Iris Delagrange
Comme partout au Québec, ici Neva Shelton et ses professeurs de danse ont été forcés d’abandonner les cours de danse en personne à partir de la mi-mars dernière. Tout s’est donc passé sur Zoom pour la fin de la session du printemps. « Vingt-cinq pourcent de notre clientèle n’a pas pu suivre à cause, principalement, de l’accès à internet. En revanche, avec les classes en ligne, nous avons augmenté notre nombre de danseurs adultes : des gens d’Ottawa et même de Métis-sur-Mer! » raconte Neva Shelton, professeur et propriétaire de l’école de danse éponyme bien connue de la région.
Avec la rentrée de septembre entamée, les cours vont donc reprendre en personne, avec des mesures inédites en place pour tenter de garantir la sécurité de tous. « Les classes sont plus petites, les élèves devront rester sur leur marque au sol, entrer et sortir par une porte différente, garder leurs affaires de ville dans un sac fermé sur une chaise attitrée, et auront une place attitrée à la barre pour les exercices de ballet, » explique Shelton. Les lieux seront nettoyés entre chaque leçon et les masques seront obligatoires pour les élèves de plus de 10 ans. (Ainsi que pour les professeurs, cela va sans dire!) La charge de travail sera donc plus grande pour la professeure de danse et ses jeunes assistantes. Des vidéos expliquant les différents protocoles seront d’ailleurs envoyées aux parents avant la reprise des cours.

Pour ce qui est des projets de spectacles en temps de COVID-19, plusieurs idées ont été suggérées comme par exemple la tenue d’un spectacle comme le désormais traditionnel Casse-Noisette à la fin de l’année en plus petits groupes ou même de façon virtuelle, dépendamment de ce qui se passe avec le virus dans les semaines à venir. « Créativité et grande précaution est notre adage, » dit Shelton. Il y a cependant plusieurs familles qui n’enverront pas leur enfant danser cette année, à cause de la peur du virus ou encore à cause d’un membre de la famille plus à risque à la maison. D’autres préfèrent ne pas trop voyager (certains cours se donnent à Valleyfield, Huntingdon ou Ormstown) et d’autres anticipent que les cours vont être annulés et ne veulent pas suivre la session sur Zoom si cela devient nécessaire.
Shelton a de la chance, car elle a avec elle un groupe extraordinaire de jeunes assistantes, élèves séniors et professeurs dynamiques qui n’hésiteront pas à prêter main forte si le virus fait un retour dans la communauté et l’école doit trouver des solutions concrètes pour poursuivre les leçons. « Cela me réchauffe le cœur de voir à quel point la relève est capable de s’organiser car je me prépare progressivement à laisser les responsabilités d’enseignement et d’organisation à mes jeunes professeurs, » explique Shelton à propos d’une retraite éventuelle. Toute l’équipe de l’école est donc prête à faire une pirouette afin de changer de direction en un éclair si tel est le besoin, afin d’assurer les cours — en santé bien évidemment — que cela soit en personne ou virtuellement.

