgences, les défaillances du système et toutes ces situations que nous nous efforçons de résoudre jour après jour. Car sur le terrain, nous sommes à bout de ressources à force de toujours devoir en faire plus par nous-mêmes… Et pourtant, nous continuons. Nous rafistolons les choses. Nous tenons bon… Mais un filet trop tendu, même réparé avec toute la volonté du monde, finit par céder », a-t-elle déploré, avant d’exhorter Mme Mallette à faire plus qu’écouter.
Mme Mallette a promis de remettre la lettre officielle à l’Assemblée nationale, ajoutant qu’elle lirait chaque lettre et veillerait à ce que le message parvienne aux bonnes oreilles. Avant la fin du rassemblement, elle a également exprimé sa volonté de poursuivre l’important dialogue initié par les manifestations.

