Le MRC de Beauharnois-Salaberry a confirmé que des entreprises spécialisées dans les parcs éoliens prospectent activement dans la région depuis qu’Hydro-Québec l’a identifiée comme étant propice à la réalisation de projets éoliens.
En décembre dernier, la société d’État a annoncé un nouvel appel d’offres pour des parcs éoliens potentiels, identifiant la Montérégie comme l’une des douze régions clés pour le développement de l’énergie éolienne. Une cartographie des capacités publiée par l’entreprise indique que jusqu’à 1 000 mégawatts pourraient être produits dans le corridor Huntingdon–Châteauguay, tandis que des projets dans la région de Coteau-du-Lac–Valleyfield pourraient générer jusqu’à 300 mégawatts. L’appel d’offres devrait être lancé en mars.
Dans un communiqué de presse, la MRC a affirmé que les prospections menées par les promoteurs éoliens étaient réalisées en collaboration avec les producteurs agricoles, et qu’elles s’ajoutaient à celles menées par Hydroméga, un producteur d’énergie renouvelable déjà présent dans la région.
En 2023, dans le cadre d’un précédent appel d’offres, Hydroméga avait soumis, sans succès, un projet en partenariat avec la MRC; ce projet proposait l’installation de 10 à 20 éoliennes d’une capacité de production de 120 mégawatts à Saint-Urbain-Premier.
La MRC finalise actuellement son cadre réglementaire pour l’installation d’éoliennes conformément à la stratégie de développement éolien d’Hydro-Québec, qui encourage le déploiement de projets à petite échelle en partenariat avec les communautés locales et autochtones. Le gouvernement régional a indiqué que la population serait consultée et que les prochaines étapes seraient annoncées prochainement.
En attendant, la MRC a rappelé aux agriculteurs qu’ils n’ont aucune obligation envers les entreprises qui pourraient les approcher et suggère aux propriétaires fonciers de faire appel à des professionnels afin d’être bien accompagnés dans toute négociation contractuelle.
Les projets sélectionnés par Hydro-Québec dans le cadre de ce nouvel appel d’offres feront l’objet de nombreux processus de consultation et d’autorisation auprès de diverses autorités, notamment auprès du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) et de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), avant que les travaux puissent débuter.
L’UPA s’oppose
Le 3 février dernier, lors d’un événement organisé par l’Union des producteurs agricoles (UPA) à Hemmingford, Jérémie Letellier, président de la Fédération de l’UPA de la Montérégie, a déclaré que bien que l’UPA ne reproche pas aux producteurs d’accueillir des éoliennes, elle s’oppose officiellement au développement de parcs éoliens sur des terres agricoles. « Nous sommes une organisation qui protège les terres agricoles et les activités agricoles. Nous ne pouvons pas considérer cet enjeu différemment de tout autre projet industriel qui pourrait être mis en œuvre sur des terres agricoles », a-t-il expliqué.
Il a ajouté que l’UPA était entièrement d’accord avec une orientation préliminaire récemment publiée par la CPTAQ, qui indique un refus probable du projet de parc éolien Les Jardins, prévu dans la MRC des Jardins-de-Napierville. Le projet proposé, d’une puissance de 147 mégawatts, impliquerait l’installation de 21 éoliennes réparties dans les municipalités de Saint-Patrice-de-Sherrington, Saint-Michel et Saint-Édouard, ainsi que leur raccordement à la sous-station d’Hemmingford.
« C’est la première fois que la Commission affirme que si rien ne change, elle rejettera ce type de demande », a indiqué M. Letellier, avant de préciser que la Commission autorise généralement ce type de projets sous certaines conditions. « Il s’agit d’un revirement majeur », a-t-il souligné.

Le parc éolien nécessiterait l’utilisation permanente d’un peu moins de 44,5 hectares de terrain pour les éoliennes et les routes d’accès, ainsi que l’utilisation temporaire d’environ 80,5 hectares. L’orientation, publiée en décembre, indiquait que « Malgré les retombées économiques locales et régionales et les efforts d’intégration de ce projet éolien dans la communauté, il n’y a pas un pareil secteur où la protection du territoire et des activités agricoles mérite autant de s’exprimer sans ménagement ».
M. Letellier a indiqué que malgré cela, il est certain que des prospections sur le terrain sont en cours dans différentes municipalités de la Montérégie en réponse à l’appel d’offres à venir : « Cela a ouvert la voie », a-t-il affirmé, en parlant de la décision d’Hydro-Québec d’identifier la Montérégie comme un emplacement de choix pour l’énergie éolienne.
La MRC du Haut-Saint-Laurent n’a pas été en mesure de confirmer si de telles activités avaient lieu sur son territoire, mais a confirmé qu’un règlement de contrôle intérimaire strict sur l’implantation d’éoliennes, adopté en 2006 et modifié en 2013, demeurait en vigueur.
Une évaluation du potentiel éolien est requise dans le cadre des révisions actuelles du plan d’aménagement et d’utilisation du territoire de la MRC. Cela est conforme à la ligne directrice 9 des orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT), qui exige que le développement de l’énergie éolienne s’aligne sur le plan d’aménagement du territoire de la MRC, et ce, tout en tenant compte des caractéristiques distinctives de l’environnement et des préoccupations des citoyens.
La position de la MRC en matière d’énergie éolienne sera déterminée à l’issue de ce processus.

