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Communauté

Une nouvelle vie pour l’église de Saint-Antoine-Abbé

Partout dans la province, les églises ont du mal à joindre les deux bouts, et l’église catholique de Saint-Antoine-Abbé ne fait pas exception. Cette imposante église en pierre située au cœur du village de Saint-Antoine-Abbé, avec ses cloches qui sonnent tous les jours à midi et à 18 h dans un décor pittoresque bordé de pommiers, est un monument de 150 ans considéré comme acquis par de nombreux habitants.

La baisse de la fréquentation, accompagnée de la montée en flèche du coût de la vie, a suscité des débats sur l’avenir de l’église en 2022. La paroisse espérait initialement conclure un partenariat avec la municipalité de Franklin, mais le manque de fonds et de dynamique pour mener ce projet à terme a conduit la paroisse Saint-Viateur, dont l’église fait partie, à mettre cette dernière en vente.

Selon un article récent paru dans La Presse, 2 000 édifices religieux au Québec se trouvent dans la même situation. En tant que société, nous sommes aujourd’hui confrontés à la question suivante : notre patrimoine religieux mérite-t-il d’être préservé et, si oui, comment devons-nous nous y prendre et d’où proviendront les fonds nécessaires?

Jimmy Lakatos, scénographe de renom et collaborateur de longue date du Cirque du Soleil, s’intéresse à cette question depuis un certain temps déjà. Il a toujours été fasciné par les églises d’un point de vue artistique et a vu dans l’église de Saint-Antoine-Abbé une occasion d’explorer artistiquement ce type d’espace, ainsi qu’un laboratoire potentiel pour répondre à la question posée dans le paragraphe précédent. Il a fait une offre d’achat sur l’église en août 2025, mais l’acquisition d’une église s’avère être une démarche assez compliquée.

Lorsqu’une église est désacralisée, c’est-à-dire qu’elle n’appartient plus à l’Église, le bâtiment n’est plus exempté du Code de construction du Québec. Rendre un bâtiment de 150 ans conforme au Code à des fins d’assurance peut coûter extrêmement cher; les coûts s’élèvent à environ un million de dollars pour l’église de Saint-Antoine-Abbé. En apprenant cela, M. Lakatos, surpris mais pas découragé, a revu sa stratégie.

L’objectif ultime de M. Lakatos n’est pas de devenir propriétaire de l’église, mais de la voir se transformer en un lieu utile et inspirant pour notre communauté. Son idée est d’organiser une série d’événements culturels et artistiques au cours des trois prochaines années afin de susciter l’intérêt et de créer une dynamique au sein de la communauté en rapport avec l’église. Il espère qu’une fois que les gens auront pris conscience du potentiel de l’église, ils s’investiront dans sa préservation et que, dès lors qu’il y aura une dynamique assez forte, la municipalité sera disposée à y consacrer du temps et de l’argent.

 

Un événement célébrant la fête de la Saint Jean aura lieu à léglise de Saint Antoine Abbé le 24 juin prochain Ce sera le premier dune série dévénements culturels et artistiques qui se dérouleront dans cette église PHOTO Jess Elwell

 

Pour l’instant, la paroisse à laquelle appartient l’église de Saint-Antoine-Abbé s’est engagée à entretenir les lieux et à veiller à ce qu’ils restent assurables. L’entretien de ce bâtiment coûte très cher; un mois de chauffage en hiver coûte à lui seul 3 000 $. La paroisse prévoit organiser une collecte de fonds pour équilibrer son budget. Adolphe Bordeau, l’ancien président de la fabrique de la paroisse, souhaite que les gens comprennent que, pour assurer la pérennité de l’église, il faut un engagement accru de la communauté, tant au niveau de la collecte de fonds que de la gestion.

Le premier de ces événements aura lieu le 24 juin, à l’occasion de la fête de la Saint-Jean. M. Lakatos mettra à profit son expertise pour illuminer magnifiquement l’intérieur de l’église. Il y aura également de la musique en direct et une projection vidéo sur la façade de l’église, réalisée en collaboration avec l’école primaire de Saint-Antoine-Abbé. L’événement se déroulera de 21 h à 23 h et l’entrée sera gratuite pour le public. C’est également l’occasion pour les personnes intéressées par une participation à de futurs projets ou à des collectes de fonds pour l’église de s’entretenir avec M. Lakatos et M. Bordeau.

« Je ne veux pas me contenter de faire la fête, explique M. Lakatos. Je veux amener les gens à se dire : “Bon, il faut qu’on y réfléchisse sérieusement, il nous faut une feuille de route, il nous faut une vision.” Et cette vision, nous devons la construire ensemble, avec tout le monde ».

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